S. .I(''rùmo, Ephl. ad Pammach. cl Océan., i.x.xxiv
INTRODUCTION XIII
professeurs les plus célèbres; mais, malgré tout son génie, il était impossible que ce système d'éducation ne laissât pas dans son esprit quel([ue chose dinachevé et d'incohérent. Marcel d'Ancyre lui reproche <i d'avoir abordé la théologie en sortant des écoles philosophiques, avant d'étudier suffisamment l'Écriture (1) » ; et cette imputation, qu'Eusèbc se croit obligé de réfuter comme une calomnie, a les apparences pour elle. En théologie, comme en tout le reste, Origène fut autodidacte.
On a beaucoup exagéré, sans nul doute, l'influence de la philosophie sur ses doctrines théologiques. Les critiques contemporains reviennent là-dessus à une appréciation plus juste. Origène emprunte à Platon, à Pythagore, aux représentants du Portique, à bien d'autres encore : mais il n'est, à proprement parler, ni stoïcien, ni pythagoricien, ni platonicien. Plotin n'avait pas encore créé le néo-platonisme et ne peut avoir exercé sur lui aucune influence. Si, comme l'assure Porphyre, Origène « lisait assidûment Platon, Numénius et Cronius, Apollophane, Longin et Modérât, Nicomaque et les pythagoriciens les plus renommés et se servait aussi des livres de Chérémon le Stoïcien et de Cornutus (2) » , son vrai maître, celui qui fit sur son esprit l'empreinte la plus profonde, fut sans contredit le fondateur de l'éclectisme, le philosophe-portefaix Ammonius Saccas. Aussi fut-il toujours trop éclectique pour être exclusif. Saint Grégoire le Thaumaturge nous apprend avec quelle largeur d'esprit il dirigeait les lectures de ses auditeurs. Il ne bannissait de son plan d'études que les matérialistes et les athées dont il n'espérait rien tirer de bon (3). Plus tard il écrira à son