Contra Cels., \\\, 7 (XI
Harmonie des Écritures (1).
Le psaltérion ou la cithare, dont les cordes donnent différents sons, semblent en désaccord au profane peu expert en fait de musique. De môme ceux qui ne savent pas reconnaître l'harmonie divine des LiATCs saints croient parfois sentir une dissonance entre l'Ancien Testament et le Nouveau, entre la Loi et les proj)hètes, entre les Évangiles comparés les uns aux autres, entre Paul et ses collègues dans l'apostolat. Mais un homme exercé dans cette musique divine, sage en paroles et en œuvres, véritable David a aux mains habiles », selon l'étymologie du mot, saura exécuter cette symphonie, en touchant à propos, tantôt les cordes de la Loi, tantôt celles de l'Évangile qui résonnent à l'unisson, tantôt celles des prophètes ou celles des apôtres qui s'accordent également. Car toute l'Écriture est un di^^n instrument parfaitement réglé, dont les sons différents formejit un merveilleux concert.
Le sentiment profond de cet admirable accord fait dire à Origèiie que l'Écriture est un seul livre plutôt qu'une collec-
1. Philocalie, chap. vi, 2, extrait du t. II du Comment, sur S. Mallh. (XIII, 832). Le titre du fragment est significatif: "Oti Sv ôpyxvov BïoO tsAôiov xat T,pixo3']xivov r.izx i, Osîa rGaïr,. Il est emprunté mot pour mot à Origène lui-même (dernière phrase de notre citation). La comparaison musicale n'est pas très nette. Grammaticalement, Origène dit que les diverses cordes d'un même instrument, touchées ensemble, peuvent donner un accord, quoique le profane s'attende à une dissonance,- à cause de la différence des notes. Mais, dans l'application, il semble penser plutôt à deux ou plusieurs instruments à l'unisson, donnant la même note, tandis que la différence de timbre fait croire aux ignorants que ce sont des notes différentes.
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tion de livres (1) : « Le Verbe de Dieu, qui était dès le principe auprès de Dieu, n'est pas du verbiage, il n'est pas multiple; c'est un seul Verbe comprenant plusieurs vérités dont chacune est une partie du Verbe. » Il n'y a pas plusieurs Evangiles ; il n'y en a qu'un, écrit par quatre plumes. Ce n'est pas qu'il n'y ait des degrés dans la valeur de la révélation, du moins par rapport à nous. Comme héraut de la révélation divine. Paul plane plus haut que ses collègues, l'aul lui-même s'élève à différents niveaux et son essor est plus ou moins sublime. Les Évangiles sont les prémices de l'Ecriture, comme les écrits de saint Jean sont les prémices de l'Évangile (2). Loiu de nuire à riiarmouie de l'ensemble, ces différences de ton la font mieux ressortir.
Mais le caractère le plus divin de l'Écriture sainte est encore la plénitude :
Pléniludc de sens des écrils insj)irés (3).
Il convient de croire qu'il n'y pas dans les saintes Lettres le plus petit trait qui soit vide do la sagesse de Dieu. Celui qui a donné à l'iiomme ce commandement:
1. Philocalie, chap. v, extrait d» t. V (perdu) du Comment, sur S. Jean (XIV, 192), sous ce titre : "O-t -riui f, ^zôt^/z'jz-zoz Tpxr n ^-- ?'.6>kiov Èj-iv. Eusèbe, dans son Hisloire, vi, 25, transcrit un passage tiré du même endroit mais avec des coupures. '0 Ta; ToO Aîoû AÔyo; ô pv àp/f, ~pà; ■zm Bsôv où TtciXuÀOYÎa isTÎv où yio VJyoi* VJyo; yip êî; «j'jvsttwî è/. -n^^î'.ôvwv 6cW0T|;j.iTwv xt)».