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ñ 14 ORIGINE ASIATIQUE DES ESQUIMAUX +
. Kouro-Siva ou courant noir, se dirige vers le nord-ouest de l'Amérique. Parvenu à l'extrémité de la péninsule du Kamtchatka, le Kouro-Sivo se -bifurque ; une partie remonte vers le détroit de Bering, tandis que l'autre, se repliant contre les Aléoutiennes, redescend la côte occidentale de l'Amérique septentrionale. Les émigrants asiatiques ou océaniens ne pouvaient donc avoir de meilleur ni de plus prompt véhicule, pour les conduire aux rivages américains. Quel plus puissant auxiliaire pour une émigration malaise, japonaise ou tartare, et même pour un simple cabotage en jonque ou en baïdare! Quant à l'événement qui détermina l'apparition dans la mer Glaciale du peuple qui est devenu le peuple esquimau, ce serait peut-être le cas d'évoquer la fameuse expédition de la flotte mongole de Koublai-Khan, au xui siècle, forte de 4 000 voiles, qu' ‘1 typhon furieux dispersa à l'entrée des détroits du Japon; si cet événement n'avait déjà été mis sur le tapis si souvent, ainsi que la colonisation du Fou-Sang par des Sammanéens de Samarcande, au ve siècle de notre ère. Ce sont des questions trop vieilles et trop obscures pour être examinées de nouveau, bien que la première de ces deux dates concorde, à un siècle près, avec l'apparition des Esquimaux sur les côtes occidentales du Groenland :.
Ce qui est un fait indiscutable et que je puis considérer comme acquis à la science etnographique; ce qui demeurenettement établi par tout ce qui précède, c'est que la nation esquimaude est sortie en dernier lieu des Aléoutiennes et qu'elle a connu et pratiqué assez longtemps avant cette époque les rivages asiatiques d'Akilinerk.
Je vais confirmer ma thèse par d’autres preuves de fait.
Certains voyageurs peu observateurs où mal renseignés ont cru devoir distinguer foncièrement les Aléoutes d'avec les Esquimaux. Ils auraient dû justifier cette distinction par des preuves autres que la conformation crânienne, qui, à mon avis, est la moins indubitable de toutes, tandis au'on en trouve, au contraire, de très fortes en faveur de la communauté d'origine de ces deux peuples.
Au tatouage des Esquimaux souffleurs asiatiques, les Aléoutes joignent
! Tout juste le temps qu'il aurait fallu à ce peuple pour se rendre du Japon au Groenland, en longeant les rivag”s de la mer, et en voyageant à petites journées.
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le port des labrets, qui sont une réduction du kaliouchka de leurs voisins les Kdgout ou Kollouches, et du botoque ‘des Caraïbes Tupis et Botocudos. Ces labrets, qui sont des jumelles en os, en marbre, en serpentine ou en ivoire, et que les hommes portent insérés dans les joues, sont en usage chez tous les Esquimaux occidentaux et septentrionaux jusqu'au cap Bathurst inclusivement. Mais au delà de ce point, vers l'Est, cet ornement disparait tout à fait.
Les Aléoutes lancent la javeline à la manière des Esquimaux, c'est-àdire à l'aide d’une planchette rainée, appelée notçark, par ceux-ci et noyark par ceux-là. Une simple divergence de dialecte t.
Les Aléoutes habitent des demeures et des galeries à demi-souterraines, semblables à celles des Esquimaux souffleurs, des Kamtchadales et des anciens Celtes. Ces habitations sont éclairées de la même manière, c'està-dire par des lampes en pierre ollaire, dans lesquelles brûlent des mèches d'amiante o1 de mousse 2.
Ils se percent le septum du nez comme les Esquimaux, pour y introduire les mères osselets. Leurs femmes nouent leur chevelure au sommet de la tête, à l'instar des femmes esquir : ies.
On trouve chez les deux peuples la même lubricité de mœurs, les mêmes nudités, la mème promiscuité des sexes et des âges, la même hideuse institution des tchoupan ou arnatc'ouk, voués dès l'enfance aux abominations de Sodome à.
Ils ont les mêmes vêtements, les mêmes barques et pirogues de peau. Enfin leur langue appartient à la mème famille et contient unëé foule de locutions purement esquimaudes.
A la vérité, les Aléoutes ne se donnent point le nom d'Znnoïfr, comme les Esquimaux à labrets; ni celui de Énouït, comme les Souffleurs. D'après Von Baër, leur nom serait T'agout. Mais précisément ce nom se rapproche de celui des Esquimaux de la baie d'Hudson, qui ëst A gout; de celui des Noucherkakméout, qui est Agiout; du nom des Kollouches, Xégout ; de celui des Kouskoutchéwak ou Tchouktchis amiricains, Yagout; enfin du nom des Yokoultats américains et des Yakoutes asistiques, qui est Yakout 4.
1! W.H. Dall, Alaska and its ressources, p. 388.
2 bidem, p. 387.
3 /bid, p. 402.
4 Sir John Rictardson, Arctic Scarching Exp:dition.