‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 21 sur 123 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

de cotte ville, nommé Bérylle, sans réussir à le convaincre. On fit appel à la science, au prestige et à l'esprit conciliant dOrigcne. Celui-ci, redoutant par-dessus tout les disputes de mots, se mit en rapports avec le novateur et se fit exactement expliquer son système. Bérylle prétendait que le Christ, avant l'incarnation, n'avait pas de personnalité propre, qu'après l'incarnation il était Dieu mais de la divinité du Père. L'évèque de Bostra était donc unitaire et patripassien. Origène le convertit et — dénouement rare des discussions théologiques — gagna pour jamais sa confiance et son amitié. Peu après, un nouveau concile arabe eut besoin de son aide. Des hérétiques soutenaient que l'àme meurt avec le corps pour ressusciter avec lui ; ils l'entendaient sans doute d'un sommeil, d'une léthargie, plutôt que d'une mort véritable. La dialectique dOrigène dissipa sans peine leurs sophismes, et les tenants de ce bizarre système consentirent enfin à le répudier. Après une vie dépensée à combattre tous les hérétiques de son temps, nous le trouvons encore aux prises avec les elcésaïtes qui permettaient d'apostasier en cas de péril : vieille hérésie à laquelle la terrible persécution de Dèce donnait un renouveau d'actualité (i). Bref, dans tout l'Orient, Origène passait pour le plus ferme champion de l'orthodoxie. On n'est pas hérétique pour admettre inconsciemment l'erreur. Quand Jérôme mandait à Augustin qu'il trouvait dans ses lettres plusieurs choses hérétiques (2) — compliment que l'évèque d'Hippone aurait pu lui renvoyer peut-être — il n'entendait certainement pas infhger l'odieux surnom d'hérétique à l'ami qu'il comblait en même temps des témoignages de son estime et de sa

1. Eusèbe, Hist. eccL, 1. VI, chap. xxxiii, xxxvii et xxxviii.

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