II. — Côte orientale
Sur la côte orientale lès lianes à caoutchouc se rencontrent au-dessous du a 5 e parallèle sud, à partir de la baie de Sainte-Lucie, dans le Zoulouland. Le D r Kirk a trouvé dans le bassin du Zambèze le Landolphia Kirkii Th. Dyer et le L. Petersiana Th. Dyer ( Mtolia ou Matata-bonsa des indigènes). Au nord du Zambèze on rencontre encore le L. senegalensis DG.-, dont le latex n’est employé que pour faire des gluaux pour la chasse aux petits oiseaux.
1. D’après une étude de A, G. Moller, inspecteur du jardin botanique de Coïmbre. (Revue coloniale, 1897, p. i 44 -)
SORTES COMMERCIALES
Caoutchoucs de Mozambique.
Ces caoutchoucs n’arrivent en certaine quantité sur les marchés européens que depuis 1873 et se présentent sous plusieurs formes :
1 0 En fuseaux (bobines ou fuseaux de Natal) formés de filaments tantôt rosés, tantôt brunâtres, enroulés autour d’une petite baguette dé bois; les fuseaux peuvent atteindre 1 5 centimètres de longueur sur 3 à 4 centimètres de diamètre. Us constituent un produit très pur, d’excellente qualité. Beaucoup de fuseaux, suivant qu’ils sont plus ou moins fraudés, laissent de 10 à a5 p. 100 de déchet.
Us sont coupés par le milieu pour s’assurer si le collecteur n’a pas exagéré à dessein les dimensions de la baguette centrale, car les noirs sont passés maîtres dans l’art de tromper l’acheteur. On lira avec intérêt, dans l’ouvrage de Chapel, page 2^9, les ruses plus ou moins ingénieuses qu’ils ont employées successivement pour falsifier ce produit. D’après le même auteur, les filaments noirs sont dus au Landolphia Petersiana Th. Dyer et les roses au L. Kirkii Th. Dyer;
2° En boules; ce sont des boules de 2 à 4 centimètres de diamètre, formées de filaments pelotonnés. A la coupe on aperçoit des couches concentriques très minces, d’un blanc rosé et brillantes lorsque le produit n’est pas mélangé de sable; i 5 à a 5 p. 100 de déchet suivant le degré d’humidité;
3 ° En rnarbles; ce sont des pelotes de filaments enroulés, pouvant peser jusque i, 5 oo grammes; à la coupe les filaments sont de couleur blanche, rosée ou noirâtre. Cette
LE CAOUTCHOUC
sorte est généralement très humide et perd de ce chef environ l\o p. ioo de son poids.
Zanzibar.
Ce caoutchouc a la même origine botanique et le même aspect que celui de Mozambique. Le caoutchouc de Zanzibar ne provient pas seulement des immenses forêts qui longent la côte sur une largeur de plus de 3 o kilomètres 1 2 3 mais aussi de la région des grands lacs (lacs Nyassa, Bangoueolo, Tanganyika, Kivou, Nyanza, etc.). Les lieux de concentration sont Lindi et Zanzibar.
La Réunion.
La Réunion exporte peu de caoutchouc (i 5,536 kilogrammes pour la France, en i 883 *). On y a signalé: le Cryplostegia grandijlora R. Br. (Asclépiadacées), plante originaire de l’Afrique pour les uns (Ilooker), de l’Inde pour d’autres auteurs, et qui ne rend que des quantités insignifiantes de caoutchouc; le Periploca græcd L., dont le produit figurait à l’Exposition de Vienne, en 1873. « Si ce caoutchouc était applicable à l’industrie, l’Italie, l’Espagne et l’Algérie pourraient en fournir la matière première’. » Enfin on a tenté la culture du Ficus elastica Roxb., de l’ Ilevea brasiliensis Müll. Arg. et du Manihot Glaziovii Müll. Arg. Le produit fourni par le Ficus elastica serait de 'bonne qualité d’après A. Dewèvre et Chapel, et de qualité inférieure d’après H. Jumelle.
1. Élisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle, t. XIII, p, 738.