In Joan., i, 23 (,XIV
ce nom ne vient-il pas directement de lui, mais de Jean. On ne peut donc que désapprouver ceux qui négligent ou dédaignent tous les autres titres, affectant de ne pas les comprendre, pour se servir uniquement de celui-là, comme s'il était la clarté même. Ils répètent à satiété ce texte : « IMon cœur a proféré une bonne parole » , s'imaginant que le Fils de Dieu est une réunion de syllabes prononcées par le Père. Si on les force à se déclarer, ils ne lui donnent donc pas d"%/Jos/ase; et ils sont impuissants à expliquer en quoi consiste son essence, je ne dis pas individuelle, je dis essence en général (1). Il est en effet absolument impossible de concevoir que la parole qu'on profère extérieurement puisse être un fils. Il faut donc qu'ils nous expliquent comment le Dieu-Verbe est un Verbe vivant, soit indistinct du Père — auquel cas il ne serait ni subsistant ni Fils — soit distinct du Père et subsistant (2). La vraie méthode à suivre pour ce nom de Verbe, comme pour tous les autres noms du Christ, est d'en rechercher attentivement le sens et d'en établir la signification par des arguments convenables. Mais
1. Oiô[icVOt •ûf/oçopàv -raxpi-/.r,v oîovîl èv a'j)J%a6aï; xs'.[jlsvt,v stvai TÔv Vtôv TO'J 0cOÛ, 'Axl xaxà toOto CcKOSTao't.v aùtôj, zl àxpiêw; aÙTwv •n'jv6avo£;iî6a, où otoôastv, oûoè oûîîav aùioû aasTiVÎ^ouiiv, oùostm tpajiàv xo'.âvoî t, TOiâvSs, à)>>v' o-wî ttotî o-jjîav. Le mot 'jTOffTajtî a ici son sens ordinaire de idéalité et oùnU celui dlessence. Tout ce qui existe est une réalité et a une essence. Mais les gnostiques, se représentant le Logos comme la parole extérieure que nous prononçons, ôtent au Verbe toute réalilé {ù-6s-zxa'.<i), puisqu'une parole une fois proférée n'est plus rien; et ils ne. peuvent pas dire en quoi consiste son essence (personnelle ou non personnelle) parce que le néant n'a pas d'essence.
2. Ao-'ov yio àT:ayy£AAù[j.£vov uîôv elvat vofi^ao xat T(Ô t'j/ovt êstIv àu.f'|/.2vov xai Xoyov toio'jtov xaS'aCixôv Çûvta xai T|T0'. où xs/(jop'.5;iîvGv xo'j ITaTpô; y.al -/axà to-jto xio tj-T, 'j'jcsxiva'. oùoè ulôv Tuyyivovxa t, y.al XE/ojpiTaévov xal oÛTicoasvov àzayysAÀî'xwffav t,[1ïv Osôv Aoyciv. Migne omet xa6' ajxôv qui est essentiel, puisqu'il désigne la vie personnelle du Verbe.
quel n'est pas l'arbitraire de ceux qui demandent pourquoi le Christ est la porte, ou la voie, ou la vigne, et qui se trouvent satisfaits, sans interroger davantage, dès qu'ils voient écrit le nom de Logos !
Origcne somme les gnostiques de lui dire comment une parole morle peut être un Verbe vivant. S'ils identifient le Logos au Père et lui enlèvent ainsi sa personnalité, il n'est plus ni subsistant ni Fils ; s'ils le distinguent du Père, il leur est impossible d'expliquer en quoi il consiste, car la parole exlérieure, une fois proférée, n'est plus rien de réel.
Nous ne suivrons pas Origène dans ses développements, quelque intéressants qu'ils puissent être. Nous préférons nous en tenir à l'exégèse de ces trois propositions : t Dans le principe était le Verbe et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu, s
Le Verbe était dans le Principe.
Ces mots : « Le Verbe était dans le Principe » ne signifieraient-ils pas aussi que tout fut formé selon la Sagesse et selon les types intellectuels existant en Dieu ? De même qu'un navire ou un édifice faits selon les plans de l'architecte ou du constructeur, ont pour principe les formes et les idées qui sont dans l'esprit de l'ouvrier, ainsi, je pense, tout a été fait selon les idées des êtres possibles élaborées d'avance par Dieu dans la Sagesse : « Car c'est dans la Sagesse que Dieu a fait toutes choses. « Dieu ayant donc produit, pour ainsi dire, la Sagesse vivante, lui laisse le soin, j'imagine, de départir aux êtres et à la matière, d'après les types qui étaient en elle, la figure et les caractères spécifiques (1).