‹ Origine de la vie sur le globeChapitre 35 sur 39 · SEE NES · texte numérisé non relu

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berland). Le coton n’est pour rien dans le phénomène … et on peut leremplacer par de l’amiante calcinée. On peut d’ailleurs laisser le tube ouvert à condition de. couder deux fois la tubulure du ballon (fig. 30), si on opère dans une pièce dont l’air n'est pas agité (1). … Dans çes conditions, le ballon reste stérile. Les - poussières de l'atmosphère sont pesantes ; elles tombent en bas de la coudure, y restent et le liquide peut continuer à communiquer librement avec l'air extérieur sans se contaminer. | On était en droit de croire, à la suite de toutes ces expériences si bien conduites, que la question de la génération spontanée était à jamais enterrée. Il n’en était rien : comme l'oiseau incendiaire quirenaissait. indéfiniment de ses cendres, comme l’hydre de Lerne dont il restait toujours des tronçons vivants insoupconnés, la question de l’hétérogénèse devait être ressuscitée avec une vigueur extraordinaire par un savant inconnu qui était un adversaire redoutable. En fait, comme Duclaux l’a avoué, ses objections embarrassèrent longtemps Pasteur et ses élèves. D'ailleurs, la lutte ainsi suscitée fut très utile aux progrès de la science. | En 1870, puis en 1876, un jeune médecin anglais, - le Docteur H. Charlton Bastian, professeur d'anatomie pathologique à l’University College de Londres, rouvrit le débat. Il raisonnait très habilement de la manière suivante : « Ces liquides que vous avez fait bouillir dans vos expériences et que vous faites servir

(1) Tyndall à réalisé une expérience de stérilisation analogue en enduisant de glycérine une caisse fermée présentant 2 fenêtres qui peuvent permettre, la première de laisser passer un rayon lumineux (où dansent d'ordinaire les poussières), la secunde de placer l’œil à l’extérieur. Si le rayon lumineux est visible, il y a encore des poussières; s’il n’est plus visible, c'est que peu à peu les poussières sont tombées, et ont été retenues par la glycérine. À ce moment l'air est opliquement … pur. On peut alors déboucher (de l'extérieur) des flacons conte- … nant des liquides altérables, ils ne se corrompront plus.

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peuvent au contraire servir à montrer qu'ilyen aune, dont vous n’avez pas su trouver les conditions (1)». Voicicomment il opérait, il prenait de l’urine et la faisait bouillir, puis la rendait neutre ou légèrement alca- line en y ajoutant une petite quantité d’une solution de potasse également bouillie. Or, en mettant à l’étuve à 50°, au bout d’une dizaine d'heures, on trouvait lie liquide peuplé de Bactéries. Bastian concluait en disant : « Tout ayant été chauffé à l’ébullition, les microbes ne peuvent venir que de la matière inorganique qui s’est organisée ; vous assistez donc à une génération spontanée ». Pasteur reconnut l'exactitude de l’expérience précédente quand il l’eut répétée. Iy répondit en l’expliquant, mais il trouva dans Bastian un contradicteur tenace et la discussion menaçait de : se prolonger quand, au mois de juillet 14877 (2), Pas-. teur trouva une solution sans réplique de l'énigme. La réponse première est qu’un liquide bouilli peut contenir des germes vivants sans qu'ils se développent. Pour stériliser sûrement un liquide acide, il faut le chauffer à 410° ou même à 1209, à cause de l’existence toujours possible des spores de Bacillus subtilis. C'est de cette notion que date l'introduction de l’'autoclave dans les laboratoires et Chamberland mit en lumière dans sa thèse de doctorat la nécessité de l'emploi de cet appareil; ce travail marque une date importante dans l’histoire de la microbio= logie.

En second lieu, la température de 120° stérilise les. liquides sans détruire les spores desséchées sur la paroi de verre. « Un vase à moitié plein que lon expose à cette température peut être stérile dans la partie occupée par le liquide, et non dans la partie

(1) Duczaux. Microbiolog. 1, p. 94.

(2) La discussion fut close par la nomination d’une commis- . sion de l'Académie des sciences, qui, par suité de Fattituis de Bastian, se sépara avant de fonctionner.

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C’est cette constatation qui a conduit à la pratique | du « flambage » pour la verrerie sèche qui maintenant est universellement pratiquée dans les labora-

toires de microbiologie. A la suite de ces études *

triomphantes, Bastian garda le silence et on put croire qu'il s'était senti vaincu. En 1818, à l’Académie de médecine Pasteur terminait son long labeur et ses

combats sur le sujet en disant : (J'ai cherché pen

dant vingt ans la génération spontanée, ma conclusion a été que cette doctrine est chimérique (2). »

Cependant Bastian gardait foi en la cause qu'ilavait défendue, et, après un silence de plus de 20 ans (Pas

teur étant mort en 1895), il fit paraître un ouvrage intitulé Studies in helterogenesis où il disait dans la préface : « Le fait de ce silence de vingt ans sur ces deux sujets (archebiose et hétérogénèse) a pu donner

à beaucoup l’idée que je me sentais battu et que.

j'avais abandonné ma cause. Pendant ce temps, les : bactériologistes avaient fait un peu partout les décou-

vertes les plus extraordinaires. Il en résulta un avance-. ment dans les sciences de la plus haute importance du … point de vue médical, et qui parut à beaucoup compa-

tible seulement avec les idées opposées aux miennes, En réalité, mes idées et les travaux bactériologiques

modernes ne sont nullement inconciliables (3). »

Au mois d'octobre 1910, Bastian présentait à nou-

(1) DucLAUx, p. 92.

(2) Bull. And. de médecine, 16 juillet 1878.

(3) Pasteur écrivait à Bastian, en 1877, « Savez-vous pour=

quoi j'attache un si grand prix à vous ‘combattre et à vous

génération spontanée).

vaincre? C’est que vous êtes un des principaux adeptes d'une

… doctrine médicale, suivant moi funeste au progrès de l’art de

guérir, la doctrine de la spontanéité de toutes les maladies. Vous êtes de cette école qui inscrirait volontiers au frontispice de son temple, comme le voulait naguère un membre de l’Académie de médecine de Paris : « La maladie est en nous,

. de nous, par nous ». Voilà l’erreur préjudiciable, je le répète

au progrès médical ». (La maladie produirait les microbes par

ne « d’être accueilli resto D». Bouts étre le. découragement précipita-t-il la fin de ce savant, sa. mort survint le 17 novembre 1915 (1). k Errera, au sujet de ces débats, mentionne la passion | ‘ardente qui animait ces discussions avec PARA « avec Pouchet, soutenu par le parti avancé », il. signale la campagne de presse habilement menée, contre Pasteur, « les pamphlets, les meetings et l'i Fe : trusion tout à fait déplacée de la politique en matière de science. Tout ce bruit est aujourd’hui apaisé etil. ne saurait plus y avoir ne doute parmi les hommes 14 “ compétents (2). »

( Mn ya donc, à l'heure actuelle, aucun fait plaidant ; en faveur de la génération spontanée. Cependant,àune date récente, Ostwald, Errera, en étudiant un phéno= M mène qui paraît sans rapport avec cette question de * l’hétérogénèse, celui de la surfusion descristaux, sont parvenus à lui donner un regain d’actualité; c'est le \ point qui va être traité dans le prochain chapitre. 0

(1) Dans ses derniers essais dédaignés parles savants anglais, Ron Bastian a soumis des substances colloïdales à la stérilisation notamment la silice colloïdale, préparée par la méthode de Graham. Il a cru ÿ trouver des Microcoques, des: Torules.. Jacques Duclaux a peut-être trouvé la clef de cette confusion, ii quand il a écrit : « On est arrivé maintenant à la conception . qu'une solution de silice contient des micelles formées d’un . grand nombre de molécules de silice, unies entre elles par le. “même lien qui unit les molécules de maltose dans l’amidon..»

expériences de Bastian avec le plus grand soin de juillet 1944 à mai 4915:il a da tous les détails de la A sans résul- }

allélen 1; ÿ:

. BasTrAN. — Studies in nca 1903. — Evous 4 la vie (trad. de Varigny). The nature andOrigen of Living Matter. 1905, Revue scientif. 1919 et BoNNIER. En mass dé la Grande Guerre (1916), chap. VI, | Fo : Burron. — OEuvres complètes. Histoire des animaux. Traité ” dé la génération, t. II. { nt | Cmamrnrann. — Thèse de Doctorat. ie Ducraux. — Traité de Microbiologie. I, Microbiologie géné. rale D: IV. Générat. Spontanée). nt

done (2 es 1918. )} (voir . scientif. 20 août 1946) Musset Cuarces. — Nouvelles recherches expérimentales … sur l’hétérogénie ou génération spontanée, (Thèse. je ae Nerbuan. — Nouvelles découvertes faites avec le micro

va vertes microscopiques de Spallanzani. — Nouvelles recherches physiques et mathématiques sur la nature. Parts, 1768. À 1 is

tanées (Ann. de chimie et de physique, 3e sér. t. 64, 4882). Voir! aussi : Comptes rendus de l’Académie des seeneees ‘à | depuis 1863. ; … Poucuer. — ones ou Traité de la génération son

“ ÿ maux, nés spontanément dans l’air artificiel et dans le gez

oxygène. (Comptes rendus de l’Acad. sc. 20 déc. 1858.) | Rapr. — Experienzi intorno alla generazione degli insetti.… . Florence, 1688. — Osservationi intorno animali viventi | che si trovano negli animali viventi, 1681. Scmroner üND Van Duscn. — (Ann. der Chemie u. Pharm. NUL 89, p.232, 1854) ù SCHULZE. — (Ann. de Poggendorff, 1836). — Notice sur le | résultat d’obser. exp. sur la génér. spontanée (Ann, sc. a Zool. 2e série, t. 8, p. 320).

nn Anates Fes bain t. NL 1837. ia SPALLANZANT. — Opuscule de physique animale et végétale k Pavie, 1787. — Observations et expériences sur les animalcutes (Réédité par Gauthiers Villars 4920) SvraumErDau. — Biblia naturae, seu natura insectorum, | | Leyde, 1737. AE 4 on —— Essays on the matter floating in air, 1881. HER

Vaurisnerr. — Dialogi fra Malpighi e Plinio, intorno la. curiosa origine di molti insetti. Venise, 1700. — Consi-. derazioni ed esperienze intorno alle generazione dei | . vermi ordinari del corpo umano. Padoue 1710... a Van HeLuonT. — Opera omnia. Francfort 1682 (chap. 21. p. 108). (Voir aussi traduction française de Jean LeConte,

docteur médecin, OEuvres de Jean Baptiste Van Helmont, Hi Lyon, 1670, t. I. ch. xvi, p-404.)

d VinciLr. — Géorgiques, livre IV, vers 78 et sui.

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