‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 67 sur 123 · Comment, in TH. (dans ApoL, i.\ ; P. G., X\U · texte numérisé non relu

Comment, in TH. (dans ApoL, i.\ ; P. G., X\U

4. Periarchon, II, viii, 1 (XI, 219) ; « Substantia çavracr-ci-AT, et ôp[XT|Tiy.r,, quod latine, licet non tam proprie explanetur, dici tamen potest sensibilis et mobilis » (paraphrase de Rufin).

5. IhicL, II, VIII, 3 (XI, 222) : « Requirendum est ne forte et nomen anirnse, quod grœce dicitur '^'j/t,, a refrigescendo ('|j/£5fJïi) de statu diviniore ac meliore dictum sit. >■ Même idée un peu plus bas où le texte grec subsiste : Itapà Th,v àTÔTTojo'w y.al tt,v ',jyj;'.v tt.v irJj toO Çf^v tôj TVî'j[j.aTi. yiyoVsv t, vûv Y3vo;j.£VT| '^'J/;r,. Et plus loin: No'j; -w? o-jvyiyovâ '^•■l'/Jt, xal '^u/Ji\ xaTopOwOsLTa ytvîxai vo'jç. Les deux te.\tes grecs sont rapportés par Justinien dans sa lettre à Menas.

Origèuc, bien enleadu, n'accepte cette hypothèse que sous toutes réserves i^l). Cependant, lescul fait de l'avoir accueillie sans protestation lui vaudra les censures de saint Kpiphane, de saint Jérôme, de Théo[)hile d'Alexandrie, d'Orose, d'Antipater de Bostra, de Léonce de Byzance, de saint Jean Damascène et de bien d'autres.

On n'a pas toujours bien distingué, dans le système d'Origèno, entre la question de l'origine de l'ùme, question libre à cette époque, comme saint IMmphile et saint Augustin le soutiennent à bon droit, et la théorie des épreuves successives que l'Église a toujours réprouvée. Mais on a de la peine à comprendre qu'on ait jamais pu attribuer au docteur d'Alexandrie la mélempsychose de Pytliagore ou celle de Platon, et à plus forte raison l'émanation stoïcienne des âmes avec leur résorption finale en Dieu : systèmes évidemment hétérodoxes qu'Origène n'a cessé de combattre dans presque tous ses écrits (2).

1. Periarchon, II, vui, 3, (XI, 225) : « Ilaîc discutienda inagÏB a legentibus quam statuta ac delinita protulimus. • Ibid., 4 (XI, 224) : « Quod diximiismentem in animam verti... discutiat apud se qui legit diligentius et pertractet : a nobis tamen non putontur velut dogmata esse prolata, sed tractandi more ac requii-endi esse discussa. •

2. La mélempsychose de Pythagore est combattue dans le Conira Cets.,\iu, 30 : Oùoati(L?>vSYoii£v [leiEvswij.âTwstv elvai. i'J/'fiî, xai xaTi-'r(i)5'.v xù-zf^i [léoy: twv àÀôywv Çwtov (très beau passage sur les honneurs dus au corps humain, demeure, oIxT,Tr,piov, et organisme, ôpyavov, d'une âme raisonnable). Ibid., v, 49 (les chrétiens s'abstiennent de la viande des animaux par esprit de pénitence et non pas, comme les pythagoriciens, à raison d'une fabuleuse métenipsychose). — La métompsychosc platonicienne, ou le passage de l'àme d'un corps humain dans l'autre, n'est pas traitée avec plus de ménagements. Voir Contra Cels., iv, 17 ; In Matth., xi, 17 ; In Roman., v, 1 et les passages cités par S. Pamphile, ApoL, x (P. G., XVII, 608-616). Origène dit seulement que l'àme, en s'adonnant au vice, s'abélit, s'abrulil, devient semblable aux animaux sans raison [Periarchon, I, VIII, 4), mais il explique très nettement dans quel sens il faut l'entendre. (Cf. Pamphile, ^poL, x,P.(?., XVII, 614). — L'accusation de panthéisme, formulée par S. Jérôme, est

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D'où vient la lutte entre l'esprit et la chair et cette sorte de dualisme interne qui nous fait admirer et désirer le bien tout en nous poussant au mal ? Y aurait-il en nous deux âmes, l'une divine et céleste, l'autre terrestre et charnelle? Ou, peut-être, l'âme unique se compose-t-elle d'une partie raisonnable et d'une partie irrationnelle qui se diviserait à son tour en deux appétits : l'irascible et le concupiscible ? Cette dernière opinion est sans appui scripturaire, taudis que l'hjTJothèse de deux âmes et celle de l'àme unique sollicitée par des objets contraires peuvent alléguer des textes bibliques en leur faveur. Origène refuse de se prononcer entre les deux, mais on voit bien qu'il incline vers la dernière. Il l'expose avec plus d'ampleur et montre que le combat intérieur s'explique fort liien dans l'hypothèse d'une ùme unique attirée en sens divers par des objets contraires. L'esprit lutte contre la chair lorsqu'il lui interdit, au nom de la raison, les plaisirs sensuels qui la charment, et la chair fait la guerre à l'esprit quand elle l'entraîne vers des convoitises que la raison réprouve. Au contraire, l'hypothèse du dualisme physique est entourée de difficultés. Qui aurait créé l'àme charnelle toute portée au mal ? Ce ne peut être Dieu, dont toutes les œuvres sont bonnes; et comment concevoir un principe ontologique étranger à Dieu et indépendant de lui? (1). Mais, quoi qu'il faille penser de la nature du composé humain, il est certain que l'homme est libre et responsable de ses actes. C'est la doctrine formelle de l'ÉËflise et l'enseignement de la raison.

encore plus étrange pour qui a lu Origène. Jamais l'idée ne lui est venue de faire les esprits consubstantiels à Dieu. (Cf. In Joan., xni, 25.) Le seul texte dont on a pu abuser ne prête réellement pas à l'équivoque.

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