‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 38 sur 108 · La Quinzaine coloniale, t. IV, p. 43a · texte numérisé non relu

La Quinzaine coloniale, t. IV, p. 43a

3. II. Lfxomte, # Les Produits végétaux au Congo français ». Revue générale des sciences pures et appliquées, i8g4, p. 797.

4. L. Pierre, « Culture du caoutchouc au Gabon ». Bulletin de ‘ a Société de géographie commerciale de Paris, t. XIII, p. 231.

ESSAIS DE CULTURE

en exploitation une très grande superficie de terrain, en se servant de la main-d’œuvre indigène. »

En ce qui concerne les Landolphia, si abondants en Afrique occidentale, dans les régions un peu éloignées des côtes et qui n’ont pas encore été ravagées, il est probable que les cultures réglées ne seraient pas nécessaires si on parvenait à empêcher les noirs de couper les lianes et si on leur fournissait des facilités de transport. Les lianes spontanées sont assez nombreuses pour faire face à tous les besoins de l’industrie si on veut en tirer parti sans les détruire % Stanley disait en parlant des lianes à caoutchouc du Congo 1 2 : « Sur les îles du fleuve qui, dans l’ensemble, occupent une surface de 12,800 kilomètres carrés, j’estime que l’on pourrait recueillir en un an assez de caoutchouc pour payer les frais de la construction d’un chemin de fer. »

Avec des moyens de transport faciles, chemins de fer, routes ou services de bateaux sur les fleuves, le prix de revient serait considérablement diminué, et, la civilisation aidant, on arriverait à faire comprendre aux indigènes l’intérêt qu’ils ont à récolter le caoutchouc avec plus de soin et surtout à respecter les plantes qui le produisent.

A Madagascar, on a tenté aussi des cultures qui semblent pleines de promesses; toutefois elles sont trop récentes pour être déjà exploitées; l’avenir apprendra si les espérances des colons sont justifiées. A Mahaaoro et à Mananjary*, des planteurs ont essayé des cultures de Manihot Glaziouii, par semences; de juillet à

1. .1. L. de Lanessan, L’Expansion coloniale de la France. Paris, 1886, P- 290.

2. « Situation économique des colonies françaises : Madagascar. » Revue c °loniale, 11 novembre 1897.

LE CAOUTCHOUC

octobre, ces semences avaient donné des arbustes de i ”‘, 5 o de haut ; on espère pouvoir exploiter au bout de cinq ans. Au jardin d’essais de Nampoa (près de Fort-Dauphin), un colon (M. Marchai) a planté 2,000 pieds de la même espèce; un pied, planté en 1890, atteignait, en 1897, 8 mètres de haut et 80 centimètres de circonférence.

Des plantations semblables existent à Mananantely, à Tananarive, dans l’Imerina et le Betsileo. Hr Jumelle rapporte qu’un -colon français a fait à Amboroxy, dans le Boueni, des plantations de Vahy (Landolphia madagasca riensis K. Schum.) et de Godroha (liane indéterminée) qui ont bien réussi. Des graines de Manihot Glaziovii ont été mises à la disposition des colons de Majunga par les soins de la présidence; dans tous les postes de milice, des graines ont été envoyées et mises en essais dans les conditions les plus rustiques 1 2 . Enfin, au jardin de Nampoa, il existe 5 o plants de caoutchouc de l’Androy (?) plantés en 1892; ces plants n’auraient grossi que de 1 centimètre de diamètre depuis cette époque.

Au Mexique, il y a une trentaine d’années, on avait déjà établi plusieurs plantations de Gastilloa elastica Gerv. (plantation de Zanjou Seco, San-Isidoro, etc.); ü existe actuellement à Jaquila une plantation de plus de 200,000 Castilloa âgés d’environ 8 ans*.

Aux Antilles françaises le Manihot Glaziovii a déjà été introduit par le D r Ileckel; on y cultiverait avec succès le Gastilloa elastica qui s’y trouverait encore dans son aire géographique et qui présente l’avantage de croître très rapidement. L’/Ievea brasiliensis pourrait être planté

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