‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 57 sur 123 · On attendrait i-'£VT,Tov, mais les manuscrits portent · texte numérisé non relu

On attendrait i-'£VT,Tov, mais les manuscrits portent

2. Ici encore on attendrait àys'/T.xov, au lieu de â-;i-//-r,Tûv, leçon des manuscrits.

lui-même il aurait le Fils pour Père, ce qui est tout à fait inouï dans la tradition ecclésiastique. Le hardi théologien pourrait ajouter ici quelques distinctions qu'il n'ignore pas puisqu'il s'en sert ailleurs. Comme principe, origine et source de la divinité, le Père seul est improduil selon l'antique adage : "Ev tô àyév-rjTov 6 tlaTY^p. En ce sens, le Fils est un Dieu produit (yevYjTdç) et le Saint-Esprit aussi. Mais le Saint-Esprit, comme le Fils, est improduit (àyévYiToç) si, au lieu de regarder les processions divines, nous considérons les choses sujettes au devenir, ce qu'exprime plus proprement le verbe grec yLyvsffGoci.

Le Fils seul est engendré (y£vvYiT(jç), tandis que le Père et le Saint-Esprit ont cela de commun qu'ils sont ày£vvr,Toi, mais pour des raisons diverses : le Père parce qu'étant le premier principe il ne saurait avoir de principe générateur ; le Saint-Esprit, parce qu'il ne procède point par voie de génération.

Pour apprécier équitablement ou seulement pour comprendre la théologie trinitaire des trois premiers siècles, il faut se souvenir qu'avant le Concile de Nicée et même longtemps après on entendait généralement de la nature divine du Christ les trois textes suivants : « Le Seigneur me produisit, principe de ses voies, pour ses œuvres (1). — La loi fut établie par les anges, par la main du Médiateur (2). — Le Père est plus grand que moi (3). » Ces textes et quelques autres semblables favorisaient une conception hiérarchique de la Trinité qui nous étonne et nous scandalise presque aujourd'hui, mais que les anciens docteurs de l'Église trouvaient très utile au point de \uq apolpgétique, pour fermer la bouche aux Juifs et aux païens ; et même au point de vue

1. Prov., VIII, 22: '0 K'Jpto; è'xxiffé jxe. Le verbe hébreu signifie « produire » et par extension <• posséder ». C'est pourquoi la Vulgate traduit : Possedit me, et les autres vei'sions grecques : 'ExT-fiSaTÔ \}.s.

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