‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 80 sur 123 · CHAPITRE PUEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PUEMIER

Travaux d'exégèse

Théologieu subtil, incompaml)le controversiste, critique patient et orateur fécond, Ongène est avant tout exégète. On pourrait presque dire qu'il n'est que cela, tant son exégèse est envahissante. Au fond, sa théologie n'est que de l'exégèse. Il n'avance rien qu'il n'appuie sur une longue série de textes hihliques et si, à l'inverse de la méthode actuelle, la preuve scripturaire vient souvent la dernière, c'est qu'elle est la plus décisive. L'exégèse ne domine pas moins sa polémique; elle en est l'àme même et Origène n'entre en lice que pour rétablir le sens de textes mal compris ou défigurés. Enfin la critique n'a de prix à ses yeux que comme auxiliaire de Texégèse et tout le monde sait que ses homélies sont moins des discours parénétiques que des leçons d'Ecriture sainte.

Les œuvres exégétiques d'Origène étaient de trois espèces : les commentaires proprement dits, les homélies et les scolies (1). Los deux premières catégories sont bien connues.

• 1. Le texte classique de S. Jérôme (préface à la traduction des homélies sur Ezéchiel) doit être confronté avec divers autres témoignages du même Père (Prologue au Comment, sur l'épître aux Galates ; Prol. au Comment, sur S. Matthieu ; Prol. au Comment, sur Isaïe). Il en résulte que les commentaires pro-

Quant aux scolies, c'ctaieut de courtes notes de philologie, de critique, d'exégèse ou d'histoire, destinées à secourir la mémoire du maître ou des élèves. La concision en était un. des principaux mérites ; souvent elles ne dépassaient pas en longueur le texte à expliquer. De fait, les scolies sur l'Exode, sur le LéAitique, sur Isaïe, sur les quinze premiers psaumes, sur l'Ecclésiaste, sur certains passages de saint Jean, sur tout le Psautier, ne remplissaient respectivement qu'un rouleau (1). Il fallait qu'Origène s'y fût astreint à un laconisme dont il n'était pas coutumier. Les notes que Bossuet recueillait en lisant l'Écriture sainte la plume àlamain, plutôt pour son usage personner qu'en vue de la publication, seraient sans doute un terme de comparaison assez approchant.

Les Slromatcs n'étaient en somme qu'un recueil de scolies: œuvre de jeunesse, oii le chef de la Catéchèse, un peu au hasard de l'inspiration et de l'enseignement, avait consigné ses notes de professeur. Le troisième livre s'occupait entre autres choses de l'épitre aux Romains, le quatrième de la première é^iître aux Corinthiens, le neuvième de Daniel d'après la version de Théodotion, le dixième de Daniel encore et de l'épitre aux Galates. L'auteur y avait fait entrer ses premiers essais d'exégèse; mais l'érudition profane y coudoyait la science sacrée. Platon et Aristote, Numénius et Cornutus y déposaient en faveur du christianisme. A cet amalgame hétérogène aucun nom ne convenait mieux que celui de Stromates.

Origône a prononcé un nombre incalculable d'homélies s'il est vrai, comme saint Pamphile l'assure, qu'il prêchait presque chaque jour (2). A prendre au pied de la lettre le

prement dits d'Origène s'appellent tôiioi, libri, volinnina ; les homélies, 6[j.t)vfai, homiliœ, tractatiis ; les scolies, <t/6X:x, ffr,;j.£iiôae'.i;, excei^pta, commaiicum interprelandi genus. Cf. Bardenhewer, Geschichle der allkirc/il. Liler., t. II, 1903, p. 80-92.

1. Il y aurait exception pour l'Exode si la citation des scolies ((TT,[jL£twae'.;) devait se lire èv olWiù tôsj.w {P. G., XII, 277); mais la vraie leçon est bien èv aV/vw iôtm. Cf., Philocalia, p. 252.

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