‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 30 sur 108 · III. — Madagascar · texte numérisé non relu

III. — Madagascar

Depuis longtemps le caoutchouc est connu à Madagascar, mais ce n’est qu’en 1 85 1 qu’il fut exporté pour la première fois; en 1860, l’Angleterre en recevait pour 8,125 fr. et en 1871, pour 782,500 fr. Il y a une dizaine d’années ce commerce a pris une extension considérable sur tous les points de l’île (Tamatave, Mahela, Tullear, Siatouche, Mananjary, Fort-Dauphin, Majunga); des maisons importantes se sont montées, des cultures de Manihot Glaziovii Midi. Arg. ont été entreprises (voir chap. V) à Nampoa, à Mahanoro et à Mananjary 1 et, d’après les rapports du résident de France, tous les colons ont la fièvre du caoutchouc *.

Presque tout le caoutchouc de Madagascar est fourni par des lianes. F. Morellet et Chapel en décrivent deux sortes :

Le Madagascar rose qui est très estimé; son enveloppe

J. « Situation économique des colonies françaises : Madagascar. » Revue coloniale, 11 novembre 1897.

2. « Commerce du caoutchouc à Madagascar. » Revue des sciences naturelles appliquées, 1893, t. II, p. 4 a 3 .

LE CAOUTCHOUC

est brun foncé, lisse, sa chair rouge, claire ou rose ; il est assez pur, mais assez humide (26 à 3 o p. 100) et arrive en pains généralement déformés et de taille variable. Il est coagulé à l’eau salée ou avec des fruits acides et attribué au Landolphia madagascariensis K. Schum. H. Jumelle rapporte qu’on le fraude avec le latex du L. crassipes K. Schum.

La deuxième sorte ou Madagascar noir est encore en boules plus ou moins volumineuses, mais sa chair est noire et sa surface couverte d’impuretés; elle serait produite, suivant F. Morellet, par le Vahea gummifera Poiret (Landolphia madagascariensis K. Schum.) et par le Vahea cqmoriensis Boj. LL. comoriensis K. Schum.).

Trois sortes principales arrivent aujourd’hui sur le marché :

i° Tamatave, en boules blanches ou rosées à la coupe, très pures, très élastiques, mais creusées d’alvéoles;

2 0 Majunga, en boules de i 5 centimètres de diamètre, d’un blanc rosé, avec beaucoup d’alvéoles et d’impuretés ;

3 ° Nossi-Bé, toujours en Niggers : c’est un très bon produit, mais il est altéré par du sable (la récolte doit se faire à terre) ; les boules ont 5 centimètres de diamètre environ et sont formées de larmes agglomérées et couvertes de matières terreuses.

A Madagascar, comme partout ailleurs, la cupidité et la paresse des collecteurs ont fait disparaître les lianes sur de grandes étendues. Aux environs de Fort-Dauphin, où elles étaient très abondantes, il n’en existe plus à l’heure actuelle et les indigènes doivent faire cinq à six jours de marche avant d’en trouver. Les défrichements par le feu, que les habitants se gardent bien de pratiquer maintenant qu’ils connaissent le profit qu’ils retirent du

SORTES COMMERCIALES

caoutchouc, ont causé des pertes considérables. Malgré cela, il reste encore à exploiter des forêts immenses et d’une richesse incalculable : « Autour de la seule baie d’Antongil (nord-est de l’île) s’étend une forêt de 25 ,000 hectares'. »

Il paraît y en avoir de grandes quantités dans le sud, aussi bien à l’ouest qu’à l’est, depuis Vangaindrano jusque vers Saint-Augustin. L 'Annuaire malgache de 1894 signale un centre important et fort riche le long du Mandrara, à l’ouest de Fort-Dauphin'.

Dans ces dernières années, on a recueilli une foule de renseignements sur l’exploitation du caoutchouc à Madagascar ; malheureusement pour la plupart des plantes productrices, nous 11e connaissons que les noms indigènes. H. Jumelle 1 2 3 4 en a décrit un certain nombre; je ne ferai que rappeler leurs noms.

Le Vahintampotra (Landolphia comoriensis Boj.?) qui produit un latex de médiocre valeur ; il serait mélangé à celui du Vahg 4 (voir plus loin).

Le Reiabo ou Reiakatra, liane qui fournit un bon caoutchouc.

Le Bokabè (liane).

Le Lombiro ou Lombiri (Asclépiadée), petite liane abondante à Majunga.

Le Vahimaintry (Asclépiadée), liane atteignant la grosseur du bras.

1. « Madagascar et ses ressources. » Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux, 1897, P’ 36 a.

2. J .-B. Piolet, Madagascar, sa description, ses habitants. Paris, 1895, p. 218.

3 . D’après des renseignements fournis par le D* Lévrier, M. Chapolte, garde général des forêts, M. le chancelier Durand et plusieurs colons.

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