ORIGINE
ment d'oxygène. Hs envisagent deux hypothèses : soit la constitution de l'acide performique (formyl /H hydroperoxyde) C—0 , soit du formaldéhyde — 0 — OH H
| “ À peroxyde C— OH.
Be
Ce dernier composé serait d'ailleurs lié à la chlorophylile.
Le problème chlorophyllien peut d’ailleurs être envisagé d’un point de vue tout à fail nouveau, d’après les recherches de M. Moore (1914). Dès 1913, en
collaboration avec M. Webster, ils avaient établi que |
les suspensions colloïdales de sels où d’oxyde de fer, en présence du gaz carbonique dissous et avec l’énergie supplémentaire du soleil, possèdent la propriété de faire la syntèse du formaldéhyde. Selon M. Moore, il y a lieu d’envisager cette réaction comme un des premiers stades de la synthèse de la substance vivante des plantes comme des animaux : elle a dû se passer dans les périodes primitives de la terre, notamment à l’Algonkien, sur une aire immense. La vie lui paraît
découler du développement continu de substances
organiques de plus en plus complexes à partir de ce simple commencement. Les hydrates de carbone les plus hautement organisés requièrent pour leur synthèso à peine plus d'énergie chimique que le formaldéhyde. Les hydrates de carbone subissent des oxydations, des réductions, des transformations qui conduisent aux corps gras, puis à des composés de
SUR LÉ GÉOBE
plus en plus complexes, et cela sans source d'énergie :
externe. Si les matériaux disponibles sont plus simples
et plus primitifs, l’eau et le gaz carbonique, l’éner-
gie solaire est indispensable. Nous retrouvons donc
ici la conception exposée dans un chapitre précédent,
“LE MYSTÈRE. CLOROPHYLLIEN | i 53
que le chloroplaste, qui sait utiliser l’énergie solaire 0
et transformer en matière vivante les éléments les plus simples, doit être une des formes les plus primitives de la vie. Cependant, d’après M. Moore, la chlorophylle n’est pour rien, au moins directement, dans la synthèse du formaldéhyde. Il objecte aux expériences faites par MM. Usher et Priestley.(1906 à 1911), par M. Shryver (1910) à l'aide de pellicules chlorophylliennes, que l’apparition du formaldéhyde de leurs essais peut être due à la gélatine et surtout aux colloïdes qui contiennent du fer, car ii y en a non dans la chlorophylle elle-même (qui ne contient que du magnésium), mais dans la partie incolore du grain chlorophylilien. Le quart du fer des feuilles vertes est enlevé par l'extrait alcoolique de chlorophylle. II en reste même dans la solution éthérée de chlorophylle de M. Schryver, mais la quantité éliminée est moindre, c'est pour cela que les quantités de for-
maldéhyde formées avec les pellicules de chloro-.
phylle sont si faibles, comparées à celles qui se forment dans la synthèse de la feuille vivante. M. Mazé
- (en 1915) faisait remarquer qu'il serait téméraire
d'attribuer à la chlorophylle une action immédiate sur les transformations chimiques qui président à l'assimilation du carbone : la chlorophylle a peut-être un rôle purement physique, celui d’un écran, comme
l'avait déjà suggéré Pringsheim et aussi Pantanélli
(1903). Le stroma incolore du grain serait surtout actif. Lorsqu'une feuille est étiolée et qu’on la transporte à la lumière, la chlorophylle apparait comme un premier produit de la photosynthèse ; évidemment, dans ce cas, ce qui est actif c'est ce qui est antérieur.” Cette première période de verdissement est trop courte pour permettre d’y révéler la production d’oxygène, elle se confond avec celle où la chlarophylle est formée ; mais il y a des cas où le dégagement d’oxygène peut avoir lieu avec une plante sans chlorophylle qui n’a que des chromatophores jaunes, cela résulte
notamment des expériences d’Engelmann (1881, 1887) sur les variétés jaunes de Sureau. Ces données un peu révolutionnaires ont été confirmées sur des feuilles … jaunes en bonne santé par MM. Tamnes, Josopait Kohl, Czapek. | = Bien que MM. Willstätter et Stoll ne soient nullement disposés à accepter de pareilles conceptions; ils reconnaissent que des feuilles étiolées qui verdissent ne montrent pas, contrairement à ce qu'avait avancé Irving (1910), une faible énergie assimilatrice mais, au contraire, tout de suite, une puissance. de fixation du carbone qui ne semble pas en rapportavec la quantité de pigment vert. Ils remarquent également (p.139) qu’on a déjà souvent trouvé qu'une feuille avec faible contenu en chlorophylle (aurea) produit plus d’hydrates de carbone qu’une feuille avec un gros contenu de pigment vert. Le tableau suivant (n° 63) tiré de l’ouvrage de MM. Willstätter et Stoll (p. 159) est tout à fait nn ;