‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 30 sur 123 · Préface à la irad. du Periarchon (P. G., XI · texte numérisé non relu

Préface à la irad. du Periarchon (P. G., XI

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devons le croire sincère et quand le grec nous permet de le contrôler, cet examen tourne (rordinaire à son avantage. D'après Delarue, il n'y a rien en effet qui ne soit dans l'esprit d'Origène; et M. Robinson, l'éditeur de la Ptiilocalie, qui s'est livré plus récemment à ce travail de comparaison, esta peu près du même sentiment (ij. Du reste, les additions, explications et substitutions de Itufin ont leur correctif dans les citations de saint Jérôme et les fragments grecs transcrits par Justinien, qui rétablissent précisément les textes sur lesipiels a pu s'exercer la censure de Rufin (2). Mais ici encore il faut nous tenir en garde. Saint Jérôme mêle parfois au texte qu'il traduit les conclusions qui lui paraissent en découler logiquement et il résume souvent à sa manière au lieu de traduire. Or si, dans les passages suspects, Bufin a une tendance naturelle à adoucir le trait, saint Jérôme, vu sa disposition d'esprit et l'ardeur de la polémique, doit être inconsciemment porté à le forcer un peu. Quant aux petites découpures de Justinien (1), elles ont besoin pour être comprises d'être replacées dans leur contexte et l'on peut y soupçonner plus d'une fois la main d'un interpolateur. Les falsifications volontaires étaient alors chose commune et les auteurs, de leur vivant même, avaient toutes

i. Delarue (P. G., XI, 18): Robinson, Philoc, p. xxxiri. Redepenning qui regarde comme infidèle la traduction du Periarchon, même lorsqu'elle est d'accord avec l\Apulo;/ie de S. Pamphile, toutes les l'ois que la Trinité y est nommée, en donne cette raison singulière que le mot « Trinité >> n'est pas emploj'é par Origène et n'entra en usage qu'à partir du synode d'Alexandrie de 317 (De Principiis, p. Ii2(3). Il oublie que le mot Tp'.i;, pour désigner les trois Personnes divines, est commun dans Origène. Tout le commentaire de Redepenning est vicié par cette fausse supposition.

2. Epist. cxxiv ad Avitum : Quid cavendum in libris ttsoI dpyôiv {P. L., XXII, lUoO-1072). Nous aurons à signaler quelques résumés peu exacts et certaines déductions précipitées du grand docteur.

3. Le Liber adv. Origen. [P. G.; LX'XXVI, 981-980), donne 24 textes du Periarchon en appendice.

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les peines du inonde à s'en garantir. On peut être certain à priori qu'un ouvrage exploité de bonne heure par les hérétiques et à propos duquel s'engagèrent de si brûlantes contro- A'erses, n'en fut pas indemne. Ces falsifications, nous ne pourrions guère aujourd'hui les discerner avec certitude et nous sommes exposés à mettre au compte d'Origène des opinions étrangères à sa pensée. Le danger est pourtant bien atténué par l'étude attentive du système et la comparaison des autres écrits. En tout cas, on ne peut fonder une condamnation absolue ni une apologie décisive sur les textes dont l'original est aujourd'hui perdu.

Le Periarchon n'est pas uue œuvre d'un seul jet. C'est une série de dissertations autonomes, composées peut-être sans une vue bien arrêtée de l'ensemble, puis réunies en un tout et distribuées dans un cadre à quatre compartiments à peu près égaux. En négligeant les points accessoires, on peut résumer d'un mot le sujet de chaque livre :

L — Dieu.

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