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un anthérozoïde avait pénétré et une membrane cel-
\ lulosique se différenciait aussitôt à la périphérie de | l’oosphère qui était ainsi transformée en œuf.
| Grâce à cette belle recherche, on pouvait donc affirmer que la fécondation consistait dans la fusion d'anthérozoïde et d’oosphère. Un point restait cependant douteux : un seul anthérozoïde pénétrait-il?
Cette difficulté a été levée par l’étude de Pringsheim, de 1885, qui porta sur un autre type d’Algue, l'Ædogonium, composé d’un filament simple, c’est-à-dire d’une file de cellules s’attachant à la base par un cramponet se terminant à l’autre extrémité par un poil effilé et incolore. Les cellules productrices d'éléments mâles donnent des anthérozoïdes verts; chacun d’eux possède un rostre incolore, entouré d’une couronne de cils vibratiles. On peut, dans le champ du microscope, assister à leur mise en liberté, suivre derrière l’objectif leurs mouvements actifs, assister à la pénétration de un d'eux dans une grosse vésicule femelle qui ne contient qu'une oosphère. L’anthérozoïde attiré par un bouton gélatineux formé à l’orifice de la vésicule grâce à un phénomène de chimiotactisme, se laisse prendre bientôt par ses cils vibratiles dans cette sorte de glu et on le voitrapidement disparaitre dans l’oosphère auquel il se mêle peu à peu. Lorsque la fusion est complète, une membrane de cellulose apparait : l'œuf est formé.
C’est cet œuf qui sera apte à donner une plante nouvelle semblable à celle ayant servi d'objet d'étude ou d’expérimentation. La fécondation est donc un phénomène consistant dans la fusion de deux cellules (semblables ou dissemblables) appelées gamètes pour former un œuf qui est une cellule nouvelle apte à donner un être nouveau.
On voit donc ainsi se confirmer l'exactitude de la notion introduite dans la science par Schwann én 1839 que tout être vivant commence par être une cellule. Ce fait a été contrôlé par l’ensemble des recherches
faites depuis 1844 et 1855. Spore où œuf dérivent soit d’une cellule mise en liberté par un être vivant, : soit de deux cellules {mâle et femelle), qui se sontau.
préalable fusionnées l’une avec l’autre avec contrac-
tion de l'ensemble, de sorte que l’œuf a un volume
plus petit que la:somme des volumes des composants. Cette contraction indique, semble-t-il, qu'il ya combinaison chimiqueet non simple mélange des éléments reproducteurs.
C’est là une étude extrêmement importante qui conduit à formuler cette loi générale ‘que tout être
vivant dérive toujours d’un autre être identique! gas
a engendré le nouveau né par reproduction.
Ce principe, qui noûus paraît aujourd'hui si simple et si naturel, a été méconnu ou ignoré pendant un nombre incalculable de siècles. On peut ‘dire que
depuis que l’homme pensé et depuis qu'il observe, il.
a cru que la règle précédente est susceptible d’exceptions graves et que, dans certains cas étranges et
prodigieux, les êtres vivants peuvent pulluler par | génération spontanée. C’est une idée qui nous parait -
extraordinaire, ét qui cependant a semblé très natu-
relle à des esprits de premier ordre, à des obser-.
vateurs sagaces, à des hommes d’un grand savoir et
- d’un grand génie, comme par exemple Aristote dans ù
lantiquité.
Comment un naturaliste aussi remarquable, an; philosophe aussi profond a-t-il pu croire que divers. Poissons, la plupart des Mollusques, certains Insectes.
pouvaient naître spontanément? Ïl déclare gravement que tout corps qui devient humide ou tout élément |
humide qui devient sec peuventproduire des animaux.
Il ne s'étonne pas que des Insectes soient produits par du bois; il déclare que les Vers intestinaux sont ‘dus. à la transformation des excréments, que les Poux s’engendrent dans les chairs, les Chenilles dans les |
plantes, les Poissons dans les marais desséchés lors- 4
qu'ils se trouvent remplis d’eau à nouveau. \
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Tous les écrits de l'antiquité prouvent que de (elles nn | conceptions étaient universelles. Virgile en parlant
|du berger Aristée, dans les Géorgiques, indique: \Vart de faire naître’ un essaim d’Abeilles du corps d’un Bœuf qui à été immolé. Aristote d'ailleurs croyait que certains animaux naissent dans le corps des êtres vivants qui ne leur ressemblent pas et cela ne lui paraissait pas plus singulier qu’à Hésiode qui croyait que « Zeus a choisi les tiges des Frênes; il les a façonnées et en a fabriqué les hommes de la troisième race. »
Ce sont Ià des conceptions us qui se retrouvent partout dans le paganisme des Egyptiens, des Chaldéens, comme dans celui des Grecs et des
Romains.
Diodore de Sicile, dans sa description de l'Egypte, affirme que les êtres vivants naissent du limon du Nil sous l'influence toute puissante du soleil. La même conception se retrouve dans Lucrèce : « Il faut que la terre ait mérité ce nom de mère qu'on lui donne parce que tout est tiré de son sein.
… Maintenant encore une foule d’êtres vivants sortent
du sein de la terre, où ils se sont formés à l’aide des pluies et de la chaleur ardente du soleil. I n’est donc pas surprenant qu'alors des espèces plusnombreuses et plus grandes aient pris naissance, quand la terre et le ciel étaient dans toute leur nouveauté. » |
Pline assure que la phtiriase, maladie dont mourut Scylla, le célèbre dictateur romain, avait été produite par des Insectes engendrés spontanément dans son corps qui finirent par le dévorer. Plutarque, Galien, Oribase, et un nombre considérable d’auteurs anciens, même modernes (Van Helmont), nous fournissent des preuves des mêmes idées.
Il était nécessaire que des esprits scientifiques, élevés à la discipline expérimentale, vinssent com-
- battre ces fables absurdes. C’est ce que tenta victo-
rieusement Redi (1688, médecin et naturaliste
Aotentin. qui établit, par des rocHes BHO rigoureuses et Simple, que les Vers observés dans la, viande gâtée proviennent des œufs pondus par lés Mouches aitirées par l'odeur de la matière décomposée; la
démonstration en fut donnée d’une manière simple en protégeant la viande avec de la gaze. Dans ces
conditions, les mères ne déposent pas leurs œufs et
les larves n'apparaissent pas.
Vallisneri, un peu plus tard (1700-1740), compléta |
‘ cette démonstration pour les Insectes quel’onrencontre à l’intérieur des fruits. Enfin Swammerdam (1737)
reprit le cas particulier des Abeilles qui avait été. le point de départ de la fable dont Virgile s'était fait
l'écho, et il montra que cette opinion de la genèse d’Insectes dans le corps du Taureau immolé était absurde. Grâce aux efforts de ces trois savants, l’origine nécrogénétique (aux dépens d’un être mort) de la matière vivante a pu être déclarée inexacte.
Mais il restait deux autres possibilités : l’origine xénogénétique (d’un être vivant) et l’origine agénétiqué (d’une substance brute). C’est surtout à l’occasion de cette dernière conception que les grands dé-
bats sur la génération spontanée se sont produits au
cours du xvir° et du xix° siècle. L'origine xénogénétique (1) a été rèéconnue fausse, grâce aux belles découvertes des zoologistes du xix° siècle, lorsque le cycle d'évolution des Vers intestinaux a été découvert; cette ”
histoire zoologique avait déjà été soupçonnée depuis
longtemps, notamment par les Hébreux, et c'était pour obvier au danger de la transmission du Ténia, ou Ver solitaire, que la loi de Moïse interdit l'usage |
de la viande de Porc. Les débats sur cette question
spéciale ‘ont pris un nouvel aspect lorsque Trécul
invoqua le cas du Pacillus Amylobacter, comme
(1) Gallien donnait comme origine des Vers intestinaux la transformation des aliments à l’intérieur du corps. Qribase
faisait naître les Oxyures de la bile noire, les Lombries de in À
bile jaune et le Ténia de la pituite.
exemple en faveur de Ja génération spontanée. Il . trouvait, en effet, cet organisme dans l’intérieur des cellules du Haricot et il expliquait cette présence
étrange à l’aide de lhéterogénèse. Van Tieghem trouva la clé de cette énigme quand il montra que ce Bacille a la propriété de digérer ia cellulose de la membrane végétale; grâce à cette particularité, un Amylobacter peut pénétrer dans une cellule du Haricot
même profonde vers laquelle il est parvenu après 2 avoir traversé les autres cellules plus externes. Une
fois dans la place, la Bactérie se multiplie activement,
mais Ja cellule végétale cicatrise la blessure formée par l’orifice de pénétration; ce point une fois bou-
ché, la boîte est close. Ce cas curieux peut à tort être invoqué (si l’on n’a pas suivi ce développement) comme un argument en faveur de la xénogénèse.
Maïs c’est sur la question de la genèse des êtres vivants aux dépens des substances brutes que le débat sur la génération spontanée a pris tout à coup une ampleur extraordinaire, à la suite des recherches d’un ‘habile expérimentateur hollandais, Needham (1137-1745). Dans un flacon bien bouché, il avait introduit au préalable des matières putréfiables ; après avoir porté à l’ébullition, il maïintenait le vase
dans de la cendre chaude, Ouvrant au bout d’un cer-
tain temps, il s’apercevait, malgré l'effet incontestablement destructeur de la température de 400°, qu'une multitude de microbes avaient pullulé dans le
bouillon et il pouvait avec raison, semblaiït-il, invo- ‘quer-cette expérience comme une preuve de la géné-
ration spontanée. Buflon n'hésita pas à trrer des conclusions grandioses de telles rechefches : «Il n° y à, dit-il, aucune différence absolument essentielle et générale entre les animaux et les végétaux; mais
l'examen des faits permet d'observer que la nature
descend par degrés et par nuances imperceptibles d’un animal qui nous paraît le plus parfait à celui
qui l'est le moins, et de celui-là au végétal ». Il va
plus loin, il admet que de l’homme on peut descendre par degrés jusqu'à la matière la plus informe. il n’y a pas de barrières entre les trois règnes de la nature. Du règne minéral, par transitions progressives, on monte au végétal et de celui-ci à l’animal. pe Les expériences de Needham furent répétées par. d’autres savants, en particulier par l’abbé Spallanzant (4765) qui affirma qu’elles étaient fautives. En chauffant plus longtemps les vases clos, il y supprimait ultérieurement tout le pullulement des Infusoires et des microbes. Needham ne se déclara pas battu. Il affirma que si les infusions de Spallanzani restaient. stériles, cela tenait à ce qu’il chauffait trop, altérant ainsi ou l'air des vases ou la force végétative des liqueurs. La réponse était habile, la composition de l'air était encore inconnue, quant à l'intervention de la force végétative, on pouvait penser qu’elle rappelait un peu trop la vertu dormitive de l’opium dont Molière s'était moqué; malgré cela, un doute subsistait. Gay-Lussac, en étudiant au xix° siècle les. conserves d’Appert, qui sont une application des expériences de Spallanzani à l’économie domestique, confirma, en fait, la remarque de Needham, caril constata que l'oxygène y faisait défaut.
Les expériences de Schwann (1836) furent ertreprises pour montrer que, même au contact de l'air, les liquides pouvaient rester intacts. Il maintenait dans le flacon stérilisé un courant d’air continu, à la condition qu’on l'ait fait passer dans un tube plongé extérieurement dans un alliage fusible qui avait été préalablement fondu ; l’air ainsi calciné n’intervenait pas pour troubler les liquides. Il est vrai qu'il restait l’objection de la force végétative ; on ne savait pas bien exactement il est vrai ce que l’on entendait par là. Schwann faisait remarquer qu’il avait chauffé son ballon peu de temps, mais il pouvait venir à l’es= prit (remarque d’ailleurs bien spécieuse) que la calci=" …
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nalion avait enlevé à l'air une nt AUD sur ni
végétation. Schulze (1837) établit qu’en faisant passer
l'air sur l’acide sulfurique ou de la potasse au lieu de
le chauffer on avait le mème résultat. Mais Schrôder et Dusch firent mieux, ils le filtrèrent sur du coton . et montrèrent qu'il était ainsi stérilisé. On peut dire qu'à partir de ce moment (1854) la mystérieuse entité qu'était la force végétative pouvait être considérée comme vaincue.
Vers 1855, on pouvait donc croire que la question de l’agénèse était résolue et que cette conception n'était pas fondée; en fait, la lutte allait reprendre avec une vigueur inattendue.
Le feu fut mis aux poudres par une note de Pouchet présentée à l’Académie des sciences le 20 décembre 4858. Il y annonçait la production d’organismes variés au milieu de fragments de foin chauffés à l’étuve, mis au contact d'oxygène. Il affirma même qu'ils pouvaient naître dans un milieu privé d’oxygène, dans le vide barométrique.
Ce travail souleva de nombreuses protestations de Milne Edwards, de Quatrefages, de Claude Bernard, de Dumas, de Lacaze-Duthiers. Quatrefages invoquait les germes de l'air ; Van Beneden, Gaultier de Caulbry soutinrent que la résistance des germes était insoupeonnée de Pouchet et que les procédés de destruction employés par lui étaient insuffisants.
L'Académie des sciences, émue par l'importance du problème, mit au concours le sujet suivant : « Essayer, par des expériences bien faites, de jeter un jour nouveau sur la question des générations spontanées. »
Pouchet de Rouen avait publié un livre sur l'hétérogénèse (en 1859); Pasteur entra dans la lice (6 février 1860) attiré, comme le disait Joseph Bertrand lors de l'inauguration de l'Institut Pasteur, par le mirage des problèmes insolubles. Duclaux à
pu dire € qu'il n’avail laissé s sans réponse aucune des
“ \ difficultés run tn dt expérimenta=
teurs qui l'avaient précédé. »
La lutte a continué vive entre Pasteur et ses contradicteurs. Pouchet se défendit aidé de Nicolas Joly, professeur de Physiologie à. Toulouse. Ce dernier
avait donné à Musset (Charles), son élève, comme:
| sujet de thèse la question de l’hétérogénie. En novembre 1863, Joly et Musset demandèrent à l’Académie de nommer une commission qui devait juger
de la valeur des expériences de Pasteur comparée à
celles de ses adversaires. Pasteur accepta le défi et la commission fut nommée le 4 janvier 1864 elle
comprenait Flourens, Dumas, Bronguüiart, Milne
Edwards et Balard ; le jour de la discussion fut fixé en mars (première quinzaine). Pasteur se déclara
prêt pour la date fixée ; mais Pouchet, Joly et Musset
. demandèrent un sursis. Ils invoquaient, pour justifier ce retard, que la saison froide était peu favorable à la génération spontanée et le débat fut reporté en
juin. Les adversaires se présentèrent alors au labora-
toire de Chevreul. Pasteur accepta les conditions imposées par la commission; Pouchet, Joly et Musset demandèrent àrecommencer une série d'expériences ; au lieu de céder, ils abandonnèrent le combat, récusant les juges qu'ils avaient été les premiers à réclamer. |
La lutte n’était pas. close, elle reprit en 1865 avec