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Chez tous ces peuples, le nom national est Agout, avec un préfixe, k, t ou y; encore une simple différence dialectique. Et chez tous il a la signification d'hommes. Nous avons vu plus haut que les Tchouktchis asiatiques se nomment eux-mêmes T'atchout, ce qui signifie également les hommes.
La seule objection que l'on pourrait peut-être élever contre l'identité de nationalité entre les Aléoutes et les Esquimaux nous est fournie par M. de Humboldt. Alors que les Esquimaux ou Innoïit prétendent provenir du nord-ouest du continent américain et des parages du détroit de Bering, Alexandre de Humboldt affirme que les Aléoutes se donnent eux-mêmes le nom de peuple de l'Orient, Kagataya Koung 1.
Je réponds à ceci : 1° que le témoignage de Von Baër combat et détruit l'opinion de l'illustre prussien; et 2° que M. W. H. Dall établit que les Aléoutes se divisent en Orientaux ou Ounalaskans, qui habitent les iles américaines ou des Renards; et en Occidentaux ou Atkans, qui peuplent les iles asiatiques ou des Castors. Or, c'est des Ounalaskans que Humboldt a porté le témoignage ci-dessus, sans ajouter toutefois qu'ils revendiquent une provenance orientale. N'est-il pas naturel qu'une population qui habite à l'est d’un pays quelconque prenne le nom de peuple de l'est ? Telles sont les expressions Ponentais, Méridionaux, Occidentaux que l'on emploie en parlant des Européens qui habitent actuellement au nord, au midi ou à l'ouest de l'Europe; ce qui n'implique nullement qu'ils en tirent leur origine première. Tels sont, en Amérique, les Abénakis, qui se donnaient aussi le nom d2 peuple de l'est, parce qu'ils habitaient à l’orient de l'entière famille hilliné, à laquelle ils appartiennent.
Ilen est tout au‘rement lorsque des peuples qui habitent au nord et à l'est d'un continent, tels que les Dindjié, les Dèné, les Tchiglit, s'obstinent à désigner l'ouest comme le point de l'espace d'où ils sont venus et où se trouve leur patrie primitive. Ce témoignage nous convainc et nous oblige à conclure à l'origine asiatique de ces peuples.
Donc, l'objection que l'on pourrait élever sur cette affirmation de Humboldt n'est pas sérieuse et ne saurait soutenir l'examen. Ù
Hooper et Dall ont observé que les Esquimaux souffleurs s'aplatissent artificiellement le crâne, comme les Kollouches, les Caraibes et la généralité des peuples touraniens.
! W. H. Dall, Alaska and its ressources, p. 385,
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Ils se tatouent également la face, à l'instar des Aïnos, des Japonais, des Yakoutes, de certains Polynésiens et des anciens Pictes. Ils portent une large tonsure monacale comme les bonzes, les Tchiglit et les Danites Tchipypewayans !. [ls se repaissent sie la chair du chien, comme les Chinois, les Sioux et les tribus hilliné, Enfà, ils sont aussi peu prolifiques que les autres Esquimaux.
Quant au costume dr Sonffleurs, il est absolument semblable à celui des Aléoutes, des Koriaks &t des Esquimaux, à peu de différence près. Il ressemble aussi à l’accoutrement des Kenaiïtzes et des Ingalit ou Danites occidentaux, que leurs frères de l'est et du nord appellent pour cette raison Dindjié anakren, Loucheux :squimaux. Je vais prouver, par le témoignage des navigateurs, que les Kouriliens, les Orochys et les Ghilliaks rentrent dans la même famille et que celle-ci doit beaucoup aux Japonais et aux Malais, par voie de métissage.
Les Kouriliens, dit Steller, participent autant des Esquimaux, leurs parents du nord-est, que des Japonais, leurs voisins du sud. [ls vont nus, en été; ils se peignent le corps, se nourrissent de la chair des animaux marins, se servent de bédares et de kayaït couverts en peau. Ils font usage de raquettes, habitent sous des yourtes, en hiver, et dans des balanganes, durant l'été. Leurs haches, leurs pipes, leur chaussure et leurs vêtements sont les mêmes que ceux des Kamtchadales, des Aléoutes et des Esqui maux. Les traits des Kouriliens eux-mêmes participent à ceux des Esquimaux et des Japonais, « et tout porte à croire, conclut-il, que cestrois peuples ont eu la même origine, » Seules, les langues de ces peuples diffèrent entre elles; une divergence qui d’ailleurs ne prouve rien contre l'hypothèse d'une origine commune, puisque personne ne saurait nier qu'il existe une étroite parenté entre beaucoup de peuples américains, sans que pour ce'a il y ait plus de rapports dans leurs vocabulaires respectifs qu'avec ceux des peuples appartenant à d'autres continents.
Au delà de l'archipel des Kouriles, vers l'ouest, on rencontre la grande ile Saghalien ou Tarrakaï, dont les habitants se aomment Khillini, et que l'on appelle vulgairement Orochys, Ghilliaks, Peaux-de-poisson. Ce sont des Tartares-Mandchous. Le portrait que Lapérouse a tracé de ces naturels
1 De nos jours, cette coutume est tombée en désuétude chez ce dernier peuple; mais entre 1862 et 1865 je vis encore beaucoup de Danites largement tonsurés. Les Ticbglit continuent à porter la tonsure.