‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 48 sur 108 · N. Krasnocelsky, loo. cil., p · texte numérisé non relu

N. Krasnocelsky, loo. cil., p

LÉS LATICIFÈRES.

ri 7

roforme, la benzine et le sulfure de carbone dissolvent complètement le latex sans dépôt de produit pulvérulent ; Egelstein 1 en conclut à l’excellence du caoutchouc que fournit la plante.

La potasse étendue et l’iode en solution alcoolique colorent le latex en jaune plus ou moins foncé comme dans le cas général (corps albuminoïdes) ; l’acide sulfurique concentré produit une coloration jaunâtre d’abord faible, mais qui passe bientôt au brun, puis au noir ; l’hydrate de chloral gonfle le contenu et l’éclaircit.

Nous ne possédons que peu de documents sur l’origine cytologique du latex et sur son rôle dans l’économie végétale. D’après E. Mesnard 2 , qui a suivi la formation du latex chez le Ficus elastica, « la précieuse substance qui fournit le caoutchouc s’élabore dans les cellules chlorophylliennes des feuilles et même de l’écorce de la tige. Mais au lieu de se déverser à la périphérie des organes, elle alimente au contraire les réservoirs laticifères qui sont creusés dans l’intérieur des tissus. Il se produit.en même temps dans les mêmes cellules une grande quantité de tannin. Les différentes substances qui composent le latex subissent des transformations nombreuses à peu près inconnues, à l’abri de l’air, et si l’on veut pratiquer une section dans une tige de Ficus elastica, le latex qui s’en écoule se résinifie au dehors sans dégager aucune odeur appréciable. La même chose a lieu pour la plupart des plantes à latex ».

1. Egelstein, Hevea brasiliensis Mail. Arg. Études histologiques et pharmacognostiques (en russe). Moscou, 1897, p. 56.

2. E. Mesnard, « Recherches sur la formation des huiles grasses et des huiles essentielles dans les végétaux ». Annales des sciences naturelles, 1893, t. XVIII, p. 383.

LE CAOUTCHOUC

Déjà, en 1866, E. Faivre 1 montrait que la chlorophylle joue un rôle manifeste dans la formation du latex. Avant l’apparition de la chlorophylle il existe dans la jeune plante en germination (Tragopogon porrifolius) un latex primordial qui se forme quel que soit le mode de germination ; ce latex primordial serait une modiflcation du protoplasma, seule substance existant en abondance dans les cellules de la plantule.

D’après Berthold 2 3 , le latex (du Chelidonium) serait une transformation spéciale du protoplasma où on ne trouve plus de vacuoles et qui se distingue par sa grande fluidité. Selon Schullerus (1882), le latex se forme dans les feuilles et de là se répand dans toute la plante.

Le rôle qu’il convient d’attribuer au latex n’est pas moins discuté. Schultz, Adr. de Jussieu, Decaisne et Naudin 5 le considéraient comme une sève descendante élaborée et Trécul le comparait à la lymphe et au sang veineux. Pour Richard, Treviranus et de Mohl c’est un liquide excrémentiel ne concourant à la nutrition du végétal que d’une manière indirecte.

De ses recherches sur le rôle du latex dans le Ficus elasfica, E. Faivre 4 conclut qu’il est élaboré par les feuilles; il a un cours ascendant et descendant et agit à la manière d’une sève élaborée, d’une matière de réserve absolument nécessaire à la vie de la plante.

1. E. Faivre, « Recherches sur la formation du latex... ». Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1866, i« semestre, p. 269.

Page 1