De lib. arbitrio, III, 21 (59) j Retract., II, 45 et
2. Contra Joan. Hierosol., 22; Adv. Rufin., IF, 8-11; 111, 30.
3. Parmi les lettres de S. Jérôme (P. L., XXll) : Aug. ad Marcelim., epist. cxxvi, 1; Aug. ad Micron., epist. cxxxi; Aug. ad Optât., epist. cxliv; Hieron. ad Augunt., epist. cxxxiv.
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valoir. Bref, Augustin conserva ses doutes jusqu'au bout et, dans ses Rétractations, qu'on peut appeler son testament théologique, il est toujours indécis entre le traducianisme et l'hypothèse de la création succossiA^e.
Quant à la nature et à la condition des anges, on n'en savait que bien peu de chose avant l'apparition de la Hiérarchie céleste du Pseudo-Denys l'Aréopagitc. Il est possible qu'Origène restreigne outre mesure les données de la révélation ; néanmoins, sur la question de la corporalité des anges, il est sans reproche. Il avait observé que ce terme d'incorporel (àaw[jiaToç) n'est pas biblique et que de plus il est ambigu, certains philosophes distinguant le corps de la matière, tandis que les autres les confondent. Assuré, sans l'ombre d'un doute, que les trois Personnes de la Trinité sainte n'ont ni matière ni corps, il se demandait, avec un grand nombre de ses contemporains, si les intelligences célestes et, à plus forte raison, les esprits infernaux, pouvaient se passer d'une envelopi»e élhérée ou faite d'une matière extrêmement déliée qui leur servit de véhicule et de luoyen d'action. Non pas qu'il matérialisât l'esprit, comme le savant Iluct l'en accuse à tort, mais il concevait malaisément l'esprit créé sans un soutien matériel ou du moins corporel — si l'on tient à distinguer le corps de la matière — pour le circonscrire dans sa sphère d'activité. L'opinion de la corporalité des anges était un héritage légué par les Juifs de basse époque auxpremiers écrivains ecclésiastiques et trop facilement accepté par eux. Longtemps après Origène, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, plutôt favorables à la spiritualité des anges, laissent subsister le point d'interrogation. Saint Augustin incline dans le même sens qu'Origène(l). En plein quinzième siècle, Cajetan donne un corps aux démons.
\. Ad Paulin., epist. xcv, 8 (.\XXIII, 353); In Psalm., lxxxv, 17 (XXXVII, 1094); Sermo cci.xxvii, 9 (XXXVIII, 1262); De Civ. Dei, XV, "23 (XLI, 468); De Trinil., \\\, i, 4-5 (XLII, 870): Helracl., 1, 26 (XXXIII, 025), se référant ix De cliv. quœsHon. 83, qu. xlvii (XL, 31). Cependant il n'ose affirmer positivement, même pour
Ces trois premiers problèmes pouvaient donc être discutés sans aucun soupçon d'hétérodoxie. Nous n'en dirons pas autant des trois autres qui ont été comme les trois pivots de l'oriwnisme. Néanmoins, aux termes où ils sont posés en tùle du Pi'i'iarchon, ils n'ont rien qui sente l'hérésie.
A commencer par les astres, quelque bizarre que nous paraisse aujourd'hui la ([ueslion de savoir s'ils sont animés ou non, on pouvait en penser alors ce qu'on voulait. L'animation des astres était un postulat de la philosophie grecque. Non seulement Thaïes et les stoïciens, mais Platon, mais Pythagore, mais Aristole lui-même, au sentiment de plusieurs, l'enseignaient. Philon l'admit avec empressement et Clément d'Alexandrie sans protestation. Origène se borne à répéter ce qu'on disait autour de lui, d'autant plus que cette opinion semblait avoir quelque fondement scripturaired). En effet les étoiles louent le Seigneur et les astres ne sont pas purs devant Dieu. Saint Thomas (2), à la suite de saint Augustin, n'hésite pas à déclarer que c'est là une
les doiuons, De Civ. Del, xxi, 10 (XLI, 725). Pour les autres Pères qui donnent un corps aux anges et aux démons, cf. lluet, Oriyeinana, liv. It, cap. n, qu. v, 8-10 {P. G., XVII, 852 seq.) et note sur In Mallh., xvn. 30 {P. G., XIII, 1568).
1. Contra Cels., v, 10 (XI, 1105) : EXtlsq nai oî sv o-jpavw i-s-zioz^ Çwi cîji Xoy.xi xal arc-ioata. Ibid., viii, 6() (XI, 1H16) pourrait passer pour une prosopopoo sans In Mallh., xiir, 20 (XIII. 1149), et In Juan., i, 17 (XIV, 51 : l'âme du soleil). Voir surtout Periarchon, I, VIII, 2-5 (XI. 171-176). Los textes invoqués en faveur de cette oiiinion étaient : Job, xxv, 5; Is., xlv, 12; Ps., cm. 19; CLxviii, 3-4; Rom., viii, 19-21. Il est cependant des endroits où Origène n'ose se prononcer : Periarchon, II, xi. 7 (les élus apprendront si les astres sont animés); In Joan.. i, 40 (XIV, 93 : peut-être les paroles do Job, xxv, 5, que les astres ne sont pas purs devant Dieu, doivent-elles s'entendre •j-£p€o)viy.w?). — S. Pamphile, ApoL, ix (XVII, 607) dit que, parmi les catholiques, les uns accordent aux astres la vie, les autres la raison, tandis que d'autres les regardent comme des corps inanimés, sans songer à se traiter mutuellement d'hérétiques : « propterea quod non aperte de his traditum est in apostolica prœdicatioue. -
2. Contra Genl., ii, 70, s'appuyant sur Augustin, Enclùrid., 58
question indifférente, sans connexion avec la foi chrétienne.
En soi, la multiplicité des mondes dans la durée n'est pas plus contraire à l'orthodoxie que la pluralité des mondes dans l'espace, l'Écriture s'occupant de l'univers actuel et l'horizon des écrivains sacrés ayant pour limites les destinées éternelles de l'humanité présente. Origène eut le tortd'étayer sur des textes bibliques une hypothèse dont tout ce qu'on peut dire de moins défavorable c'est qu'elle est arbitraire (1). Elle devient ouvertement erronée si l'on fait de la création matérielle la prison des âmes, destinée à disparaître dès que les esprits coupables auront achevé le cycle de leur purification graduelle et à reparaître lorsqu'une nouvelle chute d'esprits l'exigera.
Ici nous touchons au point le plus vulnérable du système origéniste, je veux dire la fausse notion du libre arbitre qui consisterait dans la puissance indéfinie, pour la créature raisonnable, d'osciller entre le bien et le mal. Nous montrerons plus loin que les principales erreurs d'Origène dérivent de là. Mais rien, clans la profession de foi que nous venons de transcrire, ne faisait prévoir ces conséquences et n'annonçait ces exagérations. Il a d'ailleurs renié d'avance toutes les conclusions tirées de ses principes qui seraient en désaccord avec la doctrine de l'Église. Commentant cette parole : combattre avec l'art du pilote (2', il montre la nécessité de rester uni à « l'Église catholique et apostolique » : expression heureuse que le Symbole de Nicée consacre eu l'adoptant.
1. On pourrait croire qu'Origène subit ici inconsciemment l'influence de la philosophie profane. Les platoniciens et les pythagoriciens admettaient des recommencements indéfinis du môme univers; les épicuriens, la pluralité simultanée des mondes; les stoïciens, la pluralité successive avec des intervalles produits par la conflagration de toutes choses. Mais, dans le Cuntra Cels., v, 20-i.'l (XI, 1209-1216), il combat ces divers systèmes qu'il traite d'ineptes et de puérils.