Mémoires de l'Académie des sciences, 1751, p
Il interrogea des indigènes, leur offrit des présents et surtout du tafia qu’ils acceptèrent avec enthousiasme..., mais ils ne livrèrent pas leur secret. Il fit alors des essais, et «en mêlant les sucs du Mapa, arbre commun à Cayenne, et d’un figuier sauvage, nommé Comacaï par les Portugais », il parvint à former une espèce de courroie semblable à du cuir, non élastique mais souple. Le latex du Comacaï additionné de celui du Couma* lui donna un produit plus parfait; le latex du Pao comprido ou bois long donnait un produit non élastique, ne se ramollissant pas par la chaleur. Ce n’était toujours pas le caoutchouc de de La Condamine. Enfin le hasard le servit à souhait et 1l finit par apprendre des Indiens Nouragues, fugitifs des missions portugaises de Mayacavé, que la plante à caoutchouc est très commune dans leur pays.
N’osant s’aventurer à plus de 150 kilomètres dans une région aussi inhospitalière, il eut l’ingénieuse idée de se faire représenter tant bien que mal le fruit de l’arbre par des moulages en terre glaise que lui firent les Indiens; il avait appris d’eux que la feuille ressemble à celle du mamhot. Il envoya de ces moulages dans toutes les directons de la colonie, à la Comté, à Aprouague et à Oyapok, et bientôt il apprit qu’un colon en avait trouvé un pied. Il partit de suite avec une escorte à l’endroit indiqué; on était fin octobre, c’est-à-dire fin de Pété; la sécheresse avait été longue, aussi le latex qu’il recueillit sécha vite; € en six Jours de temps il n’en put ramasser que de quoi faire une paire de bottes et quelques autres petits ouvrages comme seringues, boules élastiques et bracelets ». Fresnau n’était pas botaniste, aussi la description