‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 76 sur 123 · Periarchon. I, vi, 2; II, ix, 2, etc · texte numérisé non relu

Periarchon. I, vi, 2; II, ix, 2, etc

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pores et devient totiilemeul igaé, « l'àme de Jésus est plongée dans le Verbe, dans la Sagesse, en Dieu; tout ce qu'elle opère, tout ce qu'elle veut, tout ce qu'elle pense, c'est Dieu; elle ne peut ni changer, ni se détourner du bien, parce qu'elle est enflammée sans cesse par la présence du Verbe auquel elle est unie ( 1 ) ». Les âmes dos élus participent à cette impeccabilité du Christ. Kilos le doivent à !a charité consommée et couronnée.

La charité ne déchoit pas (2).

Par ces mots : « La charité ne iléciioit pas », l'apôtre nous indique comment, dans les siècles futurs, le libre arbitre sera lié de manière à ne pas retomber dans le péché. La charité est plus grande que la foi et que l'espérance, précisément parce (|ue seule elle nous préservera de toute [nouvelle chute. Quand l'homme sera parvenu à un si haut degré de perfection qu'il aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces et le prochain comme soi-même, le moyen pour lui de faillir encore 1.. Le hbre arbitre ne pourra nous séparer de la charité. Bien que cette faculté naturelle subsiste toujours, la force de la charité est telle qu'elle attire tout à soi et se fait escorter de toutes les vertus, surtout quand c'est Dieu qui l'a produite en nous.

i. Periarchon, II, vi, 6.

2. In Roman., v, 10 (XIV, 1053): «Quid autera sit qiiod in futuris sfeculis teneat arbitrii libertatem. ne rursum corruat in peccatum, brevi nos sermone Apostolus docet, dicens : Charitas nunqiiam cadit. » Le sens est très clair et l'éditeur Delarue semble ne pas l"avoir compris quand il suppose qu'au lieu de ne il faut lire nec. contre la foi de tous les manuscrits.

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Ce que la charité consommée opère dans les élus, la malice consommée le produit dans les démons. Ils ont la rage du crime et trouvent leur plaisir dans la haine. S'ils sont ancrés dans le mal, c'est moins par l'impuissance d'en sortir que par la volonté d'y rester (1). Origène dit ailleurs que la malice leur est devenue naturelle ; qu'elle est pour eux comme une seconde nature (2). On se souvient aA-ec quelle énergie U repoussait l'imputation calomnieuse d'avoir prétendu que le démon serait un jour sauvé : idée extravagante qui n'entrerait pas, disait-il, dans la tète d'un insensé. La terre est le lieu de l'épreuve : tant que nous vivons, nous sommes dans les mains du céleste potier qui peut réparer nos brisures; ime fois morts, tout espoir de refonte est perdu (3). Nous voilà de nouveau en pleine orthodoxie; mais nous ne tardons guère à en sortir de nouveau. Ici vient se placer la fatale hypothèse de la restauration universelle qui a valu à l'auteur du Pcriarchon les critiques les plus acerbes et les pins méritées. Il nous faut l'exposer au lecteur dans les termes mêmes oîi elle se présente dans les écrits d'Origène, avec toutes les précautions oratoires, les protestations, les hésitations et les circonlocutions dont il l'enveloppe. On verra combien il avait conscience de marcher sur un terrain mouvant qui n'avait pas dans la tradition catholique le plus léger appui.

1. Periarchon, l, vni, 4 (XI, 180): • Est alter iste ordo ralionabilis creaturse qui se ita prœceps nequitiœ dédit, ut revocari nolit magis quam non possit, dura scelerum rabies jam libido est et delectat. »

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