‹ Origine de tous les cultesChapitre 9 sur 180 · CHAPITRE I. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 5l

donné un certain développement à leur théorie snr les deux principes , laquelle entre comme élément principal dans la fable du serpent d'Ève et dans celle des combats du serpent ou du grand dragon contre l'agneau , dans l'Apocalypse. Le manichéisme , qui semble placé entre la religion des Perses et celle des Chrétiens , et en former comme le lien intermédiaire , et qui , dans le fait , n'est, comme le christianisme et le judaïsme, qu'une secte de la religion dés anciens mages , nous paraît aussi mériter une attention particulière. C'est pourquoi nous lui donnerons ici une étendue que nous ne lui avons pas donnée ailleurs \ et on y saisira plus aisément le passage de ces idées dans les sectes modernes , qui ,

depuis Auguste, passèrent dans l'Occident.

Maaès avait composé un ouvrage intitulé les Mystères , on il s'agissait de la création du monde et des deux principes opposés de la Nature , qui effectivement sont mis m scène dans l'œuvre de la création , connu sous le nom de Genèse («). Épiphane prétend qu'il commençait ainsi : Ken et la matière , la lumière et les ténèbres , le bien et le mal existaient, ils étaient tellement opposés qu'ils n'avaient aucune communication ensemble. Ces trois idées effectivement sont les plus prononcées de toute la Genèse. On y voit un Créateur et une matière sur laquelle «agit -, les ténèbres qui couvrent la matière chaotique et la lumière qui jaillit du sein du chaos. Le Créateur trouve que tout ce qu'il produit est bien ) mais vient ensuite son ennemi , sous la forme du serpent, qui introduit le mal qui «était pas encore connu. Ainsi, les trois tableaux opposés , Ken , lumière et bien , démon , ténèbres et mal , se trou-

(«) BeaKobre, t. i, p. «*.

52 HELIGION CHRÉTIENNE.

vent dans le Traité des Mystères de Manès et dans la Genèse de Moïse.

On prétend que , dans cet ouvrage , Manès (a) blasphémai lie Nouveau-Testament. Peut-être Manès rappelait-il à sa véritablcorigine cette cosmogonie , et la blasphémaitil , comme nous la blasphémons ici , en montrant qu'elle n'offre qu une fiction sur les deux principes de la théologie des mages.

Il ne serait pas même étonnant qu'il y eût fait entrer quelques idées astrologiques , comme nous allons le faire dans notre explication ; car Manès et ses disciples étaient instruits dans cette science (b) , ainsi que les mages dont nous développons ici les dogmes théologiques qui font la base de la Genèse.

Scythienet Manès (c) avaient donné quelque vogue à ces dogmes antiques , dans les premiers siècles du christianisme. On prétend qu'ils les avaient empruntés de Pythagore. Dans la dispute de Cascar , où Fauteur cherche à prouver qu'il y a deux Dieux, dont l'un est la lumière et l'autre les ténèbres , on donne à entendre que cette théorie faisait partie de la théologiedes Egyptiens, chezqui Py tliagore avait été s'instruire (d).Nons avons eflectivement déjà vu,dansleTraitéd'Isis et dans la Vied'Osiris , que la religion des Égyptiens n'avaitpas d'autre base.

Mais Albufarage assure (e) que Manès n'avait fait que repolir l'ancienne doctrine des Persans , lesquels , comme Manès, reconnaissaient deux principes ennemis, et tons deux coéternels. Les Maguséens, suivant Shansthau (J%) ,

(«) Beausobrc, t. i, p. 47- — (&) Epiph. atlv. Haeres., c. 5^. — (c) Beausobre, t. i, p. ii. — (d) Ibid., — (c) Ibid., p. 4 1 j e* Abulf. Dyn., p. 8a. — (/) Hydc , de Vct. pers. Roi., p. 2q5.

Page 1