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peuvent varier considérablement d’un envoi à un autre. D’après l’auteur, il est à peu près impossible de différencier la résine propre, c’est-à-dire celle contenue dans le latex, de celle provenant de l'oxydation du produit.
La composition chimique que nous venons de voir nous montre que le caoutchouc s’éloigne considérablement des gommes et des résines. Le terme de gomme élastique, qui est le plus ancien, n’est donc pas exact; quant à ceux de résine, de gomme et de gomme-résine que l’on rencontre encore dans certains ouvrages, ils sont tout à fait impropres et doivent être rejetés.
Le caoutchouc brûle avec une flamme fuligmeuse, en répandant une odeur spéciale désagréable. Une des prcpriétés remarquables du caoutchouc est la facilité avec laquelle il s’unit au soufre au-dessus de 100°; ainsi traité le caoutchouc est dit vulcanisé et l'opération porte le nom de vulcanisation. Le soufre uni au caoutchouc rend celuici moins soluble, moins fusible, mais son élasticité se conserve à des températures beaucoup plus basses. L’addition au caoutchouc de colle précipitée, avant la vulcanisation, empêche, paraît-il, celui-ci de devenir dur et cassant”’.
La vulcanisation a été découverte en 1838 par Ch. Godyear. En augmentant la proportion de soufre (50 p. 100 environ) Godyear (en 1852) obtint vers 150° une substance spéciale dite caoutchouc durci où ébonite; c’est un corps dur, cassant et susceptible de prendre un beau poli; ses propriétés physiques et chimiques ne ressemblent en rien à celles du caoutchouc naturel; l’ébonite colorée prend le nom de vulcanite.
1. Brevet pris à Paris, n° 255,993, 13 avril-2% juillet 1897.
Enfin en durcissant le caoutchouc avec de la magnésie, Turpin obtint un produit ressemblant à livoire; c’est Pivoire végétal qu'il ne faut pas confondre avec celui fourni par les graines du Phytelephas macrocarpa R. et P. (Palmiers). En traitant par le chlore une solution très concentrée de caoutchouc on obtient un nouveau produit qui est livorre artificiel qu'on nomme encore éburite.
Enfin les tapis de linoleum, dont l’usage est si répandu aujourd’hui, sont obtenus en collant sur de la toile grossière des feuilles laminées de kamptulicon; ce kamptulicon est un mélange de liège en poudre et de caoutchouc. On recouvre le tout de plusieurs couches d’huile de lin cuite.
À la suite des dérivés du caoutchouc naturel je. dois mentionner les succédanés naturels et factices :
1° La corrongite ou caoutchouc d'Australie ou encore caoutchouc fossile, élatérite; c’est une matière bitumineuse, molle, élastique, dont la densité varie de 0,982 à 0,990; on la rencontre en gisements assez importants dans les sables de Coorony et d’Adélaïde dans le sud de Australie; elle existe en faibles quantités aux environs d'Angers et de Newhaven (É.-U. C’est un hydrocarbure dont l’origine est encore très discutée. Il a été découvert en 1797 à Castleton:.
2° Les caoutchoucs factices, qui sont aujourd’hui en nombre considérable et font l’objet de nombreux brevets tant en France qu’à l’étranger.
Leur origine remonte aux expériences de Saac (1846) et de Zonas (1848). Tantôt ils sont ajoutés au caoutchouc naturel auquel ils donnent une onctuosité et une légèreté
1. Fausas pe Sair-Foxp, Voyage en Angleterre et en Écosse. 1797.
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souvent utiles, tantôt ils sont employés seuls. La plupart des caoutchoucs factices sont préparés au moyen d'huiles diverses oxydées, épaissies par une cuisson prolongée, souvent en y introduisant des matières oxydantes telles que des bichromates comme dans le procédé Napier- Ford, ou bien de la litharge. Pour en donner simplement une idée, je rappellerai le procédé du docteur J. Altschul* qui consiste à traiter les huiles contenant un reste d’hydrocarbure non saturé par le soufre à une température de 140 à 160° et à transformer les produits d’addition ainsi obtenus en produits de condensation solides au moyen du chlorure de soufre. D’autres factices sont fabriqués avec des huiles végétales, du goudron et de Pacide azotique? ou bien avec des substances résineuses telles que jeunes pousses et cônes de pin traités par l’acide sulfurique au cinquième.
Tout le monde connaît les nombreuses applications du caoutchouc : on fait aujourd’hui une quantité d'appareils de chirurgie ou d’orthopédie soit en caoutchouc pur (feuille anglaise), soit en caoutchouc vulcanisé : urinaux, genouillères, bas, pessaires, poires, etc., ete. On l’a même employé à l’intérieur sous forme d’électuaire (caoutchouc térébenthiné de Hannon) dans la phtisie pulmonaire. Ses applications sont de jour en jour plus nombreuses, mais c’est surtout à l’invention de la bicyclette et de l’automobile qu’il faut attribuer l'énorme impulsion donnée en ces derniers temps à son industrie.