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SPÉCIMEN u'exégèse 1 i9
Pharaon duo à sa malice et la ilocilité des Egyptiens qui se joignirent aux Hébreux. Sous le coup des prodiges, le cœur de Pharaon commençait ;i s'amollir, comme en témoignent ses paroles : « Ne vous éloignez pas trop, n'allez qu'à trois jours de marche et laissez ici vos femmes (1). » Ces mots et autres semblables, pi-oférés à la vue des miracles, prouvent que les merveilles C(''lestes produisaient quelque impression sur lui, mais sans l'ébranler tout à fait. Il n'en eût pas été de la sorte si l'endurcisseuKmt de Pharaon, comme plusieurs l'entendent, était l'ouvrage de Dieu même.
Encore une comparaison tirée de la pratique ordinaire de la vie. N'arrive-t-il pas souvent aux maîtres (lél)onnaires de dire à leurs serviteurs gâtés par trop d'indulgeuce et de mansuétude : « C'est moi qui t'ai perdu et je suis cause de toutes tes fautes ? » On ferait mieux d'observer quel est le langage usuel et l'intention de celui qui parle, au lieu de déblatérer à tort et à travers sans se donner la peine de peser la valeur des termes. Paul éclaircit bien C(4te matière quand il dit au pécheur : « Méprises-tu les richesses de la bonté, de la patience et de la longaminité de Dieu ; et ignores-tu que cette bonté t'invite à la pénitence'? Par la dureté de ton cœur impénitent, tu amasses sur toi un trésor de colère, pour le jour de la colère et du juste jugement de Dieu (2). » Ce que Paul dit au pécheur, nous pouvons l'appliquera Pharaon, car tout cela lui convient très bien : par sa dureté et sou cœur impénitent il s'amassait un trésor de colère. Sans les miracles — et des mirach^s si nombreux et si éclatants — sa dureté n'aurait j)as été ainsi dévoilée et rendue manifeste.