Periarc/ion, iv, 8-9 (XI
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méthode à suivre, beaucoup de gens ont fait fausse route. Les Juifs au cœur dur et stupide refusent de croire au Sauveur parce que, rivés à la lettre des prophéties, ils ne l'ont pas vu annoncer aux captifs la délivrance matérielle, ni rebâtir ce qu'ils regardent comme la véritable cité de Dieu, ni exterminer les chars d'Ephraïm et les cavaliers de Jérusalem...
Ces diverses conceptions, ou erronées, ou impies, ou absurdes, viennent de ce qu'on néglige le sens spirituel de l'Écriture pour ne s'attacher qu'à la lettre nue. C'est pourquoi à ceux qui, loin de regarder les Livres sacrés comme l'cuvre des liommes, les croient composés et transmis jusqu'à nous sous l'inspiration du Saint- Esprit, par la volonté du Père de toutes choses, avec Jésus-Christ pour médiateur, nous essayerons d'indiquer la vraie méthode à suivre, les yeux fixés sur la règle vivante que l'Église de Jésus-Christ tient de la tradition des apôtres. Qu'il y ait dans les divines Écritures des dispensations mystiques, les moins instruits des fidèles le savent : mais quelles sont-elles précisément, les chrétiens prudents et modestes avouent l'ignorer. Demandez-leur ce que signifient l'inceste des filles de Loth, les deux épouses d'Abraham, les deux sœurs mariées à Jacob et leurs deux servantes, il vous répondront que ce sont là des mystères dont il ne nous est pas donné de pénétrer le sens. Lorsqu'ils lisent la fabrication de l'arche, persuadés que les détails en sont figuratifs, ils cherchent à interpréter de leur mieux chaque détail. Ils ne se trompent pas en effet en voyant dans l'arche une figure, bien qu'ils puissent se tromper dans les applications particulières.
La première règle d'herméneutique de l'exégète alexandrin est indiscutable : // faut abandonner h lettre ou le seiis corporel de l'Ecriture toutes les fois qu'il en résulte quelque chose d'impossible, d'absurde ou d'indigne de Dieu (1). C'est l'évidence même et l'on ne comprend guère que certains critiques aient pu y trouver à redire. Malheureusement Origène prodigue trop les impossibilités, sans se donner assez la peine de concilier les antinomies ou les antilogies. L'idée exagérée qu'il se fait de l'inspiration le porte à spirilualiser tout récit qui n'édifie pas, toute prescription dont l'utilité immédiate n'apparaît point ; car il lui semble évident qu'un précepte inutile et qu'un récit peu édifiant, à moins d'être relevés par un sens mystique, sont indignes de Dieu. D'après ce principe, la dissimulation d'Abraham chez Abimélech, la conduite des sages-femmes égyptiennes, l'inceste des filles de Loth doivent se tourner en allégories. La législation mosaïque est passée au crible avec non moins de rigueur : » Si nous demeurons attachés à la lettre, à l'interprétation judaïque et vulgaire, je rougirai de confesser que ces lois sont de Dieu. La législation de Rome, d'Athènes et de Sparte semblera plus judicieuse et plus raisonnable. > Les faits qui, au sens propre, seraient impossibles, les préceptes qui, pris à la lettre, seraient absurdes, nous obligent de recourir au sens spirituel, c'est-à-dire, en tenant compte de la terminologie d'Origèrte, au sens figuré ou à l'allégorie. Mais il arrive souvent que des faits ou des préceptes vul-
\. On l'aurait peut-ôtrc moins critiquée si on s'était aperçu qu'elle est dans S. Augustin. « Quare quœdam in i-ebus visibilibus quasi absurda miscet Spiritus sanctus. nisi ut e.\ eo quod non possumus accipore ad iitteram, cogat nos ista spiritualiter quœrere ? » (In Psalm. cni, serm. I, 18. P. L., XXXVII, 13bl). Ce qu'Origène a de particulier, c esc l'insistance à déclarer qu'on ne saurait prendre à la lettre un récit ou un précopte indigne de Dieu, In Jerem., hom. .\n, 1 (XII-I, 377 : 'Oc?£f/«ct ^;'.ov slvat tou Ssoy) ; Periarchon, iv, 9 (XI, 3(51 : 'A;îwi: T-r,; Tpa-f •?,!;); In Xumer., hom. x.wi, 3 (XII, 774: « Convenions videtur ha^c secundum dignitatem, immo potius secundum majestatcm loquentis intelligi. •)
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gaires qui, s'ils n'étaient que cela, seraient indignes de rinsi)iralion, deviennent dignes de Dieu dès qu'un sens plus noble, s'y superposant, spiritualise le corps de l'Kcriture. En ce cas. il faut entendre IKcriture et selon la lettre et selon l'esprit, et cette double recherche est rol>jet de l'herméneutique.
Une homélie célèbre, celle des Prémices, lui est consacrée presque tout entière (1). Au gré d'Origène, l'obligation d'offrir les |»réniices subsiste sous la loi de grâce. Mais si ce précepte doit s'observer à la lettre, pourquoi pas les autres '1 Tel est le problème. C'est, répond Origène, que les prescriptions de l'Ancien Testament ne sont pas libellées de la même façon. Le mot < loi » se prend quelquefois en un sens général pour désigner toutes les institutions mosaïques, mais il a aussi un sens spécial, la loi de la pàque, la loi de la circoncision, la loi du sabbat, etc. La loi ainsi entendue était, selon saint Paul, l'ombre et la figure de l'avenir; elle se trouve abrogée par le christianisme. Voici donc la règle à suivre. Toutes les fois que la Bible se sert du nom de « loi », il s'agit de prescriptions temporaires qui n'obligent plus les chrétiens et dont ils nont plus à prendre que l'esprit ; au contraire, les mois « commandements, jugements, préceptes, témoignages, » etc., désignent des prescriptions qui subsistent encore à la lettre. Des préceptes comme : i Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas l'adultère » n'ont aucun besoin d'allégorie, t A quoi bon y recourir quand la lettre édifie? (2). » Il peut arriver cependant qu'une prescription encore en Aigueur soit susceptible d'un sens mystique. Telle est l'institution primitive du mariage qui continue à lier les chrétiens et où cependant l'Apôtre découvre un symbole de l'union mystérieuse du Christ avec l'Église. Ce sera, poursuit Origène. la lâche du scribe sage et docte de faire ce discernement et de savoir selon les cas ou rejeter la lettre qui tue pour s'attacher à