CHAPITRE X
Impressions faussement attribuées à Tatelierde Sorbonne. — Tableau des ouvrages imprimés dans cet atelier. — Coup d'œil sur l*ensembie de ces travaux.
Tels sont les volumes imprimés dans Fatelier prototypographique de Paris, sur Texistence desquels aucun doute ne peut être élevé. On sait que nous n^avons pas compris dans notre énumération, comme imprimés en 1471, VOrator de Cicéron et le Valère-Maxime, ces deux volumes cités par G. Fichet n^ayant jamais, été vus par personne. Nous savons que ce motif ne suffît pas absolument — nous avons fait nos réserves à ce sujet — pour refuser à ces deux ouvrages le droit d'être compris au nombre de ceux qui sont sortis de Tatelier de Sorbonne ; nous-méme, n'en avons-nous pas décrit d'autres qui passaient pour apocryphes et que nous avons retrouvés à Bâle, dans la collection de J. Heynlin? Mais nous avons tenu à ne faire entrer dans notre liste que les ouvrages dont il nous
avait été donné de signaler Texistence incontestable.
Une prudente réserve nous était d'autant plus commandée, que plusieurs bibliographes ont attribué à l'atelier prototypographique parisien l'impression de volumes reconnus aujourd'hui pour être l'œuvre d'un atelier de Paris, postérieur à celui de la Sorbonne ; ce qui prouve qu'en pareille matière l'excès de prudence n'est point un défaut.
C'est ainsi qu'on a relevé avec raison la fausse attribution d'une édition du Manipulus curatorum, au sujet duquel F.-X. Laire s'exprime ainsi (1) : Character pertinet adeum quo Gering, Parisiis circa
1472 utebatur. Panzer, discutant cette indication, a attribué ce volume au second atelier établi en
1473 par Gering, Crantz et Friburger, lorsqu'ils eurent quitté la Sorbonne (2).
Il en est de même d'un autre volume intitulé : Subtilissimi Doctoris Johannis Scott scriptum in quartum librum sententiarum Magistri Pétri Longobardi, etc.^ que Maittaire et A. Bernard ont attribué à l'atelier prototypographique de Paris, et qui appartient à l'atelier qui a succédé à celui-ci.
Maittaire a rangé aussi parmi les éditions de l'atelier de la Sorbonne (1470) un volume intitulé : Lucii Annei Senecœ Epistolœ; cette erreur, peu compréhensible, puisque le volume porte la date de
(i) Index, tome I, p. 153.
(2) Panzer, tome II, p. 274.
M.CCGC.LXXV, a été relevée par Panzer (1). Ce volume a été imprimé dans Tatelier que deux des élèves de Gering, Pierre de Caesaris et Jean Stol, établirent, en 1473, à côté de celui de leur maître, hors de la Sorbonne.
Maittaire a cité encore, comme ayant été imprimé en Sorbonne, un ouvrage intitulé : Tractatus de Victoria Christi contra Antichristum, par Hugo de Nopo Castro, docteur en décret de l'Université de Paris (2); Panzer a rectifié aussi cette assertion en affirmant que cet ouvrage avait été imprimé à Nuremberg (3).
Enfin le catalogue de Gaignat (4) cite une édition in-4® d'un roman auquel nous avons déjà fait allusion dans notre chapitre VII et intitulé : F. Florii Florentini liber de amore Camilli et Emiliœ aretinorum, etc., et que Gaignat a accompagné de cette note: Editio primaria vêtus parisiensis characte- RiBUs uDALRici Gering. Commc cette indication pourrait occasionner une erreur d'attribution, il n'est pas inutile de répéter que les caractères avec lesquels cet opuscule est composé ne sont pas ceux dont s'est servi Gering, soit dans son premier atelier, soit dans le second, mais bien ceux qu'employèrent ses élèves Pierre Caesaris et Jean Stol.
D'autre part, Jean Saubert (5) cite parmi les in-
(1) Panzer, tome II, p. 272.
(2) Annales typographici, 2* édition du tome l, p. 310.
(3) Annales typographici, tome II, p. 273.
(4) Cat, Gaignat, tome I, p. 543.
(5) Hist. Biàiiot. noriberg.y p. il9.
cunables qui se trouvaient de son temps à Nuremberg, un Quintilietty qu'il attribuée Tatelier prototypographique parisien. Ghevillier combat avec raison cette fausse attribution répétée par Maittaire (1); il pense que J. Saubert a fait une confusion de noms, et qu'il a pris le Quintilien imprimé par Jenson à Venise, en 1471, pour l'œuvre du premier atelier typographique de Paris. Il nous paraîtrait plutôt que J. Saubert a fondé son dire sur une erreur ayant eu cours pendant longtemps à l'étranger, et qui consistait à représenter Jenson, à cause de son nom français, comme ayant été le premier imprimeur de Paris.
Nous devons aussi relever une erreur de lecture commise par M. Madden, dans son très consciencieux travail que nous avons utilisé souvent, et au sujet d'une édition de VÉnéide de Virgile que, suivant lui. Van Praet aurait attribuée à l'atelier de Sorbonne.
<c Suivant Van Praet, Catalogue in-folio, 50B, dit M. Madden, on a imprimé VÉnéide en Sorbonne (2). » Or, Van Praet n'est point si affîrmatif; après avoir parlé du volume contenant les Buco^ liques et les Géorgiques, et conservé dans la bibliothèque de lord Spencer, il ajoute : a On ignore <x d'ailleurs si les mêmes imprimeurs ont, pour
(i) Chevilliep, Origine de V Imprimerie, p. 40. — Panzer a reproduit i*opiiiion de Ghevillier.
(2) Madden, ouv. cité, p. 182.
« compléter cette édition, donné pareillement a VÉnéide et les opuscules de Virgile. »
Rien nMndique, en conséquence, que VÉnéide ait été imprimée dans Tatelier de Sorbonne.
Telle que nous rétablissons, Tœuvre de cet atelier reste suffisamment importante, même après les éliminations que nous lui avons fait subir. Suivant notre liste, composée des impressions certaines, cet atelier aurait imprimé, de 1470 à 1472 inclusivement, MILLE VINGT-SIX fcuillcts utîUs {n-4^, et
ONZE CENT QUARANTE-SIX in-foHo.
Voici le détail de cette liste que nous reproduisons en tableau, avec les attributions probables à chacune des années pendant lesquelles Tatelier a été en activité. On remarquera que nous ne tenons pas compte des assemblages en volume de plusieurs des ouvrages publiés ; nous pensons donner ainsi une idée plus complète de Tœuvre de nos prototypographes dans son ensemble.
TABLEAU DBS OUVRAGES IMPRIMÉS DANS l'aTELIER PROTO- TYPOGRAPHIQUE DE PARIS.
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