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IbO ORIGÈXE
Nous 110 pouvons, à notre grand regret, reproduire tout au long les admirables pages où Origone étudie sous ses divers aspects une question qui lui tient tant au cœur. L'originalité de son système est dans ces deux pensées ; premièrement, Dieu endurcit les pécheurs beaucoup plus par la multiplication que par la soustraction de ses grâces ; en second lieu, les peines de cette vie ne sont pas purement vindicatives et les vengeances de Dieu ici-bas sont en même temps des miséricordes.
Pour qu'un cœur humain se trouve endurci, il faut qu'il ait abusé de bien des grâces. Si les Juifs contemporains du Christ n'avaient pas été témoins de tant de miracles, le Sauveur ne leur reprocherait pas leur endurcissement. Dieu endurcit lliomme et l'homme s'endurcit lui-même ; mais Dieu ne l'endurcit qu'indirectement, occasionnellement, par trop de faveurs ou trop de patience. Sous le coup des châtiments divins. Pharaon commence à s'amollir; mais sa dureté volontaire reprend le dessus dès que Dieu cesse d'appesantir son bras. Aussi, n'est-il point ici-bas de peine plus terrible ni plus redoutée des saints que le sommeil apparent de Dieu. Jérémie lui adresse cette plainte amoureuse : « Pourquoi, Seigneur, avez-vous endurci notre cœur en négligeant de vous faire craindre (1) ? » Comme s'il disait : Pourquoi nous avez-vous permis de pécher avec impunité et d'accumuler nos crimes ?
Origène irait contre l'enseignement des autres Pères, en particulier de saint Augustin, s'il soutenait que le péché n'est jamais la peine du péché, que Dieu ne relire jamais ses grâces spéciales en vue d'une infidélité antérieure et que, dans ce cas, la faute de riiomme est une simple permission de Dieu et non un effet de sa justice; mais il est bien loin de le prétendre. Il assure en propres ternies que le triple reniement de saint Pierre est le châtiment de sa présomption et l'adultère de David la juste peine de sa négligence. En apprenant de la l)ouche de Jésus la tentation qui allait fondre sur