CHAPITRE I
admettent deux conducteurs éternels , qui sont le bien et le mal , le vice et la vertu , l'utile et le pernicieux , dont l'un s'appelle la lumière et l'autre les ténèbres : l'un est Yezdan ou Dieu , et l'autre Ahrimane ou le diable. Toute leur religion roule sur cette distinction , et toute la science des mages a pour objet d'expliquer les causes da mélange des deux principes , et d'indiquer comment U lumière vient à bout de se dégager des ténèbres. Delà cette vénération singulière que les mages et les philosophes chaMéens avaient pour la lumière , et cette aversion infinie qu'ils manifestaient pour les ténèbres , suivant Beausobre (a).
Poock assure , d'après Abulfeda , que c'était une doc* truie reçue dans toutes les sectes différentes du magisme, qull (b) existe dans la Nature deux principes , et que les docteurs n'étaient partagés entre eux que sur la question de savoir si ces deux principes sont coéterncls. Les uns soutenaient qu'ils le sont en effet , et les autres prétendaient qu'il, n'y a que la lumière qui soit éternelle.
Tel était vraisemblablement l'opinion d'Archélaûs (c) dans la dispute do Oscar contre Manès. En effet , il y Teut prouver , contre le sentiment de celui-ci , que les ténèbres n'existent pas par elles - mêmes , et qu'elles sont leflet d'un corps opaque et de la matière qui intercepte la lumière. Il suppose donc qu'avant la créa* non du ciel , de la terre et de toutes les créaturés corporelles , une lumière constante éclairait tout l'espace , parce qu'il n'y avait aucun corps qui l'empêchât de se répandre partout. Cependant la Genèse suppose
(a) Beauiobre, t. i, p. 397. — (ù) Ihid., t. i, l. n, c. a, p. 1674 Poock , p. 146. — (e) Act. Àrch., p. 3a.