InJoan., i, 22 (XIV, ot3-o
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N'omettons pas d'ajouter (1) que le Verbe est la Sagesse de Dieu et qu'il en porte à bon droit le nom. Or, cette Sagesse ne consiste pas (où xriv uzârj-coiai^j ï/ji) dans les simples représentations (cpavTxaia-.c;) de Dieu, Père de toutes choses, à la manière des images intellectuelles de l'homme. Mais si quelqu'un est capable de se représenter une hypostase incorporelle, vivante et pour ainsi dire animée, embrassant les idées de tous les êtres, celui-là saura ce que c'est que la Sagesse de Dieu antérieure à toute créature (2), selon ces paroles qu'elle dit d'elle-même : « Le Seigneur me produisit principe de ses voies, pour ses œuvres. » C'est grâce à la production de la Sagesse que toute créature peut exister ; il n'en est aucune, en effet, qui ne participe de la Sagesse, puisque l'Écriture dit par la bouche du prophète David : « Dieu a créé toutes choses dans la Sagesse. »
Si la femme n'eût pas été séduite (3), si Adam n'avait pas prévariqué, si l'homme n'avait pas perdu l'immortalité à laquelle il était destiné, le Sauveur ne serait pas descendu dans la poussière du tombeau ; le péché n'existant pas, il n'aurait pas eu à mourir pour l'amour de nous. Par suite, il ne serait pas le Premier-né d'entre les morts...
Peut-être le nom de Sagesse lui resterait-il seul, ou encore celui de Verbe, ou même celui de Vie, certainement celui de Vérité ; mais il n'aurait pas les titres qu'il reçoit à cause de nous.