Ibid., vni (XVII
rence à être flagellé nu ou couvert d'un habit, autant le corps humain ressentira plus vivement les tortures, lorsqu'il aura échangé son enveloppe grossière contre uiî organisme plus délicat.
• Ce qu'il y a d'original dans les descriptions du sort des damnés, c'est que l'àme nous y est représentée se préparant à elle-même son supplice, et se faisant l'exécutrice des vengeances de Dieu. . Chaque pécheur s'allume son propre feu, et nos vices en sont la matière et l'aliment. De même qu'une fièvre prolongée, nourrie sans cesse par l'intempérance, finit par embraser tout le corps et en faire un foyer d'inflammation, ainsi en est-il de l'âme qui accumule les actions mauvaises et réunit en elle, à la longue, une masse de péchés : à l'heure marquée tout cet amas de vices s'agite, s'échauffe, bouillonne, et l'àme, en proie à une flammé qu'elle a caressée la vie durant, subit la plus cruelle des tortures. Un pareil résultat n'est pas difficile à comprendre : ne disons-nous pas de certaines âmes qu'elles sont dévorées, déjà sur cette terre, du feu de la colère, de l'envie, de la jalousie, et d'autres passions ? Ces maux acquièrent parfois une telle intensité, qu'on a vu des hommes préférer la mort au prolongement de leurs souffrances. Que sera-ce quand le poison mortel, dont l'àme aurait pu se débarrasser pendant la vie présente, allumera en elle un feu inextinguible ? Alors par un effet de la puissance di^dne, le pécheur aura la conscience pleine et entière de toutes ses œuvres ; il les lira en traits de feu dans son intelligence, et ce passé toujours présent à ses yeux, lui fera sentir à jamais les douleurs poignantes du remords. A ce genre de supplices viendra s'en ajouter un autre : lorsqu'on nous arrache un membre, nous éprouvons de vives souffrances ; mais l'àme séparée de Dieu, à qui elle aurait dû être unie, souffrira bien d'avantage de ce déchirement. Tiraillée en mille sens divers, elle sera comme divisée d'avec elle-même, et, en place de l'unité harmonique à laquelle Dieu la destinait, elle offrira l'image du désordre
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tï 'V°»f";î°°; '^J-^^'^^-y ces ténèbres extérieures dont pa le ILvaugiIe, c'est-à-dire la privation de toute Uunière
contempler Dieu, et vous aurez une idée du sort des reprouvés (1). . " suit aes
Il est moins facile à l'homme de peindre le ciel que l'enfer parce qu ,1 a moins l'expérience du bonheur que de la souffrance Au M.e siècle, quelques chrétiens vraiment trop rr t." ?"°' '' '' ''^'^"^"'^ "^^^ ^^- f-^ ôn-ossière
hr.ée do , ' '" """'" ''^^^ 1^^^^"^^^ «t 'l^^ 'ables et prcN emr les désirs les moins nobles. Origène réa-it de son mieux contre un si abject matérialisme. En^'dernièrel ,i de D^f le bonheur des élus dans la vue et la contempla ion il eau"' : ;!!„^;. \— ^^-- divine qui en est à\a fois la cause et 1 effet. Aous nous y préparons dès ici-bas nar la méditation amoureuse des choses célestes. ^
Le repos des élus en Dieu (2).
Gomme rœil recherche naturellement la lumière comme le corps aspire naturellement au boire et aJ manger, notre âme éprouve le besoin instinctif de connaître la vérité divine et la raison des choses ; et ce desir qu a mis en nous l'auteur de notre être sera un ]our pleinement assouvi, car on ne peut pas dire que Dieu nous inspire en vain l'amour de la vérité. Ici-bas avec quelque ardeur que nous nous adonnions aux mé^: tations saintes, nous ne recueillons que les bribes du
em le'dé"""'-r ' °'^""^^^^ cette occupation tient le desir en éveil, alimente l'amour de la vérité et
et ab» ?Cr:^^- -^- I^ ^f --uction libre - Periarchon, II, x;, 4 (XI, 243-244). ^'
dispose à mieux la recevoir un jour. Le peintre, avant de commencer son tableau, en trace légèrement le dessin sur la toile pour la préparer au travail du pinceau et faciliter l'exécution de l'œuvre ; ainsi le crayon du divin artiste esquisse déjà en notre âme, durant la vie présente, une ébauche de la ressemblance parfaite que nous destine la vie future.
Pour rendre sensibles à noire esprit les ravissements de la vision béatifique, il faut les dramatiser et les diviser en actes successifs. Origène nous promène d'abord de splière en sphère à travers les splendeurs de la création ; il nous conduit ensuite dans le monde des réalités invisibles, où il nous invite à scruter les merveilles des secrets divins ; enfin il nous jette en plein mystère dans le face à face avec Dieu. Là, tout désir de savoir et de comprendre sera assouvi par la contemplation sans voiles de l'infinie Vérité. Le souverain bien consiste, comme les philosophes eux-mêmes l'ont reconnu, dans la ressemblance avec Dieu (1). Cette ressemblance, cette assimilation, ainsi que saint Jean et saint Paul nous l'enseignent, est produite par la >4sion intuitive. Mais elle est ébauchée dès cette vie par la grâce et Dieu qui, à l'origine, fit l'homme à son image, lui donna le pouvoir et l'espérance de parfaire un jour cette similitude (2).
■1. Periarchon, III, vi, 1 (XI , 333) : « Summum bomim... a quamplurimis philosophorum hoc modo terminatur quia summum bonum sit, prout possibile est, similem fieri Dec. » L'expression ô;xoîw!j'.i; Heoû xaxà xô SuvaTÔv est de Platon. Les Pythagoriciens parlaient aussi d'une ôtio^^oyEa -rpôç -cèv 6e&v.
'± Ibid. : « Hoc ergo quod dixit : Ad imaginem Dei fecit eum, et de similitudine siluit, non aliud indicat nisi quod imaginis quidem dignitatem in prima conditione percepit, similitudinis vero perfectio in consummatione servata est : sciUcet ut ipse sibi eara propriœ industrie studiis ex Dei imitatione conscisceret cum, possibilitate sibi perfectionis in initiis data per imaginis dignitatem, in fine demum per operum expletionem pcriectam sibi ipse simili tudinem consummaret. »
LES FINS DBHXIICRKS
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La coasommation des chosks
. Lorsquon juge et qu'on veut enlen.he une doolrine f«u( u,oms la juger et l'entendre d'après ceq™ dU lan eur que d'après ec qu'il doit dire selon ses principe 0 r.Ongène part do la rénovalion du monde, par Snt "bon et par le sacrifice du Christ; il tam'oné en c?se:Znt'd"''"™'°.°" "^' "^ ""^ -' celteréno : ion qu'i IsW le vr"'"""" °"°"''™ '" ■>''=^' i"»"= 'l-'autanl n. coi qtn ™;eTui'Cn.t''"° '"''^'' '"=*^'de torturer L te.te;:. de de^nZ^r TaTen^e ^p"??'"' en voulant à tout prix mettre daeco^d' t ^tes ™ h 3' thèses. Les hypothèses contradictoires ne s'exeh enf"^ dans un même esprit : fondées sur une s" p e prohahm,? elles laissent subsister la probabilité contraire Nous ,n' voir qu-Origène accueille quelquefois krZ, "'
" '^'^'luicnon — sont dominées par rexnositinn catliohqne du dogme des peines et des récompense éteSes Très souvent il parle de l'éternité du ciel et de l'en fer en des termes où il est difficile de découvrir une restrict ton on mie arriere-penséo.Sans doute il sait que le mot tern îpeu^ se prendre au sens large, pour une durée très l^H^l
qult:û,trèfa?oirr°;'r4rs1!^''" '^-^'^ '''''■ °'-™ ressemblance ., le fit seul'cmcn f.„ "'" " ™''* ''""ê" «l
la Genèse, ,, 27 Û en coi dur,.,. i°i? "'""^'- '"■''''° '« '■^"<- de l'image divine, ii se>,X <le a ' ta""» °' /'"•'" "'"'■^ "'"' ressemblance qu'il él=i. ^Lr.^l'Zlti.SS '" ''"'"' "^ "
i' ^rF:S '""""'''' "■"'■'S™"' 1884' p- m-
IQO ORIGENE
mais il sait aussi qu'il se dit propremeut d'une durée sans fin (1). Plusieurs passages ne paraissent pas susceptibles d'une autre interprétation. Contentons-nous d'indiquer les cinq groupes de faits suivants :
1. Le mot « éternel », qu'on dit équivoque, est remplacé par l'adverbe « toujours » ou par des synonymes dont la forme négative est exempte d'ambiguité, comme « sans fin (àTïlEÙ-ïYiToç), sans limites (àuépavroq), sans retour (àva7r(55L(JTOç) (2) ».
2. Maintes fois, les peines éternelles sont opposées aux peines temporelles, et le feu qui ne s'éteint point, au feu qui se consume et ne saurait durer à jamais (3).
3. Rien de plus commun chez Origène que la division des êtres raisonnables en trois classes : ceux qui ne peuvent faire aucun mal, les anges ; ceux qui ne peuvent faire aucun bien, les démons ; ceux qui font tantôt le bien, tantôt le mal, les hommes. Nous verrons plus loin comment il explique' la fixation des uns dans le mal, des autres dans le
bien (4).