‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 84 sur 108 · La figure 2 est tirée du travail de E. Obach (fig. t\o · texte numérisé non relu

La figure 2 est tirée du travail de E. Obach (fig. t\o

LA GUTTA-PERCHA

différents laits provenant du Masaranda, du Marima, du Pindare et des Balatas qu’il a rencontrés dans le Haùt- Orénoque et le Venezuela. Malheureusement, il est impossible de savoir, d’après son rapport, à quel latex il s’est adressé de préférence. Il a essayé des mélanges et en arrive à cette conclusion qui semble peu fondée, que tous les latex stérilisés à temps ont la même valeur. La chaleur (enfumage) et l’acide sulfurique qui réussissent bien pour le caoutchouc ne lui ont pas donné de bons résultats, mais le barattage réussit bien. Il opère avec une sorte de turbine à volant dont on arrose la paroi avec de l’acide phénique du commerce (i litre pour 20 litres de latex). Deux hommes suffisent pour actionner la machine qui peut coaguler 10 litres de latex en moins d’une heure. Il faut que le latex barbote dans l’acide phénique pendant toute la durée de l’opération.

Je doute fort que le barattage préconisé par le D r Mûrisse fasse de nombreux adeptes.

L’énorme quantité de gutta-percha perdue par les Malais par suite du mode primitif d’exploitation avait frappé tous les explorateurs qui ont assisté à la récolte.

C’est à Juïiglleisch, professeur à l’École supérieure de pharmacie de Paris, que revient l’honneur d’avoir tenté le premier l’extraction de la gutta-percha des feuilles et des jeunes rameaux 1 . Les matériaux lui ont été fournis par Sérullas et le dissolvant employé fut le toluol. Les matériaux (feuilles, bourgeons, rameaux, etc.), bien desséchés et pulvérisés, furent épuisés par le toluol à une tempéra-

1 . Jungfleisch, « Méthode rationnelle d’extraction de la gutta-percha des feuilles de Paldqmuvn ». Bulletin de la Société d'encouragement, octobre

ture de ioo°. Le rendement, qui dépassa toutes les espérances, fut de io p. ioo pour le bois, io, 5 o p. ioo poulies bourgeons, 10,02 p. ioo pour les feuilles. Le produit obtenu, bien que légèrement teinté en vert par de la chlorophylle, fut considéré par plusieurs industriels, à l’appréciation de qui il fut soumis, comme pouvant rivaliser avec les meilleures sortes commerciales. Jungfleisch avait donc réalisé un double problème : fournir à l’industrie une substance toujours égale à elle-même, et trouver un procédé pratique d’exploitation. En effet, d’après les données fournies par Sérullas, un arbre adulte de 3 o ans porte de 25 à 3 o kilogrammes de feuilles fraîches qui représentent environ i,ooo à i,ioo grammes de gutta-percha. Si on enlève seulement 7 kilogrammes de feuilles fraîches à un tel arbre, on peut en retirer une quantité de gutta-percha égale à celle que produirait l’abatage.

Plusieurs points restent à élucider : quelle quantité de feuilles peut-on enlever à un arbre sans lui porter préjudice? A quelle époque de l’année convient-il de procéder .à la récolte? Si cette récolte peut se faire facilement dans une plantation, il n’en est pas de même dans la forêt où les guttiers sont souvent fort éloignés l’un de l’autre. Ces feuilles sont persistantes; il faut donc compter avec la difficulté de les atteindre, car un Palaquium de 3 o ans mesure environ 20 mètres de hauteur. Les Malais se prêtent, paraît-il, à ce genre de travail qui leur interdira désormais toute tromperie sur la qualité et la nature de la marchandise vendue.

Je ne possède aucune donnée sur la façon dont se fait la récolte des feuilles, mais toujours est-il que cette récolte se pratique aujourd’hui en grand à Sumatra,

LA GUTTA-PERCHA

Bornéo (État de Sarawak), Perak et Pahang 1 . Les feuilles des Isoaandra sont expédiées sèches en ballots de i 5 o à 200 kilogrammes aux usines des environs de Bruxelles, d’Orléans et d’Asnières 2 . Ces feuilles sèches se paient à Singapore de 3 à 5 dollars le picul (60 kilogrammes), mais le produit qu’on en retire est impropre à la fabrication des câbles sous-marins. Tout récemment, un ingénieur français a trouvé un procédé pour l’exploitation des feuilles fraîches; le produit est exempt de tout reproche.

Les premiers essais de Jungfleisch ont ouvert la voie aux chercheurs ; aujourd’hui les brevets pris pour l’extraction de la gutta par les dissolvants sont très nombreux. Je n’en signalerai que quelques-uns.

Le brevet Dieudonné Rigole 3 consiste à traiter les feuilles desséchées par le sulfure 'de carbone dans un appareil à épuisement continu qui rappelle celui de Payen.

Le premier brevet de H.-E. Sérullas 4 exploité à Suresnes repose sur l’emploi du toluol. L’appareil permet d’opérer sur 5 oo kilogrammes de feuilles sèches réduites en poudre, par épuisement continu. Depuis, l’inventeur a modifié ainsi son procédé 5 : « En soumettant les matériaux producteurs de la gutta, dans le cas particulier les feuilles, bois, écorce, etc., de Ylsonandra gutta, à l’action de masticateurs appropriés avec lavages à l’eau froide ou chaude, on obtient un produit chargé de matières étrangères comme le sont certains caoutchoucs tels qu’ils arrivent des pays d’origine.

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