‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 18 sur 108 · DC · texte numérisé non relu

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e Pubescens Müll. Arg. = //. pubescens Nees et Mari.

*Rio.

Il a la même origine botanique que le précédent et arrive en plaques prenant la forme des caisses qui le contenaient; il est blanc rosé à la coupe et laisse 25 à 3 o p. 100 de perte.

*• Report on the caoutchouc 0/ commerce. Londres, 1872, p. 23.

LE CAOUTCHOUC

Maranaham ou Maranham (Brésil).

Il est encore fourni par le même arbre et ressemble au Pernambouc; il est arrivé en France vers la fin de 1882. Il renferme moins de poches que le Pernambouc et ne perd généralement que 20 à 25 p. 100. F. Morellet a pu analyser le liquide contenu dans une de ces cavités et y a trouvé du sucre et de l’acide sulfurique qui sert à le coaguler.

Bahia (Brésil).

D’après le même auteur, ce caoutchouc serait le produit du Hancornia speciosa, var. minor Müll. Arg. Il arrive en masses ou en plaques pouvant peser 1 5 kilogrammes ; il est humide et adultéré par des morceaux d’écorce et du sable ; il est peu estimé et perd souvent plus de 5 o p. 100 de son poids. Le mode de coagulation employé est des plus rudimentaires ; le latex est abandonné à lui-même dans des récipients et la masse qui surnage au bout d’un certain temps est exprimée plus ou moins bien ; aussi présente-t-il de nombreuses alvéoles contenant non seulement de l’eau mais aussi du latex non coagulé (F. Morellet).

A la suite des caoutchoucs du Brésil, on peut mentionner ceux qui nous arrivent, en très faibles quantités il est vrai, des provinces de Espirito Santo, Rio de Janeiro et de Minas Geraës. Dans cette dernière région, H. Gorceix 1 a signalé le Gamaleira; c’est un Ficus qui fournit des quantités assez considérables de caoutchouc et que

1. H. Gorceix, « Minas Geraës, sa situation, scs ressources, sa population ». Bulletin de la Société de géographie commerciale de Paris, t. Xllh 18 novembre 1890.

SORTES COMMERCIALES. 49

l’on rencontre en compagnie du Massarandoubci qui est le Mimusops data Allem.

*État de Saint-Paul 1 .

Ce caoutchouc n’arrive guère encore sur les marchés européens, mais tout porte à croire qu’il y prendra bientôt sa place parmi les sortes de l’Amérique du Sud. Il se présente soit sous forme de pains de i kilogramme et demi à 2 kilogrammes, soit en plaques de 60 centimètres de long sur a 5 de large et 1 centimètre et demi d’épaisseur; il est d’une couleur noirâtre à l’extérieur et laisse exsuder à l’état frais un liquide jaunâtre; il laisse 20 p. 1 00 de perte ; c’est une qualité inférieure.

Il est produit par le Hancornia speciosa Midi. Arg. ; la coagulation a lieu jpar l’alun ou le sel marin, puis la masse est séchée au soleil; il vient des régions de Saô Paulo, Saô Simaô, Araraguara, Casa Branca, Ribeiraô Preto, etc. Toute la récolte est centralisée à Santos.

Les caoutchoucs de Bolivie sont identiques comme forme, préparation et origine botanique à ceux de Para. La plus grande partie passe par le Brésil où elle est transportée par les vapeurs qui font le service du Rio Madeira (affluent de l’Amazone). San Antonio, limite de la navigation, est aujourd’hui réuni à Villa-Bella par une ligne de chemin de fer.

Garthagène (Colombie) 2 .

Cette sorte se présente tantôt sous la même forme que

1 • « Culture de la Mangabeira dans l’Etat de Saint-Paul ». Revue coloniale, jcr décembre 1898, p. 201.

a. La République de Colombie a porté autrefois les noms de Nouvelleùrenade, États-Unis de Colombie, suivant les vicissitudes politiques.

LE CAOUTCHOUC

le Nicaragua (voir plus loin), tantôt en masses volumineuses atteignant ioô kilogrammes, formées de plaques superposées ou par l’agglomération de lanières (en scraps) d’un brun foncé. Il est assez pur et estimé et laisse 20 ' p. 100 de déchets. C’est le caoutchouc Essequebo, fourni par les Hevea membranacea Müll. Arg., Hevea paucijlora Müll. Arg. et Hevea rigidifolia Müll. Arg.

F. Morellet décrit sous le nom de caoutchouc de la Nouvelle-Grenade des masses assez volumineuses produites par des larmes de latex, de couleur blonde, généralement translucides et agglomérées. Ce produit serait fourni par VUrostigma Prinioïdes Miq.

Une autre sorte, plus ancienne et qui rappelle le Guayaquil en planches (voir plus loin) est due au Castilloa elastica Cerv.

D’après Posada-Arango 1 on exploite activement en Colombie YExcæcaria gigantea Pos. Ar. (Euphorbiacées) qui fournit un caoutchouc assez blanc, ce qui lui a Valu le nom de caucho blanco dans le pays. La coagulation du latex a lieu à l’air libre et la récolte se fait par incisions après abatage. L’auteur ne donne aucun renseignement sur la forme commerciale et la qualité du produit obtenu.

Ciudad Bolivar ( Venezuela ).

Tout le caoutchouc récolté dans le Venezuela est concentré à Ciudad Bolivar. Les procédés de récolte et de coagulation sont les mêmes que dans l’Amazonie ; aussi le caoutchouc du Venezuela est-il souvent confondu avec

i. Posada-Arango, « Note sur un nouvel arbre à caoutchouc ». BuW in de la Société botanique de France, 1880, p. 3io.

SORTES COMMERCIALES

le Para dont il a l’aspect; les pains sont généralement de a 5 livres. On ne récolte, d’après plusieurs explorateurs*, que le latex des Hevea qui sont surtout abondants sur les rives du Guainia et du Rio Negro vénézuéliens; parfois, dans un but de fraude, les indigènes y ajoutent le latex du Pindare et du Massarandu, au grand détriment de la valeur du produit. On n’exploite pas les nombreuses espèces à caoutchouc qui se rencontrent dans la même contrée, telles que : Sapium biglandiilosum Midi. Arg. (qualité inférieure), Galotropis procera R. Br., Ficus nymphæifolia L. èt Ficus radula Willd. Ces Ficus qui croissent en petits groupes ne pourraient probablement pas se prêter à un travail assez rémunérateur.

Pérou.

Parfois cette sorte ressemble au Para. Le plus souvent elle arrive sous forme de blocs volumineux, très noirs à l’extérieur, à surface raboteuse. A la coupe, ce caoutchouc est assez poreux, jaunâtre, puis gris ardoisé au bout d’un certain temps ; il est assez estimé et laisse 25 à 3 o p. ioo de déchet consistant en eau et en sable. La coagulation a lieu à l’aide du suc du Sachamote ou de l’eau de savon.

Les larmes coagulées au bord des incisions faites sur le tronc, après l’abatage, sont réunies en pelotes et forment la sorte dite Sernambillo.

Les caoutchoucs du Pérou sont fournis par des Hevea sur les confins du Brésil, et, en s’avançant vers la Cordillère, par le Hancornia speciosa Midi. Arg., le Camer o.ria latifolia Jacq. et peut-être aussi le Cecropia peltata L.

i. Ph. Rousseau, J. Chaffanjon, déjà cités.

LE CAOUTCHOUC

Le Pérou est le pays qui fournit le plus de caoutchouc après le Brésil.

Guayaquil (République de l'Équateur).

Il se présente en lanières enroulées, de 3 mètres de long au plus, ou en planches de i mètre de long, x à 5 centimètres d’épaisseur et 5 o à 70 centimètres de large. Il est très humide et très impur, d’une couleur noir verdâtre. Les planches contiennent de nombreuses poches à eau et du sable. Ce caoutchouc est dû au Gastilloa elastica Gerv. de la région occidentale de la Cordillère. Dans la région orientale, on retrouve des Hevea et des Hancor nia.

Cayenne.

Le caoutchouc de Cayenne n’est cité ici que pour mémoire ; il ne devrait pas figurer parmi les sortes commerciales, tant est faible la quantité qui nous en arrive. Les Hevea croissent en abondance à peu près partout dans les Guyanes. IL Goudreau et Geoffroy ont depuis longtemps montré à l’indifférence des colons cette source de richesse inépuisable; mais le colon a la fièvre de l’or et préfère tenter la fortune, à travers mille périls, dans les placers du territoire contesté. La hausse des prix, en 1 883 ,n’a même pas stimulé le zèle des récolteurs et cependant, d’après l’opinion d’un membre du comité de l’Exposition de la Guyane, 5 ,000 hectares plantés en arbres à caoutchouc rapporteraient 8 millions par an '.

1. E. Geoffroy, « Rapport de mission à la Martinique et à la Guyane »• Annales de l’Institut colonial de Marseille, 1897, p. 64-

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