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Par le fait, on sait que les Irlandais sont généralement de grande taille. [1 y a douze où quinze ans, on produisit à Londres, dans une fête nationale, plusieurs Irlandais dont la taille variait entre sept et neuf pieds anglais.
La mythologie hibér.enne, qui parle aussi de ce Kuna qu'elle appelle Quonn où Kônn, dit que, dans une lutte qu'il soutint contre un fameux magicien, il produisit de la neige en abondance. Or, la neige s'appelle kona en langue crise, kônn en algonquin et en pied-noir, kdnn en aléoute, kannir, kannerk et kannirk dans les dialectes des Esquimaux occidentaux et septentrionaux. Nona où Xônn serait donc le dieu du septentrion, pro-
1 J.-L. Jchan, La Bretagne, Tours, 1863, Cattier, p. 276.
2 M. Gabriel Gravier, Le roc de Dighton, p. 176, dans Congrès de Na ey,t, L. 3 Les Irlandais en Amérique. À'aris, 1390, Ch, Delagrave, p. 3,
4 À pepuler history of Ireland. New-York, 1863,
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ducteur du froid, de l'hiver et des frimas, et probablement le dieu lunaire des anciens Hibériens, analogue aux divinités mâles lunaires des Innoït et des Dénè, également productrices de la neige et de l'hiver arctique.
De cette communauté d'idées, de symboles, de légendes et de coutumes, entre deux peuples également septentrionaux, on peut déduire, ce me semble, qu’ils ne s'accordèrent à comparer leur ancêtre ou leur nation respective à un castor que parce qu'ils émigrèrent et voyagèrent à la manière de cet amphibie, c'est-à-dire en allant d'ile en île, ainsi que le font encore de nos jours les Aléoutes, dans leurs fragiles barques de peau. On sait que :s Galls en faisaient usage ', et les anciens Irlandais également. Ils appelaient leurs baïdares curach.
Lorsque l’on considère les facilités de communication qu'ont eues par mer les Asiatiques ct les Malais pour passer en Amérique par la presqu'ile coréenne, l'archipel japonais, le chapelet des Kouriles et des Aléoutes, on ne trouve plus aucune difficulté dans l'interprétation de la tradition <squimaude qui nous occupe.
La plus grande distance que l'on ait mesurée entre les iles Aléoutiennes est d’une quarantaine de lieues. Les autres îles ne sont séparées entre elles que par des intervalles étroits que les naturels franchissent en canot sans difficulté. Rappelons-nous que Lapérouse vit des Polynésiens accomplir en mer des trajeis de soixante lieues marines, avec des pirogues à balancier qui n'avaient qu'un pied de largeur et autant de profondeur, et qui n'excédaient pas le poids de vingt-cinq kilos. On ne peut donc révoquer en doute la possibilité d’un passage d'Asie en Amérique par des hommes aussi habiles et intrépides sur mer que le sont les Esquimaux.
Considérons, de plus, que la chaîne des iles Aléoutiennes est semblable à une grande route naturelle à laquelle aboutiraient deux voies de grande communication, deux principales artères, l'une venant des plaines de la Tartarie par le fleuve Saghalien ; l’autre longeant l'archipel Kourilien, le Japon, la Corée, les iles Lifou-Kiéou, Formose, les Philippines et l'archipel malais jusqu'à la presqu'ile de Malacca, rt à l'Indoustan, c'est-à-dire jusqu'au cœur des contrées habitées originairement par les Celtes hindous et les Aryas. ..
t Amécée Thierry, Histoire des Gaulois. Paris, 1859. Didier et Cie, liv. [, ch. 1
2 Paul Gaffarel, Les Irlandais en Amérique, Paris, 1890. Ch. D. agrave, p. 3; d'après
César, De Belio civili, 1. 1, p. 54.
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Toutes ces pointes avancées de continents, tous ces enchainements d'iles et de terres ne sont séparés entre eux que par des détroits et des bras de mer que des navigateurs d'une science très médiocre, tels que le sont les Malais, les Malabares et les Arabes, ont parcourus en tous sens longtemps avant que Magellan en eût refait la découverte.
J'ai eu et j'ai encore en mains des preuves palpables que telle a dû être la marche des peuplades esquimaudes dans leurs migrations. Je possède des pipes, des bottes, des étuis à aiguilles, des polissoirs, des dards, des couteaux de travail et des pendeloques que j'ai rapportés de mes expéditions aux bouches des fleuves Anderson et Mackenzie, et qui sant identiques par la forme, le patron, le dessin, la coupe et l'emploi avx mêmes objets en usage chez les Aléoutes, les Ingaliks (lisez : Zngalit), les Tchouktchis, les Souffleurs, les Orochys, les Ghilliaks de l'Amour, les Malais et même les Cochinchinoïis.
Sur des tombeaux en forme de sarcophages des Esquimaux Malingméout M. Le Corre, un de mes confrères, remarqua, en 1871, des dessins de singe et d'éléphant; et l'explorateur Dall observa que d'autres dessins esquimaux étaient semblables à ceux découverts en France dans les caves de la Dordogne :.
Les traditions des Grocnlandais me fournissent également un excellent argument en faveur du peuplement par l'ouest. Elles ne parlent jamais de l'orient du Groenland, mais toujours de l’ouest ou du sud, et quelquefois seulement du nord. La contrée qui semble avoir été l'El-Dorado des Groenlandais ou Xraladlit [les Souffleurs, les Dauphins) est Akilinek, un pays situé au delà des mers, dans le Far-West, et que l’on pourrait croire avec le docteur ;1. Rink être un pays fabuleux, si mes Innoït du Mackenzie ne me l'avaient clairement désigné comme une contrée qui avoisine le détroit de Bering. Par le fait, ces Esquimaux en nomment les habitants Akilinerméout, les gens d'Akilinek. De plus, on peut se convaincre, pat les relations grcealandaises, que cette contrée était située de l'autre côté d'un détroit et à une assez faible distance des rivages d'un continent dont l'intérieur était pruplé ce Peaux-Rouges ou ÆErkiléit; c'est-à-dire sur le continent asiatique ?,
1 Alas'*a and its ressources, p. 237.
2 Dr H. Rink. Talcs and traditions of the Esxkimos. Edimburgh and London, 1835, W. Fl:ckwood and Sons, pp. 154, 2,8, 270 et 462.
Effectivement, ces mêmes traditions font mention de barques surnaturelles, d'armes en métal, de tchoupans, de rennes blancs o: lièvres de mer, et d'équipages de rennes domestiques vus à Akilinek par des Esquimaux orientaux qui s'y seraient transportés en explorateurs :. Or, on sait parfaitement qu'il n'y a en Amérique ni rennes blancs ni rennes domestiques, et que pour trouver les uns et les autres de ces animaux, dans l'ouest, il faut aller jusque chez les Kamtchadales, chez les Koriaks et les Tchouktchis-Noss, voisins des Tchoukloukméout ou Esquimaux souffleurs asiatiques.
Les vêtements en peaux de renne blanc sont des objets de luxe, aux bouches du Mackenzie, parce qu'ils viennent de l'Asie par le moyen de trocs successifs, de peuplade à peupilade, et ils coûtent très cher. Pour obtenir une blouse ou atiké en renne blanc, d'un Esquimau Tchiglerk, en juin 1877, je dus lui donner un burnous de chef arabe en poils de chameau, teint en écarlate, avec bandes dorées, plus un fusil à silex.
Enfin, les mêmes légendes groenlandaises racontent des aventures et des combats avec des Erkileït ou peuple de l’intérieur, que le docteur Rink pensait aussi être un peuple fabuleux, tandis que ce nom, ainsi que celui des Znkaleït, des Tchiglit, et des Ingaleït [au singulier Zngalik), des Malemoutes, sont une épithète collective par laquelle toutes les peuplades peaux-rouges de l'intérieur sor.t connues des Esquimaux. Il signifie lentes de poux, au Bas-Mackenzie. C'est un surnom injurieux. J'ignore ce qu'il peut vouloir dire ailleurs. Dans la bouche des Grosnlandais il a donc trait à des événements qui se sont passés lorsque ces Souffleurs orientaux habitaient encore les plages du continent américain voisines de la mer de Bering, peut-être même le détroit de même nom, et non pas le Groenland, dont l'intérieur est inhabitable et entièrement couvert de glaces éternelles.
De plus, la parfaite conformité de ces noms propres, à l'est, au centre et à l’ouest de l'Amérique, démontre l'unité de souche, de langue et de génie des peuplades esquimaudes.
L'examen des cartes les plus modernes me fournit enfin un autre argumenten faveur de la facilité des émigrations d'Asie en Amérique. C'est que le grand courant équatorial venant de Panama et qui remonte vers le Nord en longeant les côtes méridionaies et orientales du Japon, sous le nom de
t Docteur H. Rink, Tales and Traditions of the Eskimos, London, 1875, W. Blackwood and Sons, pp. 154 et 252.
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