ASSIMILATION DE SURFACES FOLIAIRES ÉGALES
Température. | CO? (mg) par heure pour 100 c. carrés. Orme jaune Orme vert ‘contenu chlorophyllien!(contenu chlorophyllien 03 mg). 3,1-m9) 15° | 18 14 20 22 47 20? 23 21 30° 23 21
Pour les feuilles jaunes, il y a une plus grande dépendance de l'assimilation de l’éclairement; pour les feuilles vertes, une. plus grande dépendance de la température. Malgré ces résultats assez frappants, les auteurs insistent sur ce point que rien ne parait indiquer pour le pigment jaune une fonction assimilatrice.
Il faut reconnaître que la théorie de M. Moore
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explique tout un ensemble de faits qui pouvaient jusqu'ici paraître singuliers. On sait, depuis Eusèbe Gris (1844-1847) puis Arthur Gris (1863) et Rassicuier (1892), que là chlorose, cette maladie du jau- “issement des feuilles est guérie, partiellement du moins, en déposant aux pieds des ceps des Vignes chlorotiques, des doses massives de sulfate de fer 500 grammes par souche). À la fin d'octobre, on badigeonne la souche entière et les plaies de taille avec des chiffons imbibés de la même substance. Enfin, en cours de végétation, on pulvérise du sulfate de fer à la dose de 1 gr. 5 à2 gr. 5 parlitre. Grâce à ce traitement, la vigne jaune reverdit, et la chlorophylle se reforme. Cependant ce résultat parait extraordinaire, puisque la chlorophylle ne contient pas de fer. Mais il n’en est pas de même du substratum incolore du grain. M. Moore a établi avec netteté, par l'étude microchimique des leucites (à l’aide de l'hematoxyline de Mac-Calum, en particulier), qu’ils sont au contraire très riches en fer.
M. Mazé, dans des recherches récentes (1912 à janvier 14921) a abordé le problème de l'assimilation à un point de vue nouveau. Pour saisir sur le vif le: travail chimique compliqué qui s'opère dans la feuille verte vivante, il la distille, sans adjonction d’eau, sous pression réduite à 60°. Le liquide est recueilli dans un récipient plongeant dans la glace: fondante et muni d’un réfrigérant, en vue de prévenir l'entraînement de toute trace de substance volatile. Un grand nombre d’espèces végétales ont été ainsi traitées, jamais l’aldéhyde formique n’a été observé : d’autres aldéhydes ont été, par contre, parfois obtenus {alléhyde acétique, aldéhyde lactique (Peuplier), aldéhyde glycolique (Sureau) (1), etc.], notamment aussi très souvent de l'acide nitreux, de l'acide
(4) Curtius et Franzen (1912) avaienttrouvéd’autres aldéhydes, en particulier butylaldéhyde, valéraldéhyde et surtout « et f. hexylaldéhyde.
cyanhydrique (1) et enfin surtout l’acétylméthylcarbinol. Personne antérieurement n'avait signalé ce . dernier corps dont la formule est CH° — CHOH — CO — CH*; un réactif très sensible permet d’en déceler. la présence, il forme de l’iodoforme à froid et instantanément en présence de quelques gouttes de lessive de soude et une paillette d’iode ; 1l donne du diacétyle (CH$ — CO — CO — CH) à 100° par oxydation au moyen du chlorure ferrique. Or ce diacétyle peut être nettement caractérisé; en milieu ammoniacal, en présence d’un sel de nickel, lhydroxylamine se combine rapidement avec le diacétyle, même en solution diluée, avec formation de nickel diméthyl glyoximine, superbe précipité rouge, formé de fines aiguilles insolubles dans l’eau.
M. Mazé a constaté que la formation de Pacétylméthylcarbinol, des aldéhydes glycolique et lactique est étroitement liée à l’assimilation du gaz carbouique. Les feuilles de Maïs et de Haricot sont privées d’acéthyIméthylearbinol le matin, elles en renferment des quantités croissantes du matin au soir les jours ensoleillés, et elles en sont dépourvues les jours pluvieux et froids. Or ce dernier corps est un produit de la digestion des sucres, fréquent dans les fermentations microbiennes pouvant évoluer vers la synthèse des sucres, vers celle des matières grasses, des matières azotées, des noyaux aromatiques.
Selon M. Mazé, l’hydroxylamine (qui n’a pas été observée jusqu'ici dans la plante vivante) doit figurer dans la double série de phénomènes d’oxydation et réduction qui conduisent de
Az H° 0H
AA DE AZ OR TT SR en KE
L'hydroxylamine agirait comme base et Don
(1) Les recherches de Treub sur la présence de ce produit lié à l'assimilation sont d’ailleurs classiques.
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CO? soit CO? : CO?AzH°OH ou CO’H?AzH°OH.
D'où : CO? Az H? OH — H — CHO Az 0H; aldéhyde formique
L’aldéhyde formique n’a pas été observé mais l’acide nitreux. On à, par contre, observé l’aldéhyde glycolique et l'acide nitreux :
.2CO*AzHOH= CHOH—CHO +2aAzO°H.
| aldéhyde glycolique
Les conceptions qui viennent d’être exposées établissent un rapprochement entre les phénomènes qui se passent dans les cellules vertes et dans les cellules incolores des microbes. Cette conception tendrait à enlever à la matière verte le rèle prépondérant qu’on lui avait reconnu jusqu'ici.
Dans cette nouvelle conception, la chlorophylle serait un des premiers produits de la synthèse et elle jouerait probablement le rôle d’un écran. C’est là une
idée intéressante qu’il y a lieu d'examiner de plus :
près, en tenant compte de propriétés très remarquables du pigment vert, la fluorescence notamment.
La fluorescence de ce pigment a été étudiée la première fois par Edmond Becquerel, puis par Timiriazeff; la matière verte peut émettre une lueur rougeätre voisine de la bande principale d'absorption du spectre chlorophyllien. Si l’on envisage un autre corps, l’éosine, présentant une propriété semblable, on constate que mise dans l’obscurité cette substance se met à luire sous l'influence d’un rayon lumineux qu’on lance sur elle; le phénomène disparait après la suppression de la source de lumière. La phosphorescence se distingue de la fluorescence par la
propriété du corps de continuer à luire après la. suppression de la radiation de lumière. Il y à des: passages de l’une à l’autre : les couleurs d’aniline
sont fluorescentes à l’état de solution, phosphores-
centes à l’état solide. Parmi les liquides fluoresconts, on peut mentionner à côté de la chlorophylle, les sels d'urane dont il a été question plus haut.
Les impuretés qui existent dans un corps peuvent avoir une influence sur sa luminescence ; c’est ainsi que le caractère lumineux de la calcite peut-être lié à la présence de corps du groupe yttrium qui peut
exister en proportion infime, 2 500 000 Pà" exemple.
De là cette conception que dans un système fluorescent, il y a lieu de distingu®r : 1° un élément phosphorogène ou luminophore, 2° un élément diluant ou électrogène. Dans les corps organiques à molécule compliquée, certains groupements agissent comme électrogènes, les autres comme luminophores. La faculté luminescente est accrue par l’adjonction à la molécule d’autres groupements atomiques comme le groupe carboxyle (COOH) électro-négatif ou l’oxydrile (OH) qui est électro-positif; ces faits sont intéressants quand on se souvient de la formule de la chlorophylle qui a été indiquée p. 42.
La question de la fluorescence se relie d’ailleurs. à celles des rayons catholiques. Lorsqu'on fait le vide dans une ampoule de verre où il y a deux pôles + et —, toute luminosité disparait entre les
1 re deux pôles quand le vide tombe à 5 de millimètre,
mais la paroi du verre devient fluorescente principalement en face de la cathode : les rayons invisibles partant de cette dernière viennent frapper et bombarder le verre et c’est ainsi qu’ils provoquent le phénomène lumineux; si la cathode est concave, la partie éclairée est concentrée en un point par le bombardement des électrons. Les phénomènes lumineux sont dus à des mouvements d'électrons (atomes électriques qui se manifestent dans le tourniquet électrique).
Trois éléments sont à distinguer dans le phé-
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nomène de luminescence : 1° la substance qui entre en vibration, le phosphorogène ou luminophore (ce que M. Matout a comparé à la corde du violon); 20 le diluant ou électrogène (ce qui est comparable à la caisse de résonance du même instrument}; 3° la cause qui met en action le système, soit la lumière, Ja radiation, la chaleur, l’action mécanique (et c’est ce que M. Matout compare à l’archet qui servira à produire le son).
Cette question que la résonance que nous venons ainsi soulever présente un grand intérêt. MM. Berthelot et Gaudechon la font intervenir pour expliquer les phénomènes photo-chimiques. D’après eux, les vibrations des systèmes atomiques matériels s’amplifieraient par résonance jusqu’à rupture de l'édifice moléculaire, de mème que le verre se brise sous l'influence du son qu’il est susceptible d’émettre. Wood, en agissant sur la vapeur de sodium, a réussi à provoquer des spectres de résonance qui sont différents des spectres de fluorescence, La vapeur de mercure s'illumine brillamment sous l'influence de la lumière ultra-violette et produit une luminescence due à une résonance. L'introduction d’une faible quantité d’ un gaz inerte tel que l’hélium a pour effet de faire disparaître le spectre de résonance et apparaître le spectre de fluorescence.
Ces notions nous conduisent à celle des substances sensibilisatrices. En 1874, Edmond Becquerel eut l’idée heureuse de préparer du collodion au bromure d'argent qui sert comme pellicule photographique -en ornaut émulsion de pigment chlorophyllien. On sait que d'ordinaire quand on expose un sel d'argent à l’action d’un spectre, seuls les rayons chimiques (violets et ultra-violets) impressionnent la plaque photographique. Or ici l'addition de chlorophylle change ce résultat classique : on voit agir les rayons de couleur rouge orangé, ce sont justement ceux qu'absorbe le pigment vert, qui transmettent
leur énergie sur le sel d'argent pour le décompte Ceci amène à envisager l’action des substances fluorescentes ou catalyseurs lumineux. M. Noack vient de publier tout récemment (1920) un travail sur cette question qui est très suggestif. Envisageons d’abord les matières fluorescentes colorantes et quelques autres substances organiques fluorescentes sans caractère colorant; cette étude des substances photodynamiques actives est très intéressante. Elle a été entreprise notamment par Tappeiner. Il additionne de
d’éosine un liquide renfermant des animaux