Apol. Prœfat. (XVII
TRAVAUX d'exégèse 113
renseignement fourni par Eusèbe, il n'aurait autorisé les sténographes i!i les recueillir qu'à partir de soixante ans, quand ses trop nombreuses occupations ne lui permirent [dus de les dicter. Souvent assez succintes, elles ne contieuiiont sans doute (pie la substance du discours prononcé.
Les commeulaires étaient des œuvres de longue haleine exigeant des années de travail. Saint Jérôme qui semble avoir eu en médiocre estime les homélies d'Origène — au moins les homélies sur saint Luc — ne tarit pas d'éloges sur les -<5[xoi. Il admirait surtout sans réserve les soixante-deux livres consacrés à l'explication des évangélistes Jean, Luc et Matthieu. On l'avait supplié de les mettre en latin, mais il s'en excusait sous prétexte que cette œuvre était au-dessus de ses forces et de ses loisirs. Cependant l'entreprise le tentait et il semble n'y avoir renoncé qu'à regret. S'il avait pu l'exécuter, i le monde romain, disait-il, aurait appris par expérience quel bien lui avait manqué jusque-là et quel trésor lui était maintenant donné. » Origène s'y livrait, toutes voiles déployées, au souffle de son génie (1).
Nous ne possédons plus en grec qu'une portion bien minime de l'œuvre exégétique d'Origène et ces faibles débris d'un colossal édifice sont encore frustes et mal conservés: huit livres du Commentaire sur saint Matthieu, neuf livres du Commentaire sur saint Jean, vingt homélies surJérénaie, enfin la fameuse improvisation sur la sorcière d'Endor. Il faut joindre à cette liste bien courte d'assez nomljreux extraits reproduits dans la Philocalie et les innombrables fragments des Chaînes bibliques.
Les traductions de saint Jérôme et de Rufin compensent mal la perle de tant d'ouvrages. Au premier, nous devons soixante dix-huit homélies ; au second, cent dix-huit, sans parler du Periarc/ion, de trois livres et demi du Commentaire sur le Cantique des cantiques et d'un remaniement abrégé du