Loc. cit., p
2. Depuis cette époque, Sérullas a retrouvé l’/Zsonandra quitta Hooker, mais l'exploitation avait cessé depuis longtemps.
3. Dr L. Brasse, « Etude sur la gutta-percha ». La Lumière électrique,
subsütutions sont faites habilement, les industriels trop confiants sont exposés à de sérieux mécomptes.
Séligmann-Lui pense que la quitta commerciale est un mélange de deux parties de Gutta derrian (Palaquium oblongifolium Burck?) et d’une partie de Gulta sundecl: (Payena Leeri Benth.). Ce mélange est loin d’être le seul pratiqué comme semble le laisser croire cet auteur. D’après le D' Brasse, les sortes qui proviennent de Sumatra sont fournies par le latex du Palaquium oblongifolium plus ou moins mélangé avec ceux du Payena Leerii et du Bouhä-balam, arbre encore indéterminé ; les sortes dites : Assahan, Tringanu et Pahang white (quitta blanche de Pahang) seraient certainement des mélanges des latex de Payena Leerü et du Bouhä-balam. I ne croit pas que les sortes Bagan et Pekan proviennent d’un Palaquium.
Les qutta-percha de Bornéo ne semblent pas non plus être fournies par des Palaquium, si l’on en croit le rapport Leys (consul général des provinces britanniques). En effet, le latex que l’on y exploite est assez fluide pour être recueilli dans des vases, des feuilles, des noix de coco, etc., et doit être coagulé par une ébullition d’une demi-heure dans l’eau.
Les sortes désignées sous le nom de Coti, Bulongan, Sadak:an, Kotaringin, Banjermassin forment les sortes dites Macassar.
Avant que le commerce de la qutta-percha n’ait pris l'importance qu'il a aujourd’hui, les indigènes lhvraient parfois ce produit sous forme de figurines représentant des crocodiles, des serpents, des oiseaux, des quadrupèdes, etc.; ils confectionnaient aussi avec de la guttapercha toutes sortes d'articles qu'ils allaient vendre dans les villes : cravaches, cannes, seaux, cruches, etc. En 1845,
Liverpool a reçu une cargaison de ces articles venant de Singapore. Un certain nombre ont figuré à l’exposition de 1851 (Londres).
Ces objets sont introuvables aujourd’hui, et les Malais, au lieu de mouler des figurines, font au contraire des blocs dans lesquels ils peuvent dissimuler des corps pesants.
Le D' Brasse, à qui J’emprunte les descriptions qui vont suivre, distingue dix-neuf sortes de quita-percha.
Il passe sous silence les nombreux mélanges hétéroclites qui arrivent journellement sur le marché, dans lesquels les Chinois font entrer tous les fonds de cale et de magasins. Il a puisé les documents sur place, auprès d’importateurs ou de commerçants de Singapore très au courant de la question. Parmi les sortes suivantes, on peut encore parfois distinguer des qualités, suivant la quantité d'impuretés et d'humidité.
PAHANG (État de Pahang, côte orientale de la péninsule malaise). — Pains en général petits, ceux en poire ne pesant pas plus de 500 grammes à 1 kilogramme. Ceux aplatis, à base rectangulaire, allant jusqu’à 3 kilogrammes au plus. Couleur jaunâtre, rarement rougeâtre, tirant le plus souvent sur le verdâtre; surface très lisse. Coupe blanc jaunâtre, très rarement jaune rougeâtre, intérieur compact, rarement feuilleté; peu de matières ligneuses étrangères. Première qualité.
SADAKAN (nord-est de Bornéo). — Pains de 2 kilogrammes en parallélipipèdes plats ou allongés en forme de bateau, à angles vifs; quitta moulée. Peu de fragments d’écorce, couleur jaune clair. La quitta paraît cependant avoir été laminée avant le moulage. Bonne qualité.
SORTES COMMERCIALES. 213 MARAGULAI (origine géographique inconnue). — Pains très plats de 1 kilogramme et moins ou en fuseaux aplaüs ou de section carrée de 3 à 4 kilogrammes. Couleur blanc grisâtre, taches plus grises, aspect corné. Pas de fragments d’écorce informes disséminés dans la masse, mais morceaux de 1 centimètre cube environ, tous de même forme, nettement séparés et certainement surajoutés. Gutta très dure.
BAGAN (entre Malacca et Singapore ?). — Pains en forme de poire de 2 à 3 kilogrammes, ou de carotte de 6 à 8 kilogrammes sans fragments d’écorce disséminés ou du moins en présentant très peu. Couleur vineuse, toucher savonneux à froid et à chaud, coupe plus ou moins anfractueuse ; beaucoup de trous dans la masse provenant de la non-juxtaposition parfaite des fragments réunis pour former un pain. Odeur d’opium.
BANJERMASSIN (sud de Bornéo). — Boudins de 80 centimètres de long sur 10 à 15 centimètres de diamètre, arrondis aux extrémités ; ou bien parallélipipèdes de 50 à 6o centimètres, à angles vifs, en forme de saumon de plomb portant sur ses deux faces opposées des sculptures représentant un monstre ornemental sur une face, des feuillages sur l’autre. Beaucoup dé fragments d’écorce ; aspect spongieux. Coupe rouge saumonné, feuilletée, surface exterae plus ou moins brune et même noirâtre. Gutta très dure.
KOTARINGIN (sud de Bornéo). — Fuseaux pointus aux deux bouts, à section carrée ou aplatie, de 1 à 2 kilogrammes; ou bien parallélipipèdes de 3 à 4 kilogrammes,
à extrémités un peu atténuées et arrondies. Couleur plus claire que la précédente, beaucoup moins de débris ;
aspect feuilleté.
PEKAN (État de Pahang). — Pains d'environ { à 5 centimètres d'épaisseur, pesant 2 à 5 kilogrammes. Surface brun rougeâtre foncé, pruineuse, paraissant moisie. Coupe rouge vineux, très homogène, pas beaucoup d’impure-
tés. Gutta peu dure.
SARAWAK (nord-ouest de Bornéo). — Pains spongieux, pas très pesants, en raison de leur volume quand ils sont très secs, excessivement chargés de fragments d’écorce ; surface verruqueuse, réticulée, avec écorces d’un brun terreux; coupe jaune rougeâtre avec veines blanches. Très bonne qualité.
PONTIANAK (sud-ouest de Bornéo). — Blocs de 5 à 10 kilogrammes, très spongieux, chargés d’impuretés, couleur jaune rougeâtre ; même coupe que la précédente, veinée de blanc ou de gris. Très bonne qualité.
PADANG (ouest de Sumatra). — Blocs en forme de parallélipipèdes, très aplatis, de 2 kilogrammes environ, portant un cachet d’origine; ou bien pains plus volumineux, pesant Jusqu'à 30 kilogrammes. Tous ont une couleur jaune rougeâtre très marquée et renferment une grande quantité de débris; la coupe est de même couleur que la surface et présente une disposition feuilletée très nette. Gutta dure.
SARAPONG ou SOUNI (est de Sumatra). — Sous le nom
de Souni on comprend une série de mélanges fabriqués par les indigènes de Sumatra. Ces mélanges contiennent des proportions variables de qutta rouge et blanche. Voici une formule que Séligmann-Lui à vu exécuter :
Gutta pouteh (Bouhà-Balam) ?
Gutta derrian (Palaquium oblongifolium Burck).
Gutta sundek (Payena Leerir Benth.).
Pains ovoïdes, à extrémités atténuées en pointes mousses, de 500 grammes.à 1 kilogramme, tous de même grosseur; surface extérieure rugueuse, terreuse; coupe homogène, blanc jaunâtre, très propre. Deuxième qualité.
SIAK (est de Sumatra). — C'est aussi une qutta du genre Souni. Pains en forme de rondins, de 2 à 3 kilogrammes, renflés vers le milieu, jaune rougeâtre à l’extérieur, de teinte plus claire à l’intérieur, très chargés d’é-
corces, aspect feuilleté. Sorte inférieure.
BOLUNGAM (est de Bornéo). — Pains de forme variable, en massue terminée par un œil produit en repliant la partie amincie de la massue sur le corps de celle-ci en faisant plusieurs tours. Petits pains de 2 à 5 kilogrammes (ce sont les meilleurs) ou gros pains pesant jusqu’à 30 kilogrammes. Surface extérieure noirâtre, presque fuligineuse, noueuse comme une massue mal équarrie, coupe blanche ou violacée, laissant exsuder un suc qui se concrète immédiatement à Pair sur le couteau; aspect feuilleté, qutta très propre mais fraudée avec des morceaux d’écorce volumineux, de 5 à 20 grammes, tous de même forme et de même nature, provenant très probablement de Parbre producteur. Ils sont tous trop semblables pour. ne pas appartenir à une même espèce et comme ils ne
manquent jamais, ils appartiennent certainement à une espèce qui se rencontre partout dans le voisinage de Parbre à qutta et vraisemblablement à celui-ci. Gutta dure.
COTI (est de Bornéo). — Pains tous de même forme, en rondins de 80 centimètres et de 5 à 15 centimètres de diamètre, formés en roulant une feuille mince. Les extrémités du rouleau sont rentrées à la main; elles gardent la forme des doigts qui ont pétri la qutta encore chaude. La surface a un aspect réticulé, les mailles du réseau sont remplies par des fragments d’écorce, cependant pas très nombreux; couleur jaune ou jaune rougeâtre, coupe nettement feuilletée, d’un blanc jaunâtre ou grisâtre; laisse, comme le Bolungam, exsuder un suc visqueux.
Quelques rondins portent une marque; ils sont un peu rougeâtres extérieurement et à la coupe, beaucoup plus riches en débris d’écorce, mais de meilleure qualité que les autres. Gutta dure.
COTOMAN (origine géographique inconnue). — Petits pains aplatis ou en forme de torsade de 2 à 3 kilogrammes, surface extérieure très lisse, coupe très blanche, laissant échapper un exsudat visqueux; odeur de fromage fait. Très propres mais très aqueux (30 p. 100 d’eau). Guita dure.
KELANTAN (nord-est de la péninsule, au nord de Pabang). — Sous ce nom on désigne deux sortes de qgutta; l’une présente un aspect particulier qui montre qu’elle est bien telle qu’on l’a récoltée, c’est la gutta vierge. L’autre est formée de deux parties, une de qualité infé-
SORTES COMMERCIALES. 217 rieure au centre, recouverte à la périphérie d’une couche meilleure.
La qutta vierge se présente en pains de 500 grammes à 1 kilogramme, en forme de pelotons de ficelle analoques aux caoutchoucs d'Afrique en boules. Nous ne savons rien du mode de récolte que dénote cet aspect. Récente, la quitta est rosée, d'aspect cireux, très ners veuse; plus ancienne, elle est d’un blanc crayeux et friable. Gutta peu dure. Le
PAHANG WHITE (État de Pahang). — Gros pains arrondis, en boules plus grosses que la tête. Gutta blanche, crayeuse, friable, la surface du pain souvent formée d’une couche de qutta nerveuse d’une épaisseur de quelques millimètres. Les pains frais ont une odeur de fromage fort. Gutta dure.
ASSAHAN (nord-est de Sumatra) et TRINGANOU (nordest de la péninsule, au nord de Kelatan). — Même aspect et mêmes propriétés que la précédente.
BOUHA-BALAM (partoul). — Gutta produite par un arbre non décrit qui pousse dans les parties marécageuses des contrées à quita. On ne peut la travailler seule, elle est trop collante ; elle sert à frauder un-peu toutes les sortes.
Parmi les nombreuses sortes qui se rencontrent sur le marché de Singapore, le D' E. Obach" en distingue douze qui sont typiques et qu'il range en quatre classes, d’après leur qualité.