‹ Originaux et beaux esprits de l'Angleterre contemporaineChapitre 14 sur 29 · XIV. — LA TEBPEUR EN IRUKDE · texte numérisé non relu

XIV. — LA TEBPEUR EN IRUKDE

Quoi qu'on en dise, ce ne fut la faute ni de lord Anglesey, ni de M. Stanley, si, peu après leur arrivée, tant de

M O'GONNELL ET 0*G0I9K0R.

désordres éclatèrent à la fois. Ils trouvèrent les partisans désappointés de rÉmancipation disposés à cherdHsr un adoucissement à leurs souffrances dans des remèdes plus én^iques. Partout, sur Tesprit crédule des paysans, les discours démagogiques exerçaient une irrésistible influence. L'Irlande tout entière étant devenue, pour ainsi dire, une vaste fournaise politique» il fallait, pour y vivre^ le tempérament de la salamandre.

Quant aux mesures de rigueur qui furent adoptées, elles eurent pour excuse le cas de légitime défense. Tui^t ou Washington, appelés, en i8SS, à gouverner Tlrlande, n*aaraient pu se dispenser de sévir. La propriété, la vie de classes entières était en péril ; la loi iKurmale partout èli»dée ; on ne trouvait plus de jurés qui osassent porter un verdict de condamnation ; la mise à prix des coupables n'amenait aucune découverte, et dans le cours d'une annèo, où les primes offertes à la dénonciation montaient à plus de iS,000 £. (300,000 fr.)» ^^'^^^ ^ P^<^ ^ dams des récompenses prmnises furent gagnées et réclamées.

Les assassinats se multipliaient : — « Songes, criait sir Robert Peel à la tribune, songes que, dans une seule an* née, cent qiMtre'Vingi''9me meurtres ont été accomplis. Plus d'une glorieuse victoire a moins coûté. Le sang anglais coula moins proftisément sur les hauteurs de Busaco^ le jour où elles virent reculer, comme un flot impuissnt, les valeureux soldats de la France. Mais, que parlè*je de batailles ? et peut -on comparer la mort reçue au champ d'honneur avec Tobscur trépas que subissent Jes victimes des assassins irlandais? Ce n*est pas l'heure fatale où le dernier coup est frappé qui doit leur éive la plus t^rible; — ce sont les journées qui précèdent; — ce sont lesappré* hensions continudles, c'est Tagonie de rattentei *^oe sont ces semaines et ces mois, pendant lesquels chaque nuit,

tonte unefamille attentive et désolée croit toujours entendre les pas des meurtriers qui s'approchent ; — ce sont toutes ces angoisses qui, prolongées et cbacpie jour plus cruelles, donnent presque le caractère d'un bienfait à Tassassifiat qui les termine. »

De bit, il faut plaindre un pays où, comme en Irlande, le meurtre est, en quelque sorte, passé dans les habitudes sociales. 11 n'excite pas là cette horreur qui partout ailleurs raccompag^.llème aux yeux des classes éclairées, il se justifie par des raisons que les habitants d'un pays civilisé sont rarement disposés à admettre. Un homme tombe la nuit sous les coups d*un inconnu; vous entendez dire avec sang-froid c qu'il n'était pas bon propriétaire » ou bien t qu'il avait pris une ferme à laquelle d'autres avaient droit. » Déplorable et honteuse insensibité, qui vient en grande partie, selon nous, du partage du sol entre deux nations distinctes, dont Tune le possède et l'autre le travaille.

Quand un riche kmdlord est tué, ni les paysans ni la moyenne classe ne s'en émeuvent. Que leur importe, en effet? — Qu'y a-t-illà de menaçant pour eux ? — Ils n'ont pas de domaines.

De même, si quelque inhumain possesseur de terres chasse à la fois tous ses tenanciers» s<m voisin le ^ire n'en est pas le moins du monde choqué. — Ce n'est pas lui qu'on pourra jamais envoyer dormir dans les fossés on mourir sur la neige ! — > Ce n'est pas lui que suivront jamais, avec leurs joues pâles et leurs cris déchirants, six i sept enfants affamés, pleurant en vain pour une pomme de terre.

Ainsi s'explique tant d'indifférence, et nous sommes certain que, si le meurtre avait, en général, d'autres causes que cette hostilité naturdle entre d'avides oppresseurs

et des opprimés au désespoir, il serait bien autrement réprouvé.

Comme vont les choses, il faut s*étonner vraiment que toute une caste opulente et proscrite puisse vivre à ce régime de terreur, dans cette agonie de Fattente si énergiquement dépeinte par sir Robert Peel. Mais, comme Bentham Ta remarqué, « Tâme humaine possède une sorte d'élasticité qui lui permet de s'accoutumer à des situations en apparence intolérables. Dans toute souffrance, il y a des soulagements accidentels que le pouvoir des contrastes métamorphose en véritables plaisirs. »

Nous en avons dit assez pour justifier, sinon toutes les clauses du biU de Coêrcion tel qu il fut promulgué en i855, du moins la nécessité d'une mesure législative provoquée par un état de choses véritablement inoui. Si Ton veut le comprendre, il faut se rappeler que quatre Agitations, chacune d'une nature distincte» bouleversaient l'Irlande au moment où ce Mil fut rendu.

La première et la plus formidable était l'Agitation agraire entretenue par les paysans seuls. Elle avait envahi les comtés du centre, et donné naissance à des forfaits de toute espèce. Les Pieds-blancs se rassemblaient, en plein jour, par bandes de deux ou trois cents : les propriétaires n'osaient plus réclamer leur fermages ; les jurés tremblaient devant l'accusé sur le sort duquel ils étaient ^{>elés à prononcer.

L'Agitation dont le Mil de Réforme était le prétexte remplissait d'amertume et de trouble l'existence sociale des classes élevées. Beaucoup de gens, qui comptent aujourd'hui parmi les conservateurs, parlaient en faveur du bill qu'ils voulaient tout entier et sans compensation, perdant ainsi la confiance de leur ordre, et néanmoins ne gagnant aucune popularité réelle auprès des classes infé-

rieures. En effet, tandis qu'ils étaient en guerre ouverte avec les tories absolus, les partisans diirepeal attaquaient sans mesure les ^higs modérés. — Jamais on ne vit plus d'animosités, et déplus amères, déchirer la société irlandaise.

O'Connell, cependant, employait toute son énergie A propager TÂgitation du repeal : son but était de rassembler autour de lut une plus nombreuse cohorte parlementaire, et d'acquérir ainsi plus d'importance politique. Pour punir les whigs de ne l'avoir point admis dans leur parti, l'Agitateur avait résolu de se faire à lui-même une faction, et il faut reconnaître qu'entré dans cette voie il mit un rare talent à réaliser sa volonté. 11 dénonça indistinctemmt les whigs, les tories, les modérés, et enjoignit à quiconque voudrait le suivre, de n'accorder son vole qu'à des repealers assermentés.

L'Agitation contre les dîmes (arUi-tithe Agitation) était tout à fait distincte de celle que provoquait O'Connell. Beaucoup de fermiers, sans être partisans du repeal^ s*associèrent au mouvement antiflscal, et de tous les fauteurs de troubles, ceux-là seuls» peut-être, étaient de bonne foi. Aussi ne fut-il besoin pour cette émeute d'aucun encouragement extérieur ; l'incendie gagna de tous côtés, sans que personne attisât le feu; et l'assassinat de plusieurs ministres protestants donna un caractère sinistre aux meetings de cette dernière espèce. Il est certain qu'à l'époque dont nous parlons le système des dîmes était essentiellement vicieux; — il y avait là une véritable plaie, toujours saignante, toujours ravivée, et qu'on aurait dû fermer depuis longtemps.

Enfin, pour mettre le comble à tant de maux, le choléramorbus ravagea plusieurs des provinces : la récolte des pommes de terre manqua sur plusieurs points ; la disette

d la maladie prêterai aux Agitateurs un secours inal* tendu.

Les deux hommes d*État chargés de faire Taœ à tant de dangers et de maux n*en sont pas moins restés re$po4Asables des conséquences fâcheuses qu'un pareil état de choses ne pouvùt manquer d^engendrer. Lord Stanley» surtout^ n*a pas cessé d*étre en butte aux récriminations furibondes des radicaux anglais et des r^^Urs irlandais. On fait remonter à lui toutes les souffrances du pays» et, si O'Connell. — dix ans plus larà» — avait voulu sérieusement lui attribuer la venue du choléra» nul doute qu'une partie de la pi^sse n eût pris à cœur de soutenir raceusation«

Il y eut des fautes commises, cela eat o^ain : mais tout aulre gouvernement whig n'aurait pu les éviter, tant elles étaient la conséquence forcée d'une position fausse au milieu de diflicuUéa sans nombre. Ce fut beaucoup que de maintenir, en 18SS, le principe d'un gouvernement quelconque, et plus d'un premier secrétaire s'est fait» dans des temps plus tranquilles, une réputation d'habile homme, à bien meilleur marché que M. Stanley n'acheta des revers éclatants. Ce fut à ses dépens que radmims4r«h tion acquit l'expérience dont elle a profité depuis, et dont on vit plus tard les règles appliquées par lord Mulgrave. On apprit en 18Sâ, — ce qu'on ne savait pas encore, — à quoi se réduisait le systèaoïe bruyant, le tapage organisé d'OGonnelL On découvre combien il était peu disposé à tout autre combat que celui de la parole ; on expértmoita lés dangers de la neutralité qui avait valu à lord Anglesey, non-seulement la désaffection du populaire, mais ottoore les virulentes attaques du parti conservateur.

Ce parti, »i effet» possédait alors son O'Connell dans la personne du docteur Boyton, qui, plus d'une ibis, en pu-

blic, jeta la déconsidération à pleines mains sur le carac* tére de lord Ànglesey. Un jour, entre autres, Il déclara d que la plus mauvaise compagnie de Tlrlande était réunie « à la table du vice-rm. »

Des paroles comme celles-là ne sont rien dans la bouche d*un radical; mais, venant d'un tory, — et d*un tory renommé pour ses lumières, — elles font un mal irréparable.

Lord Anglésey avait aussi le tort de trop parler, et d'accepter avec le premier venu des altercations dangereuses. On le vit, dans une conversation a\ec le docteur Baldmn — «r le Léviathan des radicaux du Munster, » — se laisser prendre à tous les pièges de cet adroit causeur, s'enflammer par degrés à mesure que celui-ci profilait de ses avantages, et finir par des menaces adressées aux deux partis « qu'il saurait bien écraser, » disait-il. Il parla aussi de « bloquer le commerce irlandais avec des bricks de quatre canons, » et tous ces propos, répétés au dehors, le dépopularisèrenl complètement.

Rien de plus triste et de plus décourageant que cette inconstance de la faveur publique. Lord Anglésey, durant sa première administration, avait été le favori du peuple ; il avait rappelé les succès de lord Fitz-Willîam. Maintenant, — bien que resté fidèle à ses opinions, et persistant à suivre la même ligne de conduite, — il était traité comme un autre Gastlereagh. Ses tournées officielles s'accomplissaient au milieu d un silence méprisant, d*une indifférence menaçante, que déguisaient fort mal les acclamations discipHnées de quelques régiments de ligne. Sans aucun doute, il ressentit au fond du cœur l'amertume de cette situation si nouvelle pour lui, et qu'il devait à la calomnie la plus acharnée dont un hoimne public puisse être l'objet; mais il fit bonne contenance et, rien ne trahit aux yeux de ses ennemis la douleur ou la colère que leur

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riortiphu avait pu lui Umpirar. On vit bien que le courage civil ne lui manquait pas plus que celui des champ» do batailU\

Le reprodie le plus sérieux qu'on puisse adresser h Tadministration que nous venons d^examincr, est de n'avoir pas profité do la discussion du bill do Réforme pour donner plus de votes & la représentation irlandaise. Cependanti on doit en convenir » i l'époque dont nousparlona, il était assez difficile d'en venir là ^ D'un côté, personne n'aurait osé proposer une augmentation dans le nombre des membres de la Chambre basse ; de l'autre, si l'on eût retiré trente votes à l'Angleterre pour les donner à l'Irlande, les tories auraient crié à la spoliatioui avec bien plua de raison et de succès qu'ils ne le flrent ; et, dans cette combinaison, le ministère n'aurait pu donner i la représentation des grandes villes autant de surfrages qu'il leur en falloit.

Ensuite on craignait par là d'ajouter aux forces des repealeru. Le biuit se répandait déjà qu'on allait exclure de la di'^putation irlandaise tout ce qu'elle comptait d'honnêtes whigs et de modérés. O'Connell travaillait à multiplier les adhérents parlementaires. D'autres ambitieux pointaient à l'horixon. Nous allons raconter, — par manière d'épisode, -« la singuUère histoire de l'un d'eux.

* En tomps ordinaire, sans augmenter le nombre don votes «tu Communei, rien ne aérait plua tlaolle que de donner trente voix de plua k la ropréionttttion irlandais, ai on mettait cette mesure su nombre de cenea ({ui peuvent achevtir i'csuvre de réconciliation entre loa deux paya. On n'aurait qu'à prendre aoixante pi^titti bour^H anglaia nmnmunl aujourd'hui un di^putiS niaia qu'on grouperait pur couplea h Vïminv dca ûiêtrieti'burgh» dcoaaaia; ciiacun n'aurait ptun qu'un demi repréaontant, ot l'otl attribuerait & l'irlando les trente uominationa qui relieraient ainai diiq)ouiblea.

Elle aidera nos lecteurs à bien saisir l'état dé la politique irlandaise durant les années i 832-33.

XY. — FERCrS O'CONNOR.

Depuis la révolution jusqu'au moment où le hill de Réforme a été porté, les élections du comté de Cork étaient restées entre lesmains de deux ou trois grandes familles. Les comtes de Kingston, de Shannon et de Cork y disposaient des votes, à peu près comme sir Mark-Wood dans son bourg de Gatton, ou Miss Lawrence à Ripon, dont elle nommait encore, en 1843^1es législateurs. Suivant les caprices de son bon plaisir, il pouvait arriver, — de temp^ à autre, — que, grâce au patronage de l'un de ces trois seigneurs, un whig éminent fût envoyé aux Communes; mais, en général, les suffrages étaient acquis à quelque cadet de la maison des Boyle, ou de la maison des King, inhabile à servir le pays, et, du reste, ne s'en souciant guère. On trouvait peut-ôtrè singulier que le comte de Cork, — lequel n avait pas même une résidence d'été dans le pays, et lui soutirait cependant trente mille livres sterling (750,000 fr.) de beaux et bons revenus, — désignât, comme il l'entendait, les protecteurs politiques dé cette riche contrée, — le Yorkshire de l'Irlande, comme on l'appelle ; — mais personne ne songeait à briser cet ancien joug, consacré par un usage immémorial.

Dans l'été de 1832, les whigs imaginèrent de tenir un meeting en Thonneurdu bill de Réforme, qui venait d'être adopté. Les promoteurs de cette assemblée furent de riches propriétaires, de savants légistes, de vénérables ecclésiastiques, l'élite et la fleur de l'aristocratie libérale. Le haut-sheriff du comté avait accepté la présidence. Sir

WilUain Wrixon Bêcher, — Taini de Sheridan, et le inari de la belle comédienne miss O^Neil, —ainsi que plusieurs membres du Parlement, MM. Jephson, Leader, etc., faisaient aussi partie du comité. On s'assembla dans la salle des assises ; plusieurs beaux discours sur la liberté constitutionnelle, et sur los bienfaits du gouvernement pondéré, Airent prononcés par de riches propriétaires en présence de leurs tenanciers émus et ravis, qui applaibdissaient avec enthousiasme ces décentes improvisations. 8i quelques radicaux, venus là par curiosité, no goAtaimi pas le caractt'^re niodéré de cette réunion brillante cl bien ordonnée, aucun, du moins, ne paraissait se disposer à en troubler Tbarmonie.

Vers la fin du jour, cependant, un gentUmtmy inconnu de tout le monde, sollicita du haut-shmff la pennission de prendre la parole. 11 avait environ trente ans, une figure expressive, des cheveux rouges, et quelquo chose do remarquablement audacieux dans le ton et les manières. Après avoir soutenu je ne sais quel amendement au programme de la fête, afin d*avoir le droit d*étre entendu, il improvisa tout à coup tiue des plus aixlentes philippiques auxquelles les oreilles irlandaises se soient jamais chauf* fées.

Une partie de l'auditoire (\it abasourdie; le reste parut électrisé. «Qui est-il?.... Gomment Tappelox^yous?.... » se demandait«on de toutes parts. Et personne ne pouvait répondi'e à ces questions. Tout au plus quelques habituas des assises se rappelaient^ils avoir vu le bouillant orateur assis, pendant la dernière session, au banc des avocats de Cork.

Cependant sa harangue avait fait Auteur.

Les grands meneurs whigs la donnaient à tous les diables, il est vrai; mais leur désappointement! leur frayeur,

avaient qnelque chose de ridicule qaand on les comparait à la joie dont la populace semblait animée. Les bonnes gens, en effet, avaient trouvé fort à leur goût les imprécations fougueuses du nouveau venu contre le « whiggîMae hypocrite, le ministre Grey, le lord lieutenant, et son digne acolyte, le tyran Stanley. » Ces imprécations coulaient de ses lèvres avec le bruit et la rapidité du torrent. Puis il s'était raillé de « Taristocratie à gants de chevreau, fière d*avoir dans son gousset une montre de pain d'é{Hces, cachant ses trois cheveux sous un chapeau de soie, et empuantissant Tair de ses senteurs parfumées, etc., ete...

Puis enOn, pour clore sa harangue, et accompagnant sa péroraison d'un geste menaçant, il avait annoncé Tintention formelle de i délivrer le bourg de Cork.... de détruire sa pourriture originelle. »

Jusque-là, les whigs Tavaient écouté, mécontents, mais silencieux. A ces mots, ils partirent d'un éclat de rire qui ébranla les voûtes. Une aussi folle escapade n*était-ellc pas plaisante? Pouvait*on prendre au sérieux ce personnage sans passé, sans relations, sans influence aucune, qui, s'érigeant tout à coup en candidat politique, prétendait annuler, d'un coup de son poing fermé, tons les droits acquis, toutes les créances légitimes de ceux qui tour htour, par des luttes habilement et longuement soutenues, avuent obtenu, pour l'Irlande, l'Émancipation, pour le Parlement, la Réforme? — Les radicaux eux-mêmes, confondus de tant d'audace, trouvèrent que le nouveau venu parlait un peu trop hautj et reconnurent en gémissant qu'il il'avait pas tout à fait la tète à lui. Mais, comme orateur, quelques-uns le trouvaient déjà « supérieur à (fConnell lui-même. »

Âiusi débuta Fergus O'Coiuior dans la vie politique.

(!i{9ii lui) c (M)Ml ed dèiiMftogiu^ &i nuisible i^ hiMiièiMfl «ux «alrts, c tHail TidoW f^ilur^ àm rfpmlm'^ ^ dos dmr- H^^^ — U^t idotei )ièto«! ol leur Rteu^ ^ qui vtnâil d« sii^ iiKinIriâr pour la {MVinièno fob à Ma ooudioyeiis èbdiis^

NovHi d Arthur Condorc^t O'Cmuior, et d^^seiMMfaMl d'uiH> vieilli) ri^oo roynW, il «ppariinmil à uiw» hinilto m« «^re richt^ ot puis$«iii<£^ «u $iéd<^ demi<ci\ Son ondo $« di^tiug^xM par $on <^loquouco c^l pur la xioK^nee do si^s o|ù« uious» oounuo im^ndat^ du ParbaioiU irlandais. Iinbii dos doetriuos do la Hèvoluliou h^au^^aiso» U Ait iiièlè à d^ eouapiraiious n^voluUtmuaii>^i, oU sous xiu {atouvornomonl plus ri^di\ il aui^it du^i'oiaout oxpii^ son aiuoiu" mal otH tondu pour la liboHt^ ) Mais on so coiUonta d'un oslradsiii^ Yolontaiiv» ot lo giniral O'Coiuior a dà mourir sur lo ooi^ linont

Fi^r^us, lUs do Rogor O'Connoi' (rauiour dos Ch^mkiqms JtErinU ^^^^ hérité dos mœui's assos irrègtdièi^'s do «:« liitiVatour pairioto. AxooaU mais inoocupè» il Yécul jus* qu'on ISiSâ dans uno jolio maison do oampagno qu'un paroni lui avait ICf^tèo» sans proiidro on appar^moo te moindro part aux aKhii^^ publiquos* Coinmo tout ^HU* hommo campagnard^ il ohas^ail^ ikisait oonrir, s*ocoupait d'agrioulturo» ot buvait foroo punch au whiskoy. Hais^ un b<^u jour, ootto oxis^tonoo borm^ Toirnuya^ot co Ait alors quo lo dosoc>iidant dos andons rais do Moath imagim d^ dovonir> à Tinstar do sos anoètres^ m\ « pastour d'hoiiH mos. » Nous avons vu f^omnu'nt il plongoa, la tàto on avant» dans lo torrent dos allkiros politiquos*

Il fiiut rooonnaitiv quo la naturo lui avait donné boau«^ Qoup dos qualités ossontiollos au rdio qu'il voulait jouor : uno voix vibitinto ot forto, un (Vont d'airain^ un fond iné« puisablo do vorbiago ot d'amplifloalion i— oo sont los trois conditions indis))onsablos à quieonquo vout haranguor los

Irlandais. Ajoutez*y des manières engageantes et franches, une tète chaude, un tour d'esprit aventureux et fanfaron. — Par exemple, ses mérites d*homme public se bornaient à ceux que nous venons d'indiquer. Ni discré» tion, d'ailleurs, ni tact, ni prudence. Ce qui gagne l'influence, il l'avait sans aucun doute; mais, en revanclie, il lui manquait tout ce qui aide à la garder.

Son éloquence avait ce mérite de n'être point banale et de lui appartenir en propre. Ni Sheil ni O'Connell n'avaient rien à lui redemander; et ce dernier pouvait envier à son jeune rival une sorte d'esprit ossianique, une poésie, un romantisme de bien meilleur aloi que la sentimentalité caressante dont il assaisonnait quelques-unes de ses harangues. Fergus était, à cette époque, sous l'influence d'une espèce d'inspiration mystique. Il avait beaucoup vécu dans le monde des légendes, beaucoup erré dans les solitudes, soit de son pays, soit du continent. On dit que, passionné pour le drame, il avait une certaine rénommée comme acteur de société. Puis, au lieu de traiter «d'égaux » et de « frères t les paysans qu'il voulait fanatiser, il se posait plas volontiers, vis-à-vis d'eux, comme un ancien chef de clan, au milieu de ses dociles parents. Entremêlant ses discours d'emphatiques aspirations qui rappelaient la jeune Allemagne et les réunions du Tugendbund, citant à tous propos des fragments de poésie, ajoutant à ces effets oratoires la majesté des attitudes et la grâce du geste, il n'est pas étonnant qu'il eût un grand succès auprès du peuple. — Par malheur, son habileté n'allait pas au delà. Descendu des hustings^ O'Connor n'était plus rien, et O'Gonnell reprenait sur lui une incontestable supériorité.

Malgré tout l'éclat de son début, les whigs ne s'avisereiil pas de prendre au pied de la lettre les menaces du

m nT.ONNBM ET OT.ONNOR.

nouvel Agitateur, et \U préparaient ft loialr leur candidAhtr^ anx èlactiona Ae Cork, aani alnrttiiéter d« \mv anta* goniat^ trop méprisé. Quant à lui, Adèle 6 ^a parole, et flér de rétonnem^nt qu'il avait exdtè, on le vit se mettre en campagne, lancer une adrease ronflante aux éleeleum, courir de ferme en ferme, se créer des relations avec le olergè, s'employer aetlvement & la réforme des listes où, par ses soins et sans qu'ils eussent A s'en excuser, plu* iileurs fermiers furent inscrits.

Il ne f\)t aidé, dans totttes ses démarches, que par le dédain où l'on tenait les maneauvres d'un homme sane fortune, et qui, possédant à peine 600 fi (1K,000 tt.) de revenu foncier, aspirait k représenter le premier comté d'Irlande. Les tories le trouvaient, pour cela, « très-amu* sant; » les whlgs, m trés-lmpudent ; » les r^^l^'â^ n passablement absurde, i -> Kt cependant, au bout de ti^ois mois, Fergus était, de tous les candidats, le plua sérieux, H avait profité de cette vague terreur qui plu* naît alors sur la politique européenne : il avait fait app^l A toutes les passions qtti (iirmentaient sourdement en Irlande; il s'était constitué l'interprète éloquent des griefa particuliers au comté : bref, sans autre moyen d*aotion que ses discours, il avait fÉ^ayé une voie presque sAre A son ambition. Quand O'donnell crut devoir le i^econnattre comme le candidat des rt^p^alêr» au comté de Cork, et le recommander comme tel, Ordonner n'avait ûé^h plue besoin de cet appui.

La meilleure preuve, -- c'est qu'il l'obtint.

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