‹ Origine de l'imprimerie à Paris, d'après des documents inédits;Chapitre 35 sur 38 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

Gasparini Orthographia

De Dipbtongîs Ubellus

De Arte punctandi

De OfHciis Giceronis

De Amicitiâ Giceronis

De Seneclute Giceronis

Somnium Sctpionis Giceronis. . . .

Paradoxa Giceronis ,

TusculansB Quaestiones Giceronis.

Flori Historia romana ,

Juvenalis Satyrae

Persil Satyrse

Terencii Gomœdiâe

S. Ambrosii De OfHciis

Senec» de Virtutibus Libellus . .

Spéculum Vits

Sophologium

Total des feuillets. . . .

mmiirs

in-4»

rimuiTs

in-folio

Les travaux de nos prototypographes ont été plus nombreux en 1472 qu'en 1470-71, et cela s'explique, non seulement par ce motif que dans la dernière année ils n'avaient plus à lutter contre les difficultés inséparables de toute installation nouvelle, mais encore par cette autre raison que leur atelier une fois organisé, ils purent s'adjoindre des aides ou plutôt des élèves qui multiplièrent les travaux. Deux de ces élèves, nous l'avons déjà dit, établirent une imprimerie à leur compte, en concurrence avec celle que Gering et ses deux collaborateurs créèrent en dehors de la Sorbonne, qu'ils quittèrent à la fln de 1472. Nous reviendrons sur cette sortie de nos typographes des bâtiments de l'illustre maison, et nous la verrons coïncider avec l'éloignement de leurs deux protecteurs, G. Fichel etJ. Heynlin.

Nous ne terminerons pas cette partie de notre étude sans appeler de nouveau l'attention de nos lecteurs sur la direction donnée à l'atelier de Sorbonne par ces deux savants éditeurs, dont le goût et la science se sont révélés du commencement à la fin de leur entreprise. Ils ont mérité, il faut le répéter, les éloges que les bibliographes consciencieux leur ont distribués ; ils sont sortis courageusement de la voie routinière dans laquelle les prétendus érudits de leur époque étaient engagés.

Admirateurs des grands écrivains de l'antiquité, animés d'un vif sentiment littéraire, G. Fichet et J. Heynlin furent à Paris les précurseurs d'une ère

nouvelleet secouèrent le joug des anciens préjugés. N'ont-ils pas eu le courage de le dire eux-mêmes? N'ont-ils pas proclamé hautement leur intention de combattre la barbarie dans laquelle croupissaient les sciences et les lettres en France? Nous ne pouvons donc que nous associer sans réserve à l'élogieuse appréciation écrite sur l'ensemble des faits se rapportante l'atelier de la Sorbonne, par un érudit, qui le premier, a jeté quelque lumière sur la question :

<c Quand on se rappelle bien, dit M. Madden, combien, au milieu des impressions du xv^ siècle, sont rares les ouvrages des grands écrivains classiques ; combien, au contraire, pullulent les compilateurs de traités de théologie, de philosophie scolastique, de jurisprudence, de sermons, de lourds commentaires, on ne peut que saluer avec bonheur le berceau de notre imprimerie d'où l'on ne voit sortir que des chefs-d'œuvre de la langue latine ou des livres propres à l'enseigner. On sent là le réveil du goût endormi depuis tant de siècles, et Ton entrevoit, au delà de cette aube naissante, la splendeur d'une glorieuse renaissance » (1).

(1) Madden, ouv. cité, p. 196.

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