LA GÉOLOGIE ET L'ORIGINE DE LA VIE AS
sions dans une roche donnée. Observant dans un
mème gisement un nombre considérable d'individus d’un même type avec des tailles différentes, M. Cayeux explique ces variations par l'influence de l’âge. C’est là une explication très naturelle, mais il y a lieu de s'étonner que cette règle devienne partout ailleurs l'exception : dans la gaize oxfordienne, par exemple, toutes les sections du Radliolaire ont sensiblemen
- Fig. 1 à 4 — Radiolaires précambriens : 1, Cenosphæra; 2, Acanthosphæra; 3, StaurosphæT@ ; 4, Dicyrlida (d'après
Cayeux!.
» Ja même taille. C'est grâce à la nature siliceuse de la
carapace que ces animaux si anciens ont pu être conservés; elle a gardé sa composition initiale car elle est encore amorphe, aussi se distingue-t-elle, en lumière polarisée, des parties intérieures et exté-
. rieures formées de calcédoine et même de quartz. A
titre exceptionnel, les débris de ces animaux peuvent
- être carbonisés : cela ne doit pas nous étonner puisque
le carbone est l'élément essentiel du protoplasma. Le genre Cenosphæra que nous venons de mentionner plus haut est celui qui prédomine; il est formé de coquilles sphériques simples, qui étaient percées (fig.1) de grands pores, quelques-uns nettement hexa-
- gonaux. Fait bien extraordinaire mais dont on avait
; ET Le
SE
unautre exemple avec les Lingules du Silurien et du
Cambrien, ce genre a persisté jusqu'à nos jours. Il faut reconnaître qu’une pareille constatation est assez troublante et pourrait sembler une objection assez grave à la théorie de l’évolution (1). Mais il n’y a pas lieu de s’'émouvoir outre mesure d’une pareille remarque, car la Paléontologie apporte d'autre part des
arguments si décisifs en faveur de l'apparition, de la
disparition des types animaux (2) et de leur enchainement dans le cours des âges qu’elle est considérée, avec juste raison, comme fournissant les preuves -décisives en faveur des conceptions darwiniennes.
Mentionnons à côté du genre précédent les liphosphæra créés par Hæckel dont la coquille est ornée d’épines égales. Tandis que le premier genre était
Ce RQ Ps
antérieurement connu à l’état fossile dès le Silurien,
ce second représentant du groupe n'avait été signalé antérieurement que dans le Dévonien, quant à la
distribution bathymétrique actuelle-(car les Xiphos=.
phæra sont encore vivants), ce sont des animaux de grande profondeur (4.475 brasses) landis que les
premiers vivent en surface ou à une profondeur
beaucoup moindre (2.900 brasses au plus).
Ces deux formes de Radiolaires algonkiens appar-
tiennent au groupe des Spumellaria avec d’ailleurs
un certain nombre d’autres types (Carposphæra,.
Staurosphæra (fig. 3), Acanthosphæra (fig. 2), Spongurus, elc.).
Mais il est très important de constater qu'un autre
ordre, celui des Vassellaria, avait aussi une légion de «
représentants. Tous ces autres Radiolaires ont une coquille treillisée souvent partagée en plusieurs
segments par des sillons transversaux et dont l'axe |
(1) Bastian invoque de pareils faits comme des arguments
en faveur de plusieurs générations spontarées successives dans le cours des âgés de la Terre (voir chap. xm).
(2) Disparition des Trilobites avec les terrains-primaires : apparition des Mammifères avec le tertiaire, etc.