Orat. panegyr., xiii (P. G., t. X, col
illustre élève : « Les disciples des philosophes disent que la géométrie, la musique, la grammaire, la rhétorique et l'astronomie sont les compagnes nées de la philosophie ; nous le disons, nous, de la philosophie elle-même par rapport au christianisme (1). »
On ne comprendra jamais rien aux théories d'Origène si on le croit inféodé à une école particulière, et la grande erreur de l'origénisme, sous ses diverses formes, a été de chercher dans ses écrits le développement logique et poussé juscju'au bout d'un système philosophique. Laissons parler ici un critique avec lequel nous avons le regret de n'être pas toujours d'accord. « Je ne crois pas qu'Origène ait puisé dans la science hellénique aucun de ses principes essentiels. Ce qu'il a pensé, il l'aurait pensé sans connaître en eux-mêmes les stoïciens ni Platon. Mais il est très vrai qu'il leur a souvent pris la forme sous laquelle sa pensée s'est produite. Ce n'est point parce qu'il est plus ou moins platonicien qu'il admet, par exemple, la préexistence des âmes ; car aucune des raisons sur lesquelles il appuie cette opinion n'est prise de la psychologie ni de la métaphysique platonicienne... Ce n'est pas aux stoïciens, mais à la tradition chrétienne qu'il doit sa doctrine sur la fin et le renouvellement du monde par le feu ; mais c'est sous l'influence du stoïcisme qu'il a fait de ce coup de théâtre divin un moment nécessaire et régulier du développement et de la vie du monde... Il s'est donc incontestablement servi de la philosophie grecque pour l'expression de ses doctrines... Mais, quant aux idées elles-mêmes, je crois que c'est ailleurs qu'il en faut chercher l'origine (2). »