Moniteur scientifique, 1871, p
a. Lewchin, Documents pour l’étude détaillée du Palaquium gutta Burck et Pal. Treubii Burclc. Moscou, 189 4 (en russe).
LA GUTTA-PERCHA
D’après Sérullas, qui a assisté à l’exploitation par une escouade de Dayaks dans l’État de Pahang (presqu’île de Malacca), les gros arbres sont de plus en plus rares dans la forêt, et presque toujours isolés; aussi ne risque-t-on pas de détruire d’autres guttiers par la chute de celui que l’on exploite, comme le rapporte Th. Seeligmann; quand les collecteurs en ont trouvé un, ils commencent par installer autour du tronc un échafaudage fait de lianes et de pièces de bois et assez élevé pour atteindre le sommet des contreforts. Les gros arbres en effet ne sont pas cylindriques à la base; leur tronc présente une section transversale vaguement étoilée; les branches de cette étoile constituent les contreforts qui vont en diminuant et disparaissent à une certaine hauteur, suivant l’âge de l’arbre.
Ils entaillent alors le tronc à grands coups de hache, dl manière à le faire tomber dans une direction choisie par eux; ils ont disposé au préalable des liens faits de lianes ou de racines adventives (les Malais ne se servent jamais de cordes) entrelacés entre les troncs des arbres avoisinants de façon à ce que le guttier abattu soit retenu dans une position inclinée. Dans certaines régions, les collecteurs s’adjoignent une sorte de sorcier qui conjure les esprits des arbres et des parents morts. Avant d’abattre l’arbre on fait une offrande, puis on se met à l’ouvrage. La hache dont les Malais se servent est appelée billiong '; c’est une lame de fer en forme de ciseau, fixée à un manche en bois par des liens de rotin.
Au moyen du parang ou du gôlo/c qui sont des sortes de sabres d’abatis, ils enlèvent d’abord les branches