‹ Originaux et beaux esprits de l'Angleterre contemporaineChapitre 4 sur 29 · V. - mSTOIllK DK U mUr.lTATION · texte numérisé non relu

V. - mSTOIllK DK U mUr.lTATION

O^ConnelI Iqi-mèmo serait fort embarrassé do nous dire par quels sentiinouts il était mû lorsqu'on i 820—16 calmo commençant à ronaltro — il lova le nouvel étendard sous lequel marchèrent ensuite les Agitateurs.

Le mot mvv.M avait été prononcé quelqtiefois dans les harangues politiques dotit I émancipation était Tobjot sérieux. Mais M. Sheil lui-mAmo déclarait, en )8SS, devant la Chambre dos Commîmes, que dans ces vague» allusions i\ rindépendance législative de l'Irlande il fallait voir tout au plus des « artiflces do rhétorique, u Un irpmlei' irlandais, un partisan de la séparation parlementaire dos deux pays» était alors ce qu'est encore aujourd'hui un républicain anglais.

O'Connell, cependant, parlant aux électeurs de Clare, leur annonçait, en juin 1828, qu'il proposerait le plus tôt possible au Parlement, où ils allaient l'envoyer , la question du repeal, MnisrAgitnIion catholique, alors à son apogée, ne permit pas que personne s'occupAt de cette promesse, soit pour l'approuver, soit pour la combattre. Il en fut de même quand O'Connell, soumis par kbill d'P^mancipation à une élection nouvollo, reparut devant ses premiers mandataires. Dans un mtu'dng tenu i\ Dublin, lo 5 juin 4820, il prononça un discours qui doit être regardé conmie sa première proclamation antiunioniste. Dix-sept joints après, il prédisait, suivant sa manière inspirée, qu'avant trois ans un Parlement siégerait è Dublin.

Croyait-il lui-même à sa prophétie ? C'est ce dont il est très-permis de douter.

enfln î — advienne que pourra, — le nouveau

brandon est jeté. L'Agitation, nécessaire au crédit politique d'O'ConnelljVa recommencer sous ses auspices. Les amis de la liberté s'effrayent. La discorde se glisse parmi les libéraux. 0*Connell, dominant lès élections, fait sortir du Parlement les plus illustres de ses anciens alliés, et les remplace par des hommes sans importance que la Chambre des Communes accueillit avec des risées, quand elle vit siéger pour la première fois ces étranges collègues. Le parti tory est triomphant, et le Libérateur lui-même, tout à coup effrayé de son ouvrage, change subitement le mot d'ordre. L'égalité de droits entre les deux pays — Equality with England! — tel est pour quelques jours son cri de ralliement. Mais le repeal, — tout insensé que ce mot parût d*abord, — le repeal convenait mieux aux vues de l'audacieux tribun. C'était là une de ces thèses absolues, une de ces paroles retentissantes, un de ces drapeaux aux vives couleurs qui saisissent, mieux que tout autre, la pensée, Foreille et les yeux de la multitude.

Le froid accueil qu'on avait d'abord fait à ces appels nouveaux ne déconcerta pas longtemps O'Connell. 11 savait par cœur « sa chère Irlande; » il était sûr de réveiller peu à peu les animosités éteintes en rattachant à l'idée de l'Union les griefs de chaque jour, en signalant le repeal comme la panacée de toutes les souffrances publiques. Il savait ce que vaut la persistance, — et comment la goutte d'eau, tombant toujours au même endroit, creuse à la longue le plus dur rocher. Enfin, il avait dans sa force une confiance justifiée déjà. Son plan de campagne fut désormais arrêté.

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