Ibid., 1,1, 5; IV
3. Periarchon, iv, 27 (XI, 401) : « Substantia Triuitatis... nequo corpus, neque in corpore esse credenda est, sed ox toto incorporea. » Et cela no convient qu'à la Trinité seule. Ibid, 1, VI, 4; II, II, 2; II, iv, 3; iv, 32, etc.
DIEU i.E pi:iu:, lk i-ils kt le saim-espiut 31
Pareillemeul la scii'nce de toule créature, élaul essentiellement bornée, est par conséquent toujours imparfaite et toujours perfectible. Il n'en est pas ainsi des Personnes divines. On no conçoit pas qu'elles passent de l'ignorance à la science, et on ne le conçoit i^as parce que cela impliipie contradiction. Pour le Fils, Sagesse du Père, nul n'en saurait douter (1). Mais il n'en faut pas douter davantage pour le Saint-Esprit : « L'Esprit scrute toutes clioses, môme les profondeurs les plus secrètes de Dieu. Il les révèle à qui il lui plaît, selon le mot de l'Écriture. Accorder que le Saint-Esprit connaît le Père par la révélation du Fils, c'est admettre qu'il passe de l'ignorance à la science : conséquence aussi impie qu'absurde. » Et qu'on ne s'imagine point, qu'avant d'être le Saint-Esprit, il a pu ignorer le Père, et qu'il est devenu l'Esprit-Sainl par l'acquisition môme de cette connaissance. Une conception si grossière ne mérite pas d'être réfutée : « Si l'Esprit-Saint n'avait pas toujours été tel, il n'aurait jamais été admis dans la Trinité indivisible ni associé au Père immuable et au Fils éternel (2). >
Enfin, seules, les Personnes divines sont immuables dans le bien, tandis que les intelligences créées, en Aertu de leur libre arbitre, peuvent toujours décliner et décboir. La raison qu'en donne Origène. c'est que la bonté morale n'est dans
1. In Joan., i, 27 (XIV, 73): Peut-on dire que le Fils ignore quelque chose de ce que sait le Père? Non, répond Origène ; car s'il est la Vérité, rien ne peut lui échapper: El ô>vôy.}vT,pôî £ Tiv T, àAT,Oîia, o-joïv àAT,9âi; i-p^ozl tva [xt, ïxâî^r, AsÎTro'jja t, iXT,6£ia ol; où ■f:\nL7Y.z:. xaT'ixsîvo'j;, •r-j-;'yivo'J3".v h/ ;xÔvm tw IlaToî. Pour soutenir ce paradoxe, ajoutc-t-il, il faudrait admettre qu'il y a des choses connaissables qui ne sont pas comprises dans l'objet de la vérité, mais sont au-dessus d'elle. Lo texte suivant est encore plus formel, Conlra Cels., vi, 17 (XL 1317) : Oj-sv^? TÔv àyr/TiTûv xai -ixT,; -'£v-r,Tf,; s-jïîwi; zpoJTÔT&y.ov y.3.-:' à';(av cioiva'. Tiç S-jvaTa: w; ô •^v/'fipxt lit-zm naTr,p. outï tov fla-rspa w^ 6 Èu.t^y-/o; Aôyo; xal vo-çiz xùzo'Z xal ikrfiz'.x.
2. Periarchon, I, in, 4 (XI, 149); Ibid., iv, 3o : « Illa enim natura (divina) soli sibi cognita est. Solus enim Pater no vit Filium, et solus Filius novit Patrem. et solus .Spiritus sanctus perscrutatur etiam alta Dei. » Cf. In Hûman., wii, 13 (XIV, li'Ol).
les créatures qu'un accident, au lieu qu'elle est substantielle dans la Trinité (1). Le Yerbe, par exemple, est la Sagesse par essence, mais il répugne que la Sagesse substantielle devienne déraison et folie, comme il répugne que le Saint- Esprit perde la sainteté sans laquelle on ne peut même pas le nommer.
Ces trois différences creusent autour de la Trinité sainte un infranchissable abîme. Mais elles ne sont pas les seules qui distinguent les Personnes divines. On va voir, dans la conclusion du Periarchon, que l'immensité et l'éternité proprement dites sont expressément attribuées au Verbe pour des raisons qui conviennent également au Saint-Esprit.
Résumé final du Periarchon (2).
Il est temps de récapituler brièvement ce que nous avons dit du Père, du Fils et du Saint-Esprit et, réparant une omission, d'expliquer comment le Père, tout immuable et indivisible qu'il est, engendre le Fils. Il ne le fait pas sortir de lui-même, comme quelques-uns lepen-
1. In Numer, hom., .\i,8 : « Sola Trinitatis substantia est quîB non extrinsecus accepta sanctilîcatione, sed sui natura sit sancta. • Cette opposition entre la sainteté essentielle et, partant, iinmualMe de la Trinité, et la bonté accidentelle et, par suite, changeante des créatures, revient très souvent dans les écrits d'Origène. en particulier dans le Periarchon, I. v, 4 (XI, IGi) : « Imraaculatum esse prêter Patru m et Filium et Spiritum sanctuni nuUi substantialiter inest, sed sanctitas in omni creatura accidens res est. Quod auteiu accidit et decidere potcst. » Cf. I, VI, 2 (XI. 166); I, vu, 3 (XI, 178), etc.
2. IV, 28 (XI, 401-403). Le premier paragraphe nous a été conservé en grec par Eusèbe, Conlra Marcellwn, 1, 4 (XXIV, 760). Ce texte déplaisait fort à Marcel d'Ancyre qui accusait Origènc de donner au Fils un hypostase (oti tw Tttô ôéowxcv •j-ôffTas'.v;, montrant ainsi qu'il n'avait pas lui-même des idées bien saines sur la distinction dos Personnes divines, comme Eusèbe et saint Basile, Epist. cxxv, l (XXXII, 545), Epist., cclxuj, o (XXXII, 545), le lui reprochent souvent.
sent. Car si le Fils procédait par émission hors du principe générateur, à la manière de la génération animale, il s'ensuivrait que le Père et le Fils sont des substances corporelles.
Nous ne disons pas, comme les hérétiques le croient, qu'une partie de la substance de Dieu se change dans.le Fils, ni que le Fils est créé de rien par le Père, de sorte qu'il y ait eu un temps où il n'était point (1). Écartant de l'invisible et de l'immatériel toute représentation sensible, nous disons que le Verbe, la Sagesse, est engendré sans aucune réaction corporelle, comme par exemple la volonté procède de l'intelligence (2). Cette comparaison ne semblera pas étrange à qui réfléchira que le Fils de Dieu est « le Fils de son amour » . Jean nous enseigne que Dieu est lumière et Paul que le Fils est le rayonnement de la lumière éternelle. Or, de même que la lumière ne saurait exister sans rayonnement, de même aussi l'on ne peut concevoir sans le Père le Fils (3) qui
1. " Non enim dicimus sicut hieretici putant, partem aliquam substantiaj Dei in Filium versam, aut ex niillis substantibus Filium procreotum a Pâtre, id est extra substantiam suam, ut fuerit aliquando quando non fuerit. » C'est le contrepied absolu des deux axiomes d'Arius : ''Hv ots oûx t,v ô Vîôî, et: 'E; où-A ôvTojv é/s: Try C-07va7'.v (Socrate, Hist. eccL, I, o). Cela explique pourquoi les ariens évitèrent au début do se réclamer d'Origènc. Les auteurs qui, comme Petau, veulent alisolument en faire un arien avant Arius doutent qu'il ait écrit ces paroles et suspectent la fidélité du traducteur Rufin, mais sans aucun motif. Saint Athanase {De décret. Xic. syn., 27) s'est, chargé d'avance de leur répondre en citant un texte où Origène dit formellement du Fils: Oox ejtiv o-zt oûvc v. « Il est en efl'et absurde de supposer, ajoute Origène, que Dieu ait jamais été sans sa Sagesse et sans son Verbe. » C'est précisément l'argument développé ici.