Godefuoy-Lrbbuf, Le Caoutchouc de Para
ESSAIS DE CULTURE. I03
d’attendre à la dixième année avant de les mettre en exploitation. Les Brésiliens se prêtent difficilement à la récolte et à l’exploitation des semences ; E. Poisson *, qui a rapporté de sa mission au Brésil 100,000 graines d 'Hevea et 320,000 de Manihot Glaziovii, rapporte que « les États du Brésil ne voient pas favorablement l’exportation de ces graines dont le résultat est de faire naître une concurrence à leur préjudice. Cependant la tolérance existe jusqu’à présent, quoiqu’on soit menacé à brève échéance d’une interdiction totale de l’exportation. Mais il faut que des acheteurs attentifs soient sur les lieux pour se disputer ces graines que les Américains, les Anglais et les Allemands cherchent également à se procurer. Autre écueil : si l’acheteur ne surveille pas son achat ou les graines qu’il fait recueillir, il court le risque de recevoir des graines ébouillantées. Par pure méfiance, un indigène anéantira la vitalité des graines qu’il doit livrer tout en ayant tiré un bon prix de son travail. »
Dans la province de Ceara *, on n’a fait encore que des essais; une prime de 5 oo fr. est allouée aux cultivateurs qui ont planté 1,000 pieds de Maniçoba. Les plantations de Fortaleza et de Maranguape ont été abandonnées une fois la prime touchée par les planteurs.
L’État de Saint-Paul (Saô Paulo), par une loi du 27 août 1898 5 , a aussi institué des primes en argent destinées aux agriculteurs qui auront repeuplé des forêts ou fait des plantations de Mangabeira (Hancornia speciosa Müll. Arg.) ou de Maniçoba.