‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 23 sur 123 · I.\TROI)UCTION XXXIX · texte numérisé non relu

I.\TROI)UCTION XXXIX

A mesuro qu'il approchait du k'iiiio, le vaillant athlète redoublait d'ardeur. C'est au seuil de la vieillesse, entre soixante et soixante-cinf[ ans, qu'il composa plusieurs de ses plus beaux ouvrai^es : la réfutation de Celse, l'explication de saint Matthieu et de TÉpître aux Romains, le commentaire sur les petits prophètes, si vanté de saint Jérôme. La plupart de ses homélies datent de cette époque. Il les improvisait presque journellement et, comme il n'avait plus le temps de les dicter, des sténographes les recueillaient de leur mieux. La persécution de Dèce vint arrêter ce labeur surhumain. Origène fut jeté en prison et tourmenté avec un raffinement de barbarie. Mais les bourreaux de Dèce connaissaient l'art de graduer savamment les tortures, pour lasser la patience des victimes sans leur donner la gloire et la joie du martyre. A la mort du persécuteur, le confesseur de la foi respirait encore. Étrange destinée que la sienne ! Il s'éteint à Tyr, loin de sa i^atrie d'adoption et ne peut pas même jouir en repos de l'exil qu'il s'est choisi. Il arrive aux portes du martyre sans pouvoir en cueillir la palme, comme Ilippolyte, comme Lucien, dont le sang a lavé les erreurs. Maître des plus grands docteurs, il n'en a pas lui-même reçu Tauréole, et son nom reste à travers les siècles une pierre de scandale et un signe de contradiction.

Page 1