I. Préface à la trad. des hom. sur Luc (XIII
Commentaire sur l'épître aux Romains. Un traducteur anonyme nous a conservé dans un latin barbare le Commentaire sur saint Matthieu à partir du chapitre xvi. Les lectionnaires latins du moyen-àge renferment un certain nombre d'homélies d'Origène, éditées presque toutes par Combefis. La plupart de ces homélies appartiennent à des ouvrages déjà connus ; plusieurs sont évidemment apocryphes ; l'authenticité de quelques autres mériterait d'être examinée avec plus de soin qu'on n'en amis encore à les étudier. Quant aux vingt Traclalus Origenis découverts et pubUés par Mgr Batiffol, tout ce qu'on peut en dire ici c'est qu'ils ne sont pas d'Origène.
GIIAPITHE DEUXIEiMF
Principks d'exégèse
Inspiration de l'Écriture
Les théories surl'inspiration n'étaient pas encore à la mode, Origène se contente d'établir que l'Écriture est inspirée en tant qu'elle est la parole de Dieu et l'œuvre de Dieu. L'Écriture est divine et l'Écriture est inspirée sont pour lui deux formules à peu près équivalentes (1). 11 croit avoir suffisamment démontré l'inspiration des Livres saints quand il en a prouvé la divinité; et celte dernière preuve se confond presque à ses yeux avec celle de la divinité du christianisme. Il n'y a là ni pétition de principe ni cercle vicieux. La réalisation des prophéties dans la jjersonne et l'œuvre du Christ et l'intervention miraculeuse de Dieu en faveur de son envoyé prouvent en même temps la mission divine de Jésus et le caractère divin des écrits qui renferment son histoire prophé-
1. Les discours divins et divinement inspi7rs (twv Oïîojv xxl i% ôsoaopîa; à-rr.-'^'ïXasvwv) sont opposés aux enseignements profanes. Contra Cels., m, 81 (XI, 1028). — Les auteurs de la Phi- (ocalie (chap. i) intitulent avec raison le passage du Periarckon relatif à l'inspiration : lUoL tqO ^zo-z^iz-Jzxo-j xf,; Oîia? rpa-fr,;. Cependant, Origène ne parle pas directement d'inspiration, mais de divinité: « Puisque nous employons le témoignage des Ecritui-es que nous croj'ons divines (ix twv -£-;7-:ï'j;jLivtov t,ixïv elva'. estojv Tpaytôv) et que nous n'avons pas encore parlé de la divinité des Ecritures (xal oici-w r.zpi twv rpa-jwv wî Ôît'wv 5'.£'.Ar/6T,a£v), disons en ]ieu de mots quelles raisons nous portent aies croire rfiuùies(w;T£ol6cia)vyûa;jL;j.aT(av). - Periarchun, IV, 1 (XI, 341-344).
IIG ORIGÈXE
tique ; mais la divinité de l'Eglise instituée par le Christ rejaillit à son tour sur les Livres qu'elle nous propose comme divins.
Au début du quatrième Vixre du Pei'iarchon, Or'igène développe trois arguments en faveur de la divinité du christianisme : 1. Acceptation parle monde entier de la révélation mosaïque et de la morale évangélique. 2. Propagation merveilleusement rapide de la foi chrétienne en dépit de tous les obslacles et contrairement à toutes les prévisions. 3 Accomplissement des prophéties dans la personne et l'œuvre du Christ. Les prophéties qu'il se plaît à mettre en lumière sont : la bénédiction de Juda par Jacob, la vocation des Gentils, la Vierge et l'Emmanuel, la naissance du Fils de Dieu à Beliiléem, les soixante-dix semaines de Daniel (1). Il en conclut que Jésus-Christ est Dieu et, par contre-coup, que l'Écriture est de Dieu. Il poursuit en ces termes :
Preuves de l'inspù-ation (2).
Eu démontrant brièvement la divinité de Jésus par les prophéties qui le concernent, nous démontrons du même coup l'inspiration des Ecritures contenant ces prophéties, comme aussi celle des écrits où sa vie terrestre et son enseignement sont rapportés avec tant de force et d'autorité qu'ils ont opéré la conversion des Gentils. L'inspiration des prophéties et le caractère spi-