Hortus mauritiànus
LE CAOUTCHOUC
treints. Il avait été signalé déjà en 1770 par Priestley (dans la préface de son Traité de perspective) comme étant excellent pour effacer sur le papier les traits de crayon, d’où le nom qu’il a gardé en anglais : Indian rubber ou effaceur indien. Charles s’en était servi en 1785 pour imperméabiliser le premier ballon à hydrogène ; Nadler (1820) avait trouvé un procédé pour le découper en fils et Th. Hanckok et Macintosch avaient fait les premiers vêtements imperméables en les doublant d’une feuille de caoutchouc.
Ce n’est qu’après la découverte de la vulcanisation par l’Américain Ch. Godyear, en 1 838 , que l’industrie du caoutchouc prit son essor. A partir de cette époque, les explorations sont de plus en plus fréquentes, et de toutes parts les matériaux s’accumulent; chaque expédition amène la découverte de plantes à caoutchouc. Je signalerai, pour l’Amérique, les voyages d’Edwards, de Bâtes, de Spruce, de Schomburg, et ceux plus récents de Ém. Carrey, James Collins, Cross, H. Coudreau, D r Morisse, Chaffanjeon, Geoffroy, etc...
L’Afrique est également explorée en tous sens : le Sénégal, la Guinée et le Soudan sont visités par Perrottet, Leprieur, Heudelot, Richard, Don, Wogel, Paroisse, Dybowski, Miquel, etc.; le Congo et le Gabon par Griffon du Bellay, de Brazza, Thollon, Christian Smith, le R. P. Claine, Dybowski, Th. Dyer, Lecomte, E. Dewèvre, etc.; le D r Fr. Welwitsch explore l’Angola, Liwingstone, les grands lacs du centre ; le D r Kirck, le D r Muller, le D r Peler parcourent la côte orientale.
A Madagascar, Flacoùrt, Boivin, Richard, F. Coignet, Humblot, le D r C. Meller, Grandidier, le R. P. Piolet, etc., étudient les ressources et la flore du pays.
Enfin Roxburgh, Wallich, von Muller, de Vriese, L. Pierre décrivent la flore de l’Asie.
Tous ces travaux ont contribué plus ou moins directement à faire connaître les plantes à caoutchouc. Je ne rappellerai que les plus importants.
En i 854 , Bentham 1 créait cinq espèces de Siphonia recueillies dans l’Amérique du Sud (Manaos, Santarem, etc.) par Spruce. Plus tard 2 Müller d’Argovie les rapporta au genre Hevea et y ajouta, en 1874, quatre nouvelles espèces : //. membranacea, H. Benthamiana, H. nitida, H. Ja neirensis.
Bien que Ém. Carrey 3 .n’apporte aucune donnée scientifique précise, je dois mentionner l’article qu’il a publié en i 858 sur la récolte et l’extraction du caoutchouc dans le bassin de l’Amazone. L’auteur pense que l’immense quantité d 'Hevea qu’on rencontre depuis l’embouchure de l’Amazone jusqu’à la Cordillère suffit pour alimenter l’industrie pendant de longues années.
En 1870, James Collins 4 publie sur le caoutchouc en général un travail où il passe en revue toutes les sortes commerciales pour lesquelles il décrit les procédés de récolte et de coagulation, et le mouvement commercial. Tous les auteurs qui ont écrit dans la suite sur leunême sujet ont puisé dans ce travail de précieuses indications.
Ce mémoire fut suivi, deux ans plus tard 5 , d’un autre mémoire où il reprend les plantes à caoutchouc famille
*• Hook, Journ. of Bot., i854, p. 36g et suiv.