‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 98 sur 123 · Periarchon, m, I, 22 (XI · texte numérisé non relu

Periarchon, m, I, 22 (XI

SPÉCIMEN d'exégèse 1Îj3

minio, mais ncnis en attiibue tout 1(> résultat, comme lorsqu'il dit : t Si quelqu'un se purifie de ces souillures, il sera un vase d'iionneur, saint, utile au !Maitre, prêt pour tout usage excellent » ; tantôt, loin de nous assigner aucun rôle, il rapporte le tout à Dieu, comme lorsqu'il dit : « Le potier dispose à son gré de l'argile pour faire, de la même masse, soit un vase d'honneur, soit un vase d'ignominie. » Ces assertions ne sauraient être contradictoires ; il faut donc les concilier et eu faire une doctrine harmonieuse, dont les éléments se complètent. Notre libre arbitre ne peut rien sans la science de Dieu, et la science de Dieu ne nous pousse pas de force au bien sans notre libre coopération. En d'autres termes, notre libre arbitre ne fait pas de nous des vases d'honneur ou des vases d'ignominie, sans la science de Dieu qui se sert de notre libre arbitre comme il convient à sa nature ; et la préparation des vases d'honneur ou des A'ases d'ignominie ne dépend pas de Dieu seul ; il lui faut une matière apte, je veux dire votre volonté, qui se porte librement au bien ou du mal (1).

Les deux forces qui doivent concourir à la production de l'acte bon sont donc le libre arbitre (tô io 'r|Utv), ou la libre détermination (i^i irpoaCpeai.ç) et l'opération divine (tô ènl Tw 0£w), la science de Dieu {-^[ ÈTiriGrr, lly) tou Gsou). Cette science n'est pas une simple prévision, mais une science approbative et efficace, une prédestination. L'acte libre est comme une matière (j^'^i) que la grâce

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informe ; sans cette matière, la grâce resterait inefface et n'aurait point de corps ; mais, sans la grâce, l'acte libre serait comme un corps sans àme.

Il est possible que dans cette exégèse très pénétrante, le souci trop exclusif de sauvegarder le libre arbitre laisse un peu dans l'ombre l'initiative de Dieu et l'indépendance de son action souveraine. Néanmoins tout cela est susceptible d'un tour favorable, et l'on ne peut pas dire que les droits de la grâce se trouvent lésés.

Malheureusement Origène ne s'en tient pas là. Il cherche un surcroît de solution dans son hypothèse des épreuves successives. Il croit pouvoir expliquer ainsi l'amour de Dieu pour Jacob et sa haine envers Esaù avant leur naissance. Et la censure peu sévère des auteurs de la Philocalie donne un laisser passer à cette hypothèse.

Mérites et démérites antérieurs (1),

, Puisque, selon les paroles de l'Apôtre, quiconque se purifie devient vase d'honneur, quiconque reste volontairement impur vase d'ignominie, le créateur est hors de cause. En effet le créateur ne fait point les vases d'honneur et les vases d'ignominie originairement, selon sa prescience, car ce n'est pas ainsi qu'il condamne et qu'il justifie d'avance ; mais il fait ceux qui se sont purifiés eux-mêmes vases d'honneur, ceux qui sont restés volontairement impurs vases d'ignominie. Ainsi les uns sont destinés à l'honneur, les autres à l'ignominie pour des causes qui précèdent la formation des vases d'honneur et des vases d'ignominie (2). Mais une fois admis que

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