Pax, Engler, Dotan. Jcihrb., t. V
2. II. Scott, « On the occurence .of orticulatcd laticiferous vessels |3P Hevea ». Journ. of the Linnean Society Bot., t. XXI, 188G.
LES LATICIFERES.
ces vues théoriques, Chauvaud se base aussi sur la présence de laticifères articulés qui se développent chez certaines plantes ( Aleurites tribola, Jatropha Curcas, etc.) bien après l’apparition d’un système de laticifères inarticulés qui existe seul dans l’embryon.
Bien que nous ne connaissions rien sur les premiers développements des laticifères articulés, il est un fait bien certain et qui a échappé aux trois auteurs que je viens de citer : c’est que l’origine des deux systèmes de laticifères est toute différente, et que par suite toute idée de descendance est impossible. En effet, les laticifères articulés sont produits aux dépens de cellules qui, à un moment donné, cessent de se cloisonner et s’allongent dans le sens vertical en suivant la croissance de l’organe auquel elles appartiennent. Ces cellules faisaient donc partie soit du méristème primitif, soit du parenchyme cortical ou médullaire suivant leur situation et l’époque de leur différenciation ; quant aux tubes disposés bout à bout et fusionnés, tout démontre qu’ils dérivent de cellules primitivement closes par résorption plus ou moins complète des membranes transversales.
Mais il en est tout autrement des cellules inarticulées ou tubes primitifs continus, comme les appelle Chauvaud ; ces tubes naissent dans l’embryon. Un certain nombre de cellules situées dans le plan nodal (niveau d’insertion des cotylédons) croissent rapidement dans plusieurs sens et émettent dans le sens vertical (tige hypocotylée et tigelle) et dans le sens horizontal des ramifications qui s’insinuent entre les cellules du méristème primitif et croissent ainsi en multipliant leurs noyaux et sans jamais se cloisonner; ce sont en un mot des articles. Les laticifères des tissus secondaires ne sont que la continuation des
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laticifères des tissus primaires et naissent de ceux des régions les plus proches du méristème ; il ne se forme jamais de nouveaux éléments.
Un semblable appareil, formé d’un nombre déterminé d’initiales qui donnent naissance à autant de systèmes indépendants les uns des autres et indépendants aussi des tissus entre lesquels ils s’insinuent, n’est certainement pas comparable à celui qui se forme aux dépens de cellules du parenchyme fondamental qui se différencient sur place. Leur origine est toute différente et par conséquent il n’y a pas lieu de rechercher lequel dérive de l’autre.
Quoi qu’il en soit, il est à désirer que de nouvelles recherches soient faites sur les laticifères articulés ; il serait intéressant de savoir à quel moment se fait la différenciation de ces cellules ainsi que la destruction de leurs parois transversales.
C’est le type continu qui se présente le plus souvent dans les plantes qui fournissent le caoutchouc ; c’est celui que je considérerai pour l’instant à un point de vue général en renvoyant au chapitre VII pour les détails particuliers à chaque famille.
Ce sont des tubes indéfiniment rameux, montrant souvent des expansions latérales terminées en doigt de gant ou parfois en pointe allongée. Dans la tige, on les rencontre aussi bien dans toute l’écorce primaire et secondaire que dans les rayons médullaires et dans la moelle- Généralement dans l’écorce ils se trouvent vers la périphérie (très près de l’épiderme chez les rameaux jeunes) et dans la région la plus interne de l’écorce, parfois réunis en groupes vis-à-vis des faisceaux libériens qu’ils suivent parallèlement. Dans les entre-nœuds leur course est habituellement rectiligne, mais dans les nœuds ü s
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poussent de nombreuses ramifications qui s’entrecroisent en tous sens sans s’anastomoser. Leur diamètre est très variable non seulement d’une plante à üne autre, mais encore dans la même plante suivant la région où on les considère ; ils peuvent atteindre une largeur de 55 (J.
(Hancornia speciosa Müll. Arg.) [Tschirch] ou descendre à 2 [jl,5 (Landolphia Petersiana Th. Dyer) [Chimani]. Leur membrane est généralement cellulosique, sans ponctuations et d’épaisseur variable. Dans les feuilles on les rencontre d’habitude en assez grand nombre autour des nervures qu’ils suivent pendant un certain temps pour pénétrer ensuite dans le mésophylle et le parenchyme palissadique entre les cellules desquels ils se terminent en doigt de gant.
Les laticifères continus, longtemps considérés comme des espaces intercellulaires puis comme des cellules mortes, possèdent en réalité de nombreux noyaux qu’on peut, mettre en évidence au moyen de l’hématoxyline de Bœhmer ou bien par la méthode au chlorure d’or du professeur Tikhomirow. Ce sont des cellules vivantes.
Le contenu des laticifères est plus ou moins abondant suivant l’âge de la plante et aussi suivant l’époque de la récolte. Il apparaît généralement comme une masse finement granuleuse, d’aspect jaunâtre, tantôt rassemblée au centre du tube, tantôt appliquée à la paroi. On y trouve parfois en suspension des grains d’amidon de forme caractéristique et parfois aussi des cristaux d’oxalate de chaux. On peut, en opérant avec soin, isoler les laticifères au moyen de la' macération de Schultze ou au moyen de la liqueur de Labarraque (Tikhomirow). Sur les coupes on les fait apparaître avec une grande netteté au moyen de la teinture acétique d’Alkanna dont Chimani
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a donné la formule *. Cette teinture acétique colore en un beau rouge la subérine, les substances grasses et résineuses et enfin les globules de caoutchouc (ou de guttapercha) en suspension dans le latex ; elle laisse incolore tout le reste de la coupe. Chimani conseille de laver à l’alcool ; or l’alcool enlève avec la plus grande facilité la matière colorante fixée sur les substances grasses ou sur le contenu des laticifères; je me suis assuré qu’en employant pour le lavage des coupes une solution aqueuse d’acide acétique à 45 p. ioo, c’est-à-dire de môme concentration que celle qui sert à préparer la teinture, on ne risque pas de voir la matière colorante se précipiter sur toute la coupe ; les substances colorées ayant plus d’affinité pour le colorant que le liquide dans lequel il était en solution, le colorant reste fixé sur ces substances et la coloration est parfaitement élective. Employée de cette manière, la teinture acétique d’Alkanna donne d’excellents résultats.
Les dissolvants habituels agissent différemment sur le contenu des laticifères suivant les plantes considérées. Par exemple, chez le Castilloa elaslica Cerv. 1 2 le chloroforme, la benzine, le sulfure de carbone ne dissolvent pas tout le contenu et laissent un résidu finement pulvérulent insoluble dans la potasse et l’acide acétique, mais soluble sans effervescence dans les acides chlorhydrique, azotique et sulfurique (cryptoxalate de chaux ou oxalate de chaux en solution dans le latex et qui se précipite par l’action de réactifs dans lesquels il est insoluble)* Chez Yllevea brasiliensis Müll. Arg., au contraire, le chlo-
1. O. Chimani, Unlersuchungen über Bau und Anordnung der IUdch~ rOhren... (Thèse inaug.) — Bot. Centralblatt, i8g5, t. I, p. 3ga.