‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 83 sur 123 · Periarchon, iv, l-o (XL 3i4-3o · texte numérisé non relu

Periarchon, iv, l-o (XL 3i4-3o

2. Periarchon, iv, 6 (XI, :-i52-3n3) :' 'A-oôs'.tcvûvte; Se wç èv

Xôyo'.ç TpO'fT,TiicoT;, auvaTroOcîxvujxîv ÔcOTT^cÛjtou; elva: Tàç irpocîTiTï'joyaa; r.zo'. aÙToO rpasà;. %%\ "zt. v.i'ZT.'ffiWovzx tt,v ît:iSt,|iîxv a'jTO'j -'pj(|j.aaTa •jcotl S'.Sasy.aAÎav. [lî-rà 7:âxr,î Suvâjxïto; -/.ai s;0'jjîaî e'.o'r,;j.c'va. y.al S'.à tq-jto tt,; à-ô t(ov sOvwv iy.').rr'-r,t; -/.ExpaTTiXÔTa. Il faut lire Oc'jtt.to;, comme portent les manuscrits, et non6ciÔTT,To;, comme dons IMigne, parce que Jésus n'est pas seulement divin; il est l'icu. On notera, dans le second membre de phrase, le contre-sens de Rufm.

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rituel de la Loi mosaïque oui relalt' à tous les regards à l'avèuemeut de Jésus. Auparavant il n"était guère possible de prouver avec évidence Tinspiration de l'Ancien Teslauienl. Mais la venue du Messie a fait voir clairement à ceux qui pouvaient suspecter l'origine divine de la Loi et des prophètes qu'ils ont été vraiment écrits sous rinfluence de la grâce céleste. Bien plus, quiconque lira avec attention les paroles des prophètes se convaincra sans peine, à renthousiasme dont il sera rempli, que ces Livres sont bien de Dieu et n'ont pas des hommes pour auteurs. La lumière dont resplendit la loi de Moïse était jadis couverte d'un voile; à l'avènement de Jésus, le voile s'est écarté et les biens dont la lettre était la figure ont brillé à tous les regards.

On le voit, l'argument est apologétique et oratoire au tant ou pins que théologique; mais ce qui nous intéresse surtout dans ce remarqualjle passage, c'est la synonymie et l'échange perpétuel des termes divin (Osioç), inspiré (OsÔTtvEj'iToç, è'vBsoq) (1), écrit par la grâce divine (ojpxvîw x^p'-''àvay£Ypïfi.;ji£va), provenant de Dieu et non des hommes oOx àvOpwzwv thx'.... zhj.: Oîoo) avec l'assertion que la preuve delà divinité de Jésus est en môme temps la preuve de l'inspiration des prophéties qui le concernent et des écrits où ses actions et ses discours sont relatés.

Dieu est l'auteur de l'inspiration ; mais, pour l'école d'Alexandrie, l'action extérieure de Dieu se produit selon l'ordre des processions divines et, si j'ose dire, en fonction de leurs caractères personnels : < Les Livres sacrés ne sont pas des ouvrages humains; ils ont été écrits et nous ont été transmis sous le souffle du Saint-Esprit, par la médiation de

1. eeô'ûvc'jff'co; toujours, et ici îvOîo;, sont passifs et désignent le livre insiDirô, non l'auteur inspiré.

Jésus-Christ, en vertu de la volonté du Père (1). > L'Esprit- Saint en est le principe prochain et immédiat, parce que l'inspiration surnaturelle se rapportant directement au salut des hommes, est par-dessus tout une œuvre de grâce et de sanctification ,• mais le Fils intervient en qualité de Sagesse incréée et aussi comme intermédiaire entre l'Esprit et le Père ; enfin le Père, gardant toujours l'initiative, est la source première de l'inspiration comme de tout le reste. I^ s'ensuit que les paroles inspirées sont les paroles du Père, du Fils et du Saint-Esprit et que l'Écriture peut les attribuer indifféremment à l'un des trois ; cependant, à proprement parler, elles appartiennent plutôt au Saint-Esprit (2).

L'Esprit inspirateur est surtout un Esprit illuminateur (3) qui, rayonnant dans l'ùme favorisée de ses visites, l'inonde de ses clartés. Origène met tellement en relief l'action de Dieu sur l'intelligence de l'hagiographe que la motion de la volonté est souvent laissée dans l'ombre. Cependant le seul fait que le livre inspiré est appelé livre de Dieu indique suffisamment que Dieu en est l'auteur — c'est-à-dire qu'il la écrit ou fait écrire — et l'impulsion divine est quelquefois mentionnée en termes exprès (4). Maisl'exégètealexandrinne

1. Poiarchon, iv, 9 (XI, 360) : Mr, àvOpojTrwv elvai c7'j-'-^GX|jL;j.aTa

TO'j IlaTpôî 'zCi') o)vtov, oià 'l'fiSoij Xp'.STO'j xa-j-raç àvaYîypâ'^Ôai.

2. Pliiloc., VII (extrait de rhomélie iv sur les Actes. P. G., XIV, 829-832). Assez curieuse théorie sur le Saint-Esprit, qui met en scène (TrpoG-ojTro-o'.sî) les divers personnages de l'Ecriture, mais qui parle lui-même alors qu'il fait parler le Père, le Fils ou les hommes inspirés.

3. Periarclion, iv, 14 (XI, 373) : Toi ïwtîî^ovti YI'jij\xx-::. Contra Cels., vu, 7 (XI, 1429) : 'ATi'aû-:f,î tt,!; Trpocp-r.TEÎaî cpojxiTOc'vxî; tôv voCiv. Ibid., VU, 4 (XI, 14215): Oî èv 'louSaîoi; T.po-ir,-zoi: £AXa;xT:ôijL£vo'. UTÔ Toû Ôctou llv£-J|jLa70?... ô'.opax'.xwTîpoî T3 xàv vo'jv sytvovTO xal fr,v <ifi'jyry Aa|j.— pôtEpoi.

4. Les termes souvent répétés de ôîosopo'jasvo;. 0joc;opT,6ï{i; supposent cette action sur la volonté. Origène dit aussi àyôjjisvoî ou même è\ âytou xlvoûijlîvo; tlvEÛfiaTi. Les phrases suivantes sont d'aillours très significatives : '0 Hzô;... ôpYivw t?, ^-jyr, vcal tw ffwixaT'. Toû -poïT.TO'j •/ptôij.cvo; (Contra Cels., ii,9, P. G., XI, 808);

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disliugue guère entre l'inspiralioa ad dicendam et l'inspiration adscribendum; l'inspiration des prophètes ou des apôtres et l'inspiration des Imgiographes sont pour lui la môme chose.

La psychologie du sujet de l'inspiration l'intéresse peu. L'homme inspiré doit être saint (1), puisque l'Esprit de Dieu, qui n'hahite que dans les saints, habite en lui ; mais tout homme saint n'est pas inspiré. Origène ne confond pas du tout, comme le prétend M. Ilarnaclc (2), le charisme de l'inspiration avec les lumières ordinaires de la grâce. 11 réserve le titre lïinspirés aux Livres canoni([ues et ne le donne à nul autre ouvrage, aurait-il pour auteur un saint. Selon lui, un effluve spécial du Saint-Esprit remplit l'àme des prophètes jusqu'à les faire déborder et ils déversent sur nous leur trop plein. Mais ils restent toujours conscients et libres. Depuis les fanatiques excès du montanisme, les catholiques étaient plus disposés à bien marquer la distance qui sépare le prophète du devin. On admettait généralement, avec le rhéteur Miltiade (3), que la vraie prophétie est incompatible avec le troulde de l'entendement et l'aliénation des sens, parce qu'elle ne peut avoir rien de commun avec le délire (;a.avîx) passager des faiseurs d'oracles. Le désordre du corps, le trouble des sens, la perte momentanée de la liberté sont autant de signes du malin esprit. Dieu, en

« Spiritus Dei et per Moysen et per Paulum iugentium sacramentorum figuras enuntiat. • {In Gen ,/iom. ii, o, P. G., XII, 171). Il faut enteudre cela d'un instrument libre que Dieu dirige sans le contraindre: Ilaoà tw Bîw tw xal oiv.ovo;xr,TavT'. Taûxa Ypaïf.va-. (P/iiloc, 1.28, Robhison, p. 33).

1. Contra Cels., vu, 7 (XI, 1429) : Sainteté des prophètes opposée à la vie déréglée des devins. L'Esprit-Saint n'est pour rien dans les prophéties de Balaam et de Caïphe ; il faut les attribuer au hasard {r.zy.i:-.xis'.:i), à moins qu'on ne préfère y voir l'action de l'esprit mauvais {In Joan., .xxvui, 13, P. G., XIV, 712-720).

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