‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 22 sur 123 · Epist., cv, 2 {P. L., t. XXII, col. 83o · texte numérisé non relu

Epist., cv, 2 {P. L., t. XXII, col. 83o

vénération : il vonlait dire seulement, en faisant sans doute allusion à la question de l'origine de Tàme sur laquelle ces deux grands saints étaient en désaccord , que certaines opinions d'Augustin lui paraissaient, à lui Jérôme, contraires au sentiment commun de l'Église. Ce qui fait l'hérétique, c'est l'obstination et l'orgueil. Il €st impossible de parcourir les ouvrages d'Origène sans être frappé de sa modestie, de sa réserve et de sa candeur. Personne n'a fait plus d'usage que lui des particules conditionnelles et des formules dubitatives. L'expression répétée de son humilité ne rebute pas le lecteur, parce qu'il la devine sincère et n'y soupçonne jamais une recherche déguisée et d'autant plus haïssable du moi. Peu d'écrivains ont mis davantage en relief le principe d'autorité et le magistère de l'Église. La prédication ecclésiastique revient à tout moment sous sa plume, comme la grande règle de foi qui décide des controverses. Il est et ATut être jusqu'au bout enfant de l'Église, car c'est le signe du vrai chrétien. Tous les critiques ont remarqué cette disposition d'âme : « A aucune époque de sa vie l'auteur du Periarchon n'a voulu se mettre en opposition avec l'enseignement de l'Église, qui est resté constamment pour lui la règle de la croj^nce (1). » S'il avait pu soupçonner l'abus qu'on ferait de son système et s'il avait prévu les conséquences que la raison théologique plus mûre et plus éclairée du quatrième siècle tirerait de ses principes, il aurait renié d'avance, on n'en saurait douter, certaines opinions qu'il croyait alors libres et qu'il ne formulait du reste qu'avec une extrême réserve, « par manière d'hypothèse et comme un simple exercice d'esprit >, ainsi que l'a dit saint Athanase.

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